B'ENGOULEVENT A SAINT-JULES
« Val-du-Paradis, 6 août 1859.
t> Monsieur, » Vous m'avez fait manquer un mariage superbe. Vous m'avez empêché de tripler mes capitaux. Je ne vous demande plus rien. Je garde mes deux gifles. Laissez-moi tranquille.
» Engoulevent. »
DE SAINT-JULES A ENGOULEVENT
« P.,ns, le 8 août 1859.
» Monsieur,
» Je ne puis faive autrement que d'accepter les étranges conclusions de votre dernière lettre. Vous me permettrez cependant de vous en renvoyer quelques termes. — Vous prétendez que, par ma demande d'un délai de trois mois, je vous ai porté un préjudice de diverses sortes. Comptez-vous donc pour rien, monsieur, les désordres profonds dont mon existence se ressent aujourd'hui? J'étais, il y a trois mois, un honnête négociant; vous avez fait de moi un libertin. J'ai des maîtresses et je n'ai plus d'argent. Je ne vous parle pas de ma santé compromise dans de nombreux adieux au monde, adieux désormais entachés de ridicule par votre détermination. Je vais ressembler à ce monsieur qui, après avoir pris congé d'une compagnie, rentre un quart d'heure après au salon en disant qu'il a oublié sa canne. Préparé à la mort, comme je l'étais, vous me t jetez dans la vie. Crohïez-vous, par hasard, me rend: e service?
» Vous avez détruit mon avenir; au besoin, je pourrais vous demander deme faire une rente. J'espère, du moins, que vous aurez la délicatesse d'acquitter lanote ci-incluse.
J» DOIT MONSIEUR SAINT-JULES A GATECHAIR, PROFESSEUR D'ESCRIME l
» Trois mois de leçons ordinaires et extraordinaires,
tant de jour que de nuit 500 fr
» Un mois supplémentaire 200
» Fourni à M. Saint-Jules une paire de fleurets, un masque, un gilet, des gants, des sandales, le tout en première qualité 100
800 fr
» Dans cette espérance, monsieur, je consens encore à vous saluer.
» Saint-Jules. »
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