‹ Les années de gaietéChapitre 45 sur 60 · AU RESTAURANT · texte numérisé non relu

AU RESTAURANT

carbonac. — Tu vas voir comme je vais te les clouer, à tes restaurants de Paris. Écoute un peu. (Appelant.) Le garçon ! le garçon !

le garçon. — Voilà, monsieur ! Vous avez commandé quelque chose?

carbonac. — Le garçon, avez-vous du poisson frais?

le garçon. — Très-frais, oui, monsieur, excessivement frais.

carbonac. — Oh! très-frais! très-frais! on ne m'er fait pas accroire, à moi! Je suis du pays du poisson moi. Et d'où vous le tirez, votre poisson?

le garçon. — D'où nous le tirons?

carbonac. — Oui, d'où vous le tirez? Nous allon voir.

le garçon. — Dame, monsieur, nous le tirons de L Seine, si c'est du poisson d'eau douce, et de la mër si c'est...

carbonac — Est-ce que ça existe, votre Seine qu'est-ce qute c'est que ca, que la Seine? On n'y pêch

que des blanchisseuses. Regardez-moi, le garçon : je veux vous envoyer du poisson, moi, du vrai poisson, comme vous n'en avez jamais mangé. Entendez-vous? le garçon. — Oui, monsieur. Le patron vous sera certainement fort obligé... Est-ce tout ce que monsieur désire?

carbonac. — Donnez-moi un biftecque.

Page 1