Une inquiétude
3. Le café du Géant, sur le boulevard du Temple. 4 Des sévices.
ugène. — T'as tort.
ernest. — J'dis pas, mais je suis butté. Pourquoi qu'elle va au café-concert?
ugène. — Si elle aime la musique, c'te femme!
ernest. — As-tu fini? Si tu comprends pas ça, t'es )as un homme, vois-tu.
ugène. — Je suis un homme autant que toi, et je aisse aller Joséphine au bal Bourdon. Faut avoir coniance... Et puis j'aime mieux jouer la poule.
ernest. — Parce que t'es un gouapeur. Mais ceux jui préfèrent le sentiment à la gouape, c'est pas ça. )n a de la moelle ou on n'en a pas. T'as jamais eu de noelle pour un décime.
ugène. — Possible. Mais je n'ai jamais de chahut * vec Joséphine comme toi avec Milie. Quand je rentre n peu éméché*, après minuit, elle me dit : « La ruche est dans le coin; éteins-toi. » Eh ben, c'est ne épouse, ça, que je dis. C'est pas de ces carcans à uernoline, qui balayent le macadam. Aussi que qui a 3s égards pour elle? C'est moi. Je lui paye son garni 3 la rue Ménilmontant, un poussier de quinze balles xt mois. Excuso !
ernest. — Eh ben, et moi, je ne lui paye peut-être is son bahut, à Milie? Quoi qu'elle a à se plaindre?
. Querelle. !. Gris, allumé.
Si je me rince la corne * quelquefois chez le mastroquet2, c'est pour me Gonsoler. De quoi! on a ses potins 3 comme tout le monde. C'est pas une raison pour vous faire des scènes tous les jours et vous appeler muffe?
ugène. — Elle t'a appelé muffe?
ernest. — Lundi; tu vas voir. Il me restait encore quatre francs de ma paye; j'avais chauffé le four4 depuis samedi, et j'allais rentrer chez Milie quand je rencontre Todore.
ugène. — Un puant!
ernest. — Il me demande si je veux m'humecter. Je lui dis comme ça que j'ai mon casque 5. Il me répond qu'un casque de plus, ce n'est pas ce qui nuit à la considération de l'honnête ouvrier, et il offre une tournée au café Robert. Que que tu aurais fait à ma place? Tu lui aurais rendu sa politesse.
ugène. — Plus souvent! à un daim de ce tonneau! Rasoir!
ernest. — Je paye le noir8 et le mêlé, et je m'enfile