SALMIS DE PROFESSEURS
Arislippe. — David. — Ludovic Fleury. — Rey. — Nestor. — Oscar Rollin. — Delsarte. — Mademoiselle Georges. — Le professeur nocturne. — Le professeur dameret. — Le professeur à la tête de veau.
M. Aristippe Bernier est un des doyens du professorat; on lui doit un livre sur l'Art du comédien. Nous ne savons s'il enseigne encore.
Par exemple, nous savons que, toujours vert, toujours noble, la jambe toujours tendue, la poitrine toujours effacée, M. David — une des figures les plus connues du boulevard Montmartre — continue, avec un zèle que rien n'arrête, ses greffes, ses boutures dramatiques, dans son rez-de-chaussée de la rue des Martyrs. C'est un beau diseur que M. David; dans les rôles chevaleresques, la Comédie française ne l'a pas rem-
placé, Il sst vrai qu'on ne fait plus de rôles chevaleresques.
M. Ludovic Fleury est voué plus particulièrement à la culture des petites intelligences qui bornent leur ambition à la comédie de genre et au vaudeville. Il fait beaucoup d'envois en province.
Un funeste accident (un breuvage pris pour un autre, nous a-t-on dit) a brisé en partie l'organe de M. Rey; réduit à des créations secondaires, l'excellent pensionnaire de l'Odéon se dédommage en donnant des leçons qui sont recherchées.
M. Nestor, du théâtre de la Porte-Saint- Martin, a dirigé, pendant quelque temps, un cours à l'École lyrique.
Enfin, M. Oscar Rollin, qui joue les Lepeintre jeune et remplit les fonctions de régisseur aux Délassements- Comiques, est, lui aussi, un professeur très-couru sur toute la ligne du boulevard du Temple; c'est le Samson du Château-d'Eau, — le Michelot des bouis-bouis.
Dans une rue perdue de Chaillot, vit un homme un peu mystique, un peu misanthrope, — Delsarte. C'est plutôt un professeur de chant qu'un professeur de déclamation; cependant la déclamation tient une si grande place dans son enseignement, que nous ne pouvons nous dispenser d'inscrire son nom dans cette
étude, — sur un feuillet à part. Il faut lui avoir entendu réciter la Cigale et la Fourmi ou les Animaux malades de la peste pour se rendre compte de tout le parti qu'on peut tirer de la parole humaine. Nul n'a plus fait suer le mot que Delsarte ; nul n'a plus dramatisé l'alphabet.
Un de ses meilleurs élèves est Darcier.
Nos pages sont bien étroites pour contenir la personnalité géante de mademoiselle Georges, et notre style est bien frivole pour raconter tant de renommée unie à tant d'infortune. Celle qui fut deux fois reine, qui gouverna successivement l'empire classique et l'empire romantique, l'Orient et l'Occident de l'art, donne aujourd'hui des conseils de majesté — au cachet — à des jeunes filles et à des jeunes gens qui, parfois, ne peuvent retenir devant elle leur attendrissement...
Saluons avec respect !
Et maintenant, — vous plaît-il que nous laissions approcher les professeurs fantaisistes, macabres, exorbitants, qui encombrent, qui obstruent les avenues du théâtre, sous prétexte de les déblayer? H y a là bien des physionomies singulières; l'une d'elles a tenté Paul de Kock, qui l'a dessinée avec une verve pleine de vérité dans le vaudeville de Zizine, ou VÉcole de déclamation, tiré d'un de ses propres romans.
On ïiohs a montré un professeur qui tient tous les soirs son cours, de minuit à une heure, au coin de la rue Notre-Dame-de-Lorette et de la rue Saint-Lazare.
Il nous a été donné également de contempler le professeur Céladon, — une variété infinie, — et d'être initié à quelques-unes de ses ruses. Pourquoi faut-il que la pudeur vienne clore nos lèvres de son doigt de rose?...
Mais le plus bizarre de tous ces personnages est sans conteste le professeur à la tète de veau.
Nous ne le nommerons pas, et cependant quelquesuns le reconnaîtront.
Il arrive à son cours le front haut, le regard profond. Il jette un coup d'œii sur son auditoire. Il s'assied.
le professeur. — Nous sommes au complétée crois. Je vais exposer aujourd'hui ma théorie du son. Mais où est donc ma tête de veau? Clément!
le domestique. — Monsieur désire quelque chose?
le professeur. Où est ma tête de veau? la tête de veau que j'avais demandée?
le domestique. — Excusez-moi, monsieur, je l'ai oubliée.
le professeur. — Allez m'en acheter une tout de suite. Je ne peux pas professer sans tête de veau. Vous en trouverez chez le boucher d'en face. Allez vite.
le domestique. — Avec du persil dans le nez?
le professeur. — C'est inutile. Vous m'apporterez en même temps un grand plat et un couteau de cuisine.
Les élèves s'entre- regardent; mais, habitués aux excentricités du professeur, ils gardent le silence.
Le domestique revient avec la tête de veau, qu'il place sur la table du professeur. Celui-ci retrousse ses manches.
le professeur. — Messieurs... mesdemoiselles... je vous prie de me prêter toute votre attention. Yoici une tête de veau. Regardez-la bien. Le veau, vitulus, est, comme vous le savez, le petit de la vache. J'aurais désiré une tête d'un plus fort volume; mais enfin j'opérerai sur celle-ci. Je la retourne, le front sur la table, et je commence par inciser la peau de haut en bas, jusques et y compris la lèvre inférieure. Ce couteau ne vaut rien. N'importe, je n'interromprai pas pour cela la séance. De la main gauche, je soulève un des bords de la section, et, glissant le couteau sous la peau, je l'introduis et le retourne de manière à découvrir toute cette partie de la tête...
première élève, bas. — Pauvre bête!
deuxième élève, de même. — Tais-tois donc : elle est morte.
le professeur. — L'os de la mâchoire inférieure se trouvant à découvert, je l'isole des chairs, en passant le couteau tout autour, et je l'enlève. Le voilà.
Yous pouvez dès ce moment vous convaincre que c'est absolument la même conformation que celle de l'être humain. Nous avons tous un os semblable à celui-ci et qui influe sur le son dans des conditions que je vous expliquerai tout à l'heure. En attendant, je vais procéder de la même sorte du côté opposé. Coi^e ceci. Je dégage les os du nez et je les dépose à part; considérez attentivement leur construction : elle est beaucoup plus favorable que la nôtre au développement de la voix. Il y a, en outre, dans l'enroulement des narines, une délicatesse et un fini qui aident, on ne peut mieux, à l'émission du son. Je ne crains pas de le dire, messieurs : le veau était né pour la déclamation.
troisième élève, bas. — Et nous, pour la sauce à la poulette.
le professeur. — Il n'a fallu rien moins que les décrets immuables de la Providence pour apporter d'invincibles obstacles à cette vocation. Poursuivons nos rapprochements : je retourne la tète et je retrousse toute la partie charnue par-dessus les yeux. C'est ici que les éléments de comparaison abondent et deviennent de plus en plus saisissants. Les yeux...
quatrième élève, bas. — Mais c'est une infection !
cinquième Zléve, de même. — Pouah! cela sentie fade!
le professeur, qui a entendu. — Mesdemoiselles, silence donc! et vous aussi, messieurs! Je conviens que cette tête de veau manque un peu de fraîcheur;
mais ma démonstration est trop avancée (on rit) pour qu'il me reste le temps d'en envoyer chercher une autre. Je vous prie de m'écouter. Tout professeur doit être doublé d'un opérateur. Le raisonnement qui ne s'°Tr e Pas sur k dissection court risque de n'être quVi* faux raisonnement. Toutes les sciences s'enchaînent. A quoi dois-je ma supériorité dans mon art?... A mes études médicales. Esculape et Apollon sont inséparables. M. Scribe Fa heureusement rappelé dans un couplet que j'avais sur la langue il y a un instant, mais qui me reviendra certainement avant la fin de la séance. Je reprends ma théorie du son. Le veau est doué comme nous. L'appareil auditif est peut-être même plus complet que chez nous. Nous nous appesantirons bientôt sur ce point. Actuellement, je vais introduire la pointe du couteau au centre de la tête, et, en le faisant obliquer, les os vont s'écarter et me permettre d'en retirer la cervelle...
Ainsi de suite pendant une heure.
Ici s'arrêtent nos révélations sur le théâtre avant la lettre.
le propriétaire. — C'est vous, monsieur, qui désirez louer le troisième étage de ma maison?
l'aspirant locataire. — Le troisième étage, oui, monsieur.
le propriétaire. — Ah! ah! (Appelant.) Ma femme, mes enfants... c'est ce monsieur qui veut habiter chez moi. (La famille se groupe autour de l'étranger et V examine en donnant les signes d'une curiosité à laquelle semble se mêler un vague sentiment de compassion.) Maintenant, mes enfants, retirez-vous; vous l'avez assez vu; laissez-moi l'interroger.
l'aspirant locataire, à part. — M'interroger?
le propriétaire. — Dites au concierge de fer-
mer la porte cochère et d'attendre mes ordres. Afiez. — Monsieur, veuillez prendre la peine de vous asseoir.
l'aspirant locataire, inquiet. — Je ne voudrais pas cependant vous déranger, et si, comme je le crois, vous êtes occupé...
le propriétaire. — Du tout, du tout. Faites comme moi, je vous en prie.
l'aspirant locataire. — Je puis revenir...
le propriétaire. — Et pourquoi? L'affaire doit être vidée sur-le-champ. (Le regardant.) Le masque n'est pas absolument désagréable; l'œil est bon, la voix est bien timbrée...
l'aspirant locataire, mal à son aise. — Votre portier m'a dit que c'était deux mille deux cents francs.
le propriétaire. — Permettez, oh! permettez! N'allez pas si vite. Mon concierge et moi, cela fait deux. Procédons par ordre, s'il vous plaît. — Accusé, votre âge ?
l'aspirant locataire. — Plaît-il?
le propriétaire. — Pardon... l'habitude d'être juré... Je veux dire : monsieur, quel est votre nom, votre âge, et votre état dans le monde?
l'aspirant locataire. — C'est trop juste. Je m'appelle Ernest Gouvassieux.
le propriétaire. — De Gouvassieux?
l'aspirant locataire. — Non; Gouvassieux tout court.
le propriétaire. — Tant pis. La particule ne vous eût pas nui. Si vous demeurez chez moi, je vous serai obligé de l'ajouter.
l'aspirant locataire. — Monsieur...
le propriétaire. — Bah! on ne fait pas autre chose tous les jours, et vous ne me refuserez pas ce petit plaisir : cela pose une maison. J'ai déjà un vicomte au quatrième. — Continuez, monsieur de Gouvassieux.
l'aspirant locataire. — J'ai trente ans, je suis garçon.
le propriétaire. — Bien garçon?... vous m'entendez?... Oh ! je ne suis pas rigoriste, et je me souviens d'avoir été jeune. Je ne crains pas de rencontrer de jolis minois dans mon escalier. Le murmure des robes de soie me rappelle mes beaux jours, — et, pourvu que les convenances soient sauvegardées...
l'aspirant locataire. — Soyez tranquille.
le propriétaire. — Par exemple... vous allez trouver que c'est une faiblesse peut-être... je ne m'en défends pas... il me déplairait singulièrement que vous eussiez une maîtresse blonde.
l'aspirant locataire, stupéfait. — Gomment?
le propriétaire. — Je sais ce que vous allez me répondre... que cela ne me regarde pas... que c'est une exigence au moins bizarre... Mais c'est phis fort
que moi. Je ne peux pas souffrir cette nuance. — Tâchez, si vous devenez mon locataire, que votre maîtresse soit brune, ou très-châtaine. — Exercez-vous quelque profession?
l'aspirant locataire. — Aucune.
le propriétaire. — Très-bien ! c'est le meilleur moyen de ne pas faire de bruit dans les maisons.
l'aspirant locataire. — J'ai des intérêts que je surveille moi-même...
le propriétaire. — Nous en causerons. Je vous aboucherai avec mon notaire.
l'aspirant locataire. — J'ai le mien, je vous remercie.
le propriétaire. — Vous prendrez le mien, j'en suis sûr; je lui ai, d'ailleurs, promis la clientèle de tous mes locataires. — Vous vous portez bien?
l'aspirant locataire. — Vous êtes bien bon. J'ai un peu chaud.
le propriétaire. — Vous ne me comprenez pas; je m'informe de votre tempérament. Êtes-vous lymphatique ou sanguin, bilieux ou nerveux?
l'aspirant locataire. — Lympathique, je crois; oui, lymphatique.
le propriétaire. — Otez votre habit.
l'aspirant locataire. — Hein?
le propriétaire. — Pour un instant... cela est fort important pour moi... Je ne veux pas loger de malades.
que diable!... Il me faut des personnes bien bâties, carrées des épaules. Otez donc votre habit.
l'aspirant locataire, hésitant. — Mais...
le propriétaire. — La!... l'autre manche, à présent. Hum ! je vous croyais plus fort. Vous ne devez pas peser plus de cent trente.
l'aspirant locataire. — Je ne sais pas.
le propriétaire. — Votre cou est bien court.
l'aspirant locataire. — Mais non.
le; propriétaire. — Mais si ! et ces veines... là et là.., mauvais présage... gare à l'apoplexie!
l'aspirant locataire. — Allons donc !
le propriétaire. — Il faudra que vous vous engagiez solennellement à prendre une purgation à chaque renouvellement de saison. Je vous indiquerai la purgation.
l'aspirant locataire. — Puis-je remettre mon habit?
le propriétaire. — Attendez. Vous ne faites pas assez d'exercice.
l'aspirant locataire. — Pardonnez; je fais régulièrement, tous les après-midi, le tour des deux lacs du bois de Boulogne.
le propriétaire. — Ce n'est pas suffisant: vous voyagerez désormais trois mois de l'année. Cela donne de l'air aux appartements et repose les escaliers. Nous voyageons tous en automne.
l'aspirant locataire. — Alors, monsieur... c'est bien deux mille deux cents francs par an, ainsi que me l'a déclaré votre concierge?...
le propriétaire. — Quoi?
l'aspirant locataire. — J'avoue que ce chiffre me semble élevé; ce n'est pas sans doute votre dernier mot.
le propriétaire. — Ta ta ta! nous n'en sommes pas encore là, monsieur de Gouvassieux.
l'aspirant locataire. — Cependant...
le propriétaire. — Ah ça! vous vous imaginez donc qu'on loue un appartement comme on achète un pantalon? Peste! comme vous y allez! vous passez dans ma rue, vous levez les yeux, vous lisez mon écriteau, vous montez, vous voilà à peine assis, et vous me demandez déjà les clefs. — Pourquoi ne me demandezvous pas aussi ma robe de chambre?
l'aspirant locataire. — J'ignorais...
le propriétaire. — Ma parole d'honneur! on se comporte envers nous autres avec une légèreté...
l'aspirant locataire. — Mon intention, voyezvous, serait de ne pas dépasser deux mille francs.
le propriétaire. — Un mot de plus, monsieur, et je vous envoie des témoins.
l'aspirant locataire. — Calmez-vous... je croyais avoir satisfait à toutes vos questions.
le propriétaire. — Yoilà bien les locataires du xixc siècle! — Connaissez-vous seulement, mon-
sieur, les principales conditions de mes actes d'engagement ?
l'aspirant locataire. — Non, monsieur; mais je suis prêt à y souscrire, car je ne doute pas que ces conditions ne soient raisonnables.
le propriétaire, tirant un papier de sa poche. — Écoutez :
« Art. 1er. — Le locataire devra se lever et se coucher à la même heure que le propriétaire, afin de ne pas troubler le repos de celui-ci, qui habite diamétralement au-dessous de lui.
» Art. 2. — Le locataire devra, autant que possible, porter la cravate blanche en hiver, et se vêtir, en été, de couleurs égayantes, afin de réjouir le regard de son propriétaire, au cas où celui-ci viendrait à le rencontrer.
d Art. 3. — Le locataire sera tenu de se mettre à la fenêtre deux fois par jour, en se frottant les mains d'un air de satisfaction, de façon à inspirer de l'envie aux passants et à donner de la valeur a mon immeuble... »
l'aspirant locataire, V interrompant. — Mais quand il pleuvra?
le propriétaire. — On peut se tenir sur le balcon avec un parapluie. — Je continue « ... Le locataire ne rentrera jamais sans lever les yeux avec complaisance sur les détails d'architecture de la façade; il ne ,raindra pas de manifester à haute voix son ap-
probation; s'il réussit même à attrouper le public, il n'y a pas de mal.
î) Art. 4. — Le locataire invitera cordialement son propriétaire à dîner tous les 15 du mois. Il évitera avec soin de le conduire dans les restaurants à prix fixe du Palais-Royal.
» Addition à l'art. 4. — Ces repas mensuels ont pour but de resserrer les liens entre le locataire et le propriétaire. Il n'est pas interdit au locataire d'y amener sa maîtresse et une amie de sa maîtresse.
» Art. 5. — Le locataire s'empressera d'apprendre lô whist, afin de tenir élégamment sa place dans les soirées de son propriétaire.
t> Art. 6. — Le locataire mettra à la disposition de son propriétaire les relations honorables qu'il peut avoir; il le présentera à ses amis les plus influents et s'emploiera pour lui faire obtenir une décoration quelconque.
d Art. 7. — Le ramonage des cheminées du propriétaire sera aux frais du locataire, lesdites cheminées correspondant directement avec celles de ce dernier.
» Art. 8. — Le locataire s'engagera à prendre en moyenne par année , pour deux cents francs de m 'dicaments chez le pharmacien de son propriétaire.
» Art. 9. — Le locataire ne manquera jamais de saluer le concierge, qui est un peu parent par al-
liance du propriétaire; si même, de temps en temps, il consent à faire la conversation avec ledit concierge, qui n'est pas complètement dépourvu d'instruction, le locataire sera certain d'être agréable par là à son propriétaire.
» Art. 10. — Le locataire est expressément invité à faire passer par l'escalier de service les artistes et les hommes de lettres qui pourraient venir le voir.
l'aspirant locataire. — Est-ce tout, monsieur?
le propriétaire. — Il y a quelques articles supplémentaires que je me réserve de vous faire connaître en temps et lieu.
l'aspirant locataire. — Eh bien ! mais tout cela est fort naturel, fort sensé, et nous nous entendrons parfaitement, je le vois...
le propriétaire. — J'oubliais... Ëtes-vous francmaçon?
l'aspirant locataire. — Non.
le propriétaire, tristement. — Tant pis ! je cherche partout un franc-maçon. Ma femme est très-désireuse de connaître le secret.
l'aspirant locataire. — Je peux me faire recevoir, si vous y tenez.
le propriétaire. — C'est cela; bravo !
l'aspirant locataire. — Alors, monsieur... c'est bien deux mille deux cents francs par an...
le propriétaire. — Ah! pardon ! encore un mot.
l'aspirant locataire. — Lequel?
le propriétaire. — Vous avez oublié de me dire votre domicile actuel et le motif qui vous pousse à le quitter.
l'aspirant locataire. — C'est vrai ; j'occupe, au n° 6 de la rue Cadet, un appartement au premier étage.
le propriétaire . — Et les causes de votre départ?
— l'aspirant locataire. — Oh! la moindre des choses ; quelques griefs contre mon propriétaire, à la suite desquels je l'ai jeté par sa fenêtre.
fin.