‹ Les années funestes, 1852-1870Chapitre 11 sur 53 · SES RÊVES · texte numérisé non relu

SES RÊVES

Triomphe. Pas de brume en ce splendide azur.

Marche dans tous les sens sur ton crime ; il est sûr.

Danse dessus ; bâtis dessus ; il est solide.

Le droit divin te garde en habit d'invalide ;

Le pape te bénit, le sultan te bénit.

Ta constellation resplendit au zénith ;

Qu'elle est belle ! Nemrod géant, Rhamsès farouche,

Charlemagne, César, Napoléon, Cartouche !

L'aurore a pour toi, prince, un sourire charmant.

Le bleu du bonheur monstre emplit ton firmament.

Pas un plaisir, permis ou non, que tu n'effleures

Dans l'entrelacement voluptueux des heures ;

Ta journée est un long festin renouvelé

Par chaque instant qui passe, heureux, chantant, ailé.

Que veux-tu? le pouvoir? Sonne. La France vote.

Elle est voltairienne, elle sera dévote.

Pour te plaire. Veux-tu des palais? Prends. Choisis.

Sois chez toi. Sur quel trône est-on le mieux assis?

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