‹ Les années funestes, 1852-1870Chapitre 24 sur 53 · EN CONSEIL · texte numérisé non relu

EN CONSEIL

Je lui prodiguerai des tas de femmes nues.

Je lui montre Astarté planant au fond des nues.

Je lui donne Gorju, Bobèche et Turlupin.

Je l'enchante. — Oui, voilà des cirques et du pain.

Mais du vin? — Je l'en soûle à battre la^muraille.

— Et s'il veut être libre enfin? — Je le mitraille. —

Ainsi l'on parle, et moi, dans le bouge infamant, J'entre, et je te regarde, Histoire, fixement.

20 octobre 1860.

Je ne désire pas la mort de Bonaparte.

Quand cette aveugle idée arrive, je l'écarté.

Je ne suis pas assez dans le secret du sort

Pour me croire le droit de vouloir une mort;

Mon âme en son cachot n'a pas de meurtrière

Par où laisser tomber une telle prière.

Hommes, je ne hais point, même quand je combats.

Je regarde, pensif, les choses d'ici-bas ;

J'en suis blessé, mais non irrité; j'y devine

Sous le néant humain l'immensité divine.

Et je laisse Dieu faire, en l'implorant pour tous.

Celui qui, comme moi, sait qu'il faut être doux.

Et que tout à la fin se retrouve et retombe.

Ne jette jamais rien dans l'ombre de la tombe.

10 février 1861.

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