‹ Les années funestes, 1852-1870Chapitre 25 sur 53 · L'EMPEREUR A COMPIÈGNE · texte numérisé non relu

L'EMPEREUR A COMPIÈGNE

Cet homme est dans les fleurs; il a, s'il fuit la ville,

Saint-Cloud, Biarritz, Compiègne ; autant d'azur que l'aigle, autant d'idylle

Que Lycoris.

Autour de lui les dieux rayonnent dans des marbres ;

Les prés, les blés, Les champs brillent au loin, et les paons sous les arbres

Sont étoiles.

En voyant ce front vil qu'aucuns remords n'émeuvent,

Cet œil vitreux, Que pensent les lauriers? Qu'est-ce que les lys peuvent

Se dire entre eux?

On ne s'explique pas pourquoi le myrte encense

L'homme de sang, Et comment à subir une telle présence

Avril consent.

Les bols respectueux ont l'air de dire : sire I

A ce larron; Ils ne refusent rien au maître, et, s'il désire

Un liseron.

Un iris, un bleuet candide, une pervenche.

Ils les lui font !

Est-ce que la nature ignore la revanche,

0 ciel profond?

Est-ce qu'il est permis de se donner pour tâche

Le mal, l'horreur, D'être un fourbe, un escroc, un gueux, un drôle, un lâche,

Un empereur,

De jeter sur Paris la mort fauve et hagarde.

Le faux serment.

L'effroi, sans que personne ait l'air d'y prendre garde

Au firmament,

Sans qu'un puissant témoin fasse aux étoiles signe De moins briller.

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