Le retour dts cendres (15 décembre
voir une chute plus absolue et plus honteuse que celle de ces trois pauvres diables devant la salle de l'Opéra remplie jusqu'aux combles de billets donnés le jour de la répétition. Tous les musiciens me faisaient compliment en sortant. Et un musicien à moi inconnu, me prenant la main sur le grand escalier de l'Opéra: « Monsieur Berlioz, voilà une journée qui vous met sur la colonne Vendôme ! »
Le Requiem de Mozart a fait un assez triste effet, bien que ce soit un chef-d'œuvre ; il n'est pas taillé dans les proportions qu'exigeait une pareille cérémonie.
Oh ! notre sublime empereur, quelle pitoyable réception on lui a faite ! Mes larmes se gelaient sur mes paupières plus encore de honte que de froid. Je n'ai eu quelques heures de demi-contentement que celles que j'ai passées avec les canonniers des Invalides qui ne tiraient guère pourtant que comme pour le baptême du Comte de Paris ou de tout autre embryon princier. Oh 1 j'aurais voulu, au lieu de ces cinq petites pièces enrhumées, avoir cinq cents dogues hurlant et jetant la flamme autour du monument, au moment de l'entrée du cortège. Mais rien ! tout raté ! tout manqué ! tout avorté ! même les effets d'artillerie 1
Je suis, à cette heure, occupé d'adjoindre Scribe à Soulié pour terminer mon opéra1, J'ai lu le plan de la pièce à Henriette qui en est enthousiasmée.