‹ Les années romantiques, 1819-1842Chapitre 24 sur 185 · PREFACE. XXV · texte numérisé non relu

PREFACE. XXV

grands hommes. Us ne valent peut-être pas moins pour cela. Sans doute on pourra toujours qualifier de « saintes colères » les invectives que Beethoven avait accoutumé d'adresser contre ses meilleurs amis, ses frères, ses belles-sœurs, et qui n'étaient au fond que de basses injures. Cependant, le geste de Bach lançant sa perruque à la tête des gens qui faisaient des notes fausses paraît décidément manquer de sainteté ; et Gluck, en détruisant furieusement la musique commencée d'un Roland (peutêtre un chef-d'œuvre) lorsqu'il apprit que le même poème avait été confié à Piccini, ou bien en annonçant Armide en ces termes : « Cela sera superbe », ne donnait certainement pas un bon exemple d'humilité. Pourtant Gluck, Bach et Beethoven me paraissent assez bien tels qu'ils sont. J'oserai même avouer que je les aime mieux ainsi que s'ils étaient doués de perfections trop uniformes. Ce dernier reproche, il est bien vrai que Berlioz ne se l'est pas plus qu'eux attiré ; mais pas davantage il ne mérite sérieusement le blâme. C'est un f aild'une observation consolante que, parmi les hommes de génie, il se trouve très peu de coquins... Il faut croire qu'ils n'ont pas le temps, tout occcupés qu'ils sont à poursuivre leur rêve !... Les griefs qu'on trouve à leur imputer se réduisent ordinairement à ce qu'ils manquent de certaines qualités banales, et diffèrent de la généralité par un grossissement, qui leur est propre,

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