‹ Les années romantiques, 1819-1842Chapitre 36 sur 185 · LIVRE DE RAISON. XXXIX · texte numérisé non relu

LIVRE DE RAISON. XXXIX

Pendant trois ans, j'essayai successivement les mathématiques et l'étude des lois, je m'adonnai au dessin et à la musique l, je cultivai la littérature, et j'entrepris d'apprendre sans maître les langues anglaise et italienne.

J'embrassai à vingt ans l'élude de la médecine avec un penchant bien déterminé; j'ai suivi les cours de botanique du docteur Villars, et de chimie du docteur Trousset. Mais j'apprenais l'art de guérir sans le secours d'aucunes leçons orales, ni d'aucune démonstration; j'ai disséqué et étudié seul à Grenoble, et je n'ai passé, en deux fois, que trois mois à Paris, où j'ai été reçu médecin avant la loi du 19 ventôse an XI2.

Après avoir été témoin de tant d'événements, je puis sans présomption me croire capable de donner quelques salutaires avis à mes enfants, et leur indiquer fa ma-

1. Prenons bonne note de cette vocation musicale manifestée par le père d'Hector Berlioz.

2. Louis Berlioz fut reçu médecin à Paris, le 26 frimaire an XI (voir ci-dessus), c'est-à-dire en décembre 1802. Il était marié depuis le mois de février précédent, et c'est un an après que vint au monde son premier-né, Hector. — La loi du 19 ventôse est celle qui fixa les dispositions relatives à l'exercice de la médecine, et établit la distinction entre les grades de docteur et d'officier de santé. Louis Berlioz n'était donc pourvu d'aucun de ces titres : il était simplement a médecin », — appellation qui avait suffi à Bichat , comme à tous les autres contemporains , pour exercer leur art. C'est à tort que, dans l'acte de naissance d'Hector, le père fut qualifié a officier de santé » par le scribe de l'état civil. Et quand le titre de docteur fut devenu d'usage courant, Louis Berlioz se l'attribua tout naturellement, comme correspondant à sa qualit''- professionnelle.

Page 1