Alphonse Robert (v. note 2, p
2. Edouard Rocher. Les familles Rocher et Bert, de la Côte- Saint- André, étaient en relations intimes avec la famille Berlioz : on trouvera fréquemment dans les lettres d'Hector les noms de leurs divers membresi
égarée. C'est en cherchant de nouveau que j'ai fini par la découvrir. J'ai fait ta commission à mademoiselle Clémentine Lesueur ; elle te remercie et me charge de te dire mille choses de sa part.
J'ai été obligé d'aller au bal il y a trois semaines ; j'étais l'un des chevaliers de ces dames1. Tu peux penser combien je me suis ennuyé. Aussi, en arrivant, M. Schlôsser 2 et moi avons dansé la première contredanse avec les demoiselles Lesueur, puis ayant été demander la demoiselle de la maison, elle nous a répondu qu'elle était engagée pour quatorze ; nous nous sommes donc retirés du monde, et je n'ai été que spectateur toute la soirée ; il y avait dix fois plus de danseurs qu'il n'en fallait.
Alphonse se porte bien. J'ai eu la visite hier de M. Du Boys de Grenoble qui m'a apporté une lettre de Casimir Faure3. Nous dînons ensemble demain chez M. Teisseyre.
1. Madame Adeline Lesueur, née de Courchamps, mesdemoiselles Clémence, Eugénie et Clémentine Lesueur, femme et filles de Jean-François Lesueur, auteur des Bardes, et maître d'Hector Berlioz.
2. Louis Schlôsser (1800-1886), Concertmeister, puis Kapellmeister à Darmstadt, avait été élève du Conservatoire de Paris (classes Lesueur et Kreutzer), et, comme tel, camarade de Berlioz. Son nom est mentionné dans les Mémoires (Premier voyage en Allemagne). Son fils, M. Adolphe Schlôsser, ancien professeur de piano à la Royal Academy of Music de Londres, prépare à son tour des Mémoires qui contiendront plusieurs lettres inédites de Berlioz.
3. Albert Du Boys et Casimir Faure, compatriotes d'Hector Berlioz et ses camarades de jeunesse, le premier plus tard, magis-
Dis à Nanci que j'avais l'intention de lui écrire aujourd'hui, mais je ne puis pas rassembler deux idées ; j'ai peine à écrire lisiblement.
Adieu, une autre fois je t'écrirai plus longuement.
Ton ami,
H. BERLIOZ
Communiqué par madame Chapot.
A LA MÊME
Tu as donc été malade, ma pauvre Adèle ? Je suis bien aise d'apprendre que ton malaise n'ait pas duré assez longtemps pour t'empêcher de bien f amuser. Il paraît que la Côte s'est un peu dégourdie cet hiver ; tant mieux. On commence donc à te trouver assez grande personne pour t'admettre volontiers dans les brillantes réunions7! Allons, tout n'est pas perdu, puisque chez nous
L'on rit, l'on jase et l'on raisonne El l'on s'amuse un moment '.
Je n'ai pas encore eu le plaisir de voir M- Bert qui m'a apporté ta lettre. Quand il est venu, je n'y étais
trat à Grenoble, le second avocat à Vienne. — Albert Du Boys a écrit pour Berlioz, vers ce temps-là, plusieurs pièces de vers qu'il mit en musique, notamment la ballade du Pêcheur, traduite de Gœthe, replacée dans le mélologue du Retour à la vie ou Lelio. 1. Citation tronquée d'une chanson interealéedans/es Visitandines.
pas. J'ai chargé mon portier de le prier de laisser son adresse s'il revenait, mais il ne s'est pas représenté.
Tu me demandes si je suis allé au bal cet hiver avec les dames Lesueur. J'y suis allé une fois, mais elles ont eu la bonté de me dispenser des autres réunions où elles auraient pu me conduire, elles savent combien je m'y ennuie.
Je ne vais presque jamais dans ce qu'on appelle le monde. Le vendredi soir, je vais assez ordinairement dans une maison où l'on fait de la musique ; je m'y plais assez parce qu'on y boit du bon thé, et que j'ai une passion pour cette boisson ; cela m'aide à avaler la musique qu'on y fait.
Finalement, je m'amuse beaucoup.
Voilà plus d'une demi-heure que je me creuse la tête pour te dire quelque chose d'intéressant. Je ne puis rien trouver. Embrasse Prosper1 pour moi. Qu'a-t-il fait de son terrible sabre? A-t-il toujours d'aussi belles dispositions pour faire des grimaces?
Sois sans inquiétude sur les moyens de te faire parvenir mes lettres quand je serai dans les pays étrangers2, je t' 'assure qu'on peut s'écrire partout; il n'y a qu'un pays où les lettres ne parviennent pas, c'est celui d'où personne ne revient.