‹ Les années romantiques, 1819-1842Chapitre 67 sur 185 · Sur cette audition, voir Mémoires, XXVII · texte numérisé non relu

Sur cette audition, voir Mémoires, XXVII

A lundi prochain autre bulletin 1 .

Adieu, mon cher papa. Votre affectionné fils.

Communiqué par madame Chapot.

Il est vraisemblable que c'est vers cette époque que le père de Berlioz écrivit à Lesueur une lettre dont un catalogue d'autographes (Charavay), et, d'après lui, M. J.-G. Prod'homme (Rivista musicale italiana, 190o) reproduisent l'extrait suivant :

« Si mon fils atteint à quelque célébrité, si déjà il se trouve sur le seuil du temple de la gloire et de la fortune, c'est à vos conseils affectueux, c'est à vos savantes leçons, c'est à vous, son maître et son ami qu'il le doit. »

a humbert ferrand. 19 novembre 1830 (Let. int., 82). On commence les répétitions du concert du 5 décembre où doit avoir lieu la première audition de la Symphonie fantas tique. La Tempête a été exécutée à l'Opéra (le 7 novembre).

A SON PÈRE

Lundi 6 décembre (1830).

Mon cher papa, Je n'ai le temps de vous écrire que six lignes ; mon concert a eu lieu hier avec un succès extraordinaire. La

1. Ce « bulletin », qui devait contenir le récit de l'exécution de la Tempête, à l'Opéra, n'a pas été retrouvé.

Symphonie fantastique a été accueillie avec des cris, des trépignements ; le public a redemandé la Marche du Supplice ; mais comme il était très tard et que le Songe d'une nuit du Sabbat est un long morceau, Habeneckn'a pas voulu recommencer; on a fait observer que ce serait trop, et on n'a pas insisté.

Camille et sa mère y étaient, elles mouraient de peur de ce que madame 31oke appelait mon extravagant programme; elles ont été consternées d'émotion. Camille me disait hier soir : « Non, jamais je n'aurais supposé qu'un orchestre pût faire entendre de pareils effets. Oh 1 comme je déteste ma musique de piano à présent; comme c'est pauvre et mesquin ! »

Madame Moke était dans un transport incroyable.

Pixis l , Spontini, Meyerbeer, Fétis 2 ont applaudi comme des furieux, et Spontini s'est écrié en entendant ma Marche du supplice : « Il n'y a jamais eu qu'un homme capable de faire un pareil morceau, c'est Beethoven ; c'est prodigieux ! »

Pixis m'a embrassé, et plus de cinquante autres. C'était une fureur. Liszt3, le célèbre pianiste, m'a pour ainsi dire emmené de force dîner chez lui en m'accablant de tout ce que l'enthousiasme a de plus énergique. Ce pauvre M. Lesueur était encore malade, il n'a pu y venir, mais ces dames y étaient ; elles sont ravies.

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