POLYNOE VASCULOSA
Pl. 1, fig. i.
Corpus longitudine 25'^'^, lineare, ferruginosum. Elytra reniformia, dorsum médium oninino tegentia, paria 14, margine non fimhriato. Antennœ cirrique hirsuti, palpi Iceves. Proeminentiœ frontales diiœ ohtusœ.
Le lobe céphalique est très-échancré en avant, le bord frontal formant deux proéminences à revêtement chitineux épais. Les yeux sont placés en trapèze sur les deux tiers postérieurs. L'antenne médiane est insérée sur un article basilaire qui naît entre les proéminences frontales. Elle est deux fois et demie aussi longue que les antennes latérales, et à peu près égale, en longueur, à la plus grande des deux paires de cirres tentaculaires. La surface des antennes et de tous les cirres est couverte de longues papilles cylindriques, peu serrées. Les palpes sont épais, diminuent graduellement de diamètre jusqu'au sommet, et atteignent au moins une fois et demie la longueur de l'antenne médiane. Leur surface est parfaitement lisse.
Les soies de la rame supérieure (4 B) sont épaisses, courtes, renflées dans leur milieu, avec des crêtes transverses dans la moitié supérieure, du côté convexe. Celles de la rame inférieure (4 C) sont bien plus minces et atténuées à l'extrémité qui se recourbe en un crochet aigu. Au-dessous du crochet sont plusieurs crêtes transverses, dentelées.
Les élytres sont portés par les segments 2, 4, 5, 7, 9, M 21, 24, 27 et 30.
Ils sont réniformes (4 A) et recouverts, sur toute leur surface, de très-petits tubercules, percés d'un pore, et larges seulement de 16 à 20'"'". Il existe en outre une rangée de tubercules plus gros, parallèlement au bord postérieur. Deux ou trois tubercules analogues sont disséminés sur le milieu de l'élytre. Leur diamètre est de 88""'". Le bord même de l'élytre est partout dépourvu de papilles saillantes.
Ci'tlc l'spect' pai-ait vnisi:ii' de la Poli/noc lœvis Aiul. et Edw., U'Ile (pio la comprend M. de Qiiatrelagi's': cependani, clicz celle dernière, le lobe céphaliipie est rpiadrilobé, cl les proportions des anlennes sonl différentes.
Celle Polynoé esl loiil particiilièremenl inléressanle, parce quelle possède un syslème vasculaii'e des plus évidents. J'ai remarque ailleurs que VAphrodifa aculeala l.iiin. Ibrmail, par son syslème vasculaire, il esl vrai peu développé, une exception singulière dans la famille anangienne des Aphroditiens. Celle exception n'est plus isolée, car la Polynoë vasculosa se trouve précisément dans le même casque l'Aphrodite.
Malgré sa couleur ferrugineuse, la P. vasculosa présente des tissus assez délicats pour permettre l'élude des viscères par transparence, presque aussi bien qu'un Hermadion ou certains Sigalions. L'observation se fait surtout facilement dans la région médiane du corps. Là, l'œil esl frappé immédiatement parl inleslin brun, étranglé en palenôlre (4 D)dans chaque anneau. Chaque segment intestinal est orné de deux rosettes vibraliies (i D, c), circulaires, dont les cils s'agitent avec énergie. Cette apparence bizarre est due à l'insertion des poches intestinales latérales (d) qui s'unissent par un étranglement lubulaire avec l'intestin proprement dit. Sur la ligne médiane court le vaisseau dorsal (a), rempli d'un liquide parfaitement incolore et animé de pulsations régulières dont les ondes se propagent d'arrière en avant. SousTinteslin esl placélevaisseau ventral. Dans chaque segment, ces deux troncs longitudinaux sont réunis par une seule paire d'anses (6). Ces anses ne fournissent aucune branche quelconque. Ce syslème circulatoire est donc exlrêmenient simple et trop rudimenlaire pour pouvoir jouer aucun rôle dans la respiration. Les pieds, dont la surface dorsale paraît remplir chez lous les
' Hisl. tint, drs Ainielès. 1. p. 227. — M. .Malmcrren croit reirouver la P. Urvis dans sa Lœnilla alhn {Nordisbn Hafs Annuluter.— Oefversigt afK. Vet. Akad. Forh. 1865, n° 1, p. 73). iMaiscest um; espèce bien imparfaitemenl déciile, rauleui- n'ayant eu que la moitié antérieure du corps. (Le nouiljre des élytres devrait être de 15 et non de 14. si l'aniinai est bien classé dans le sous-Lrenre Lœnilla.) Il suffit d'ailleurs de cotnparer le dessin du lobe céphaiique publié par .M. Alalmgren. pour voir qu'd s'agit d'une espèce bien dilTérente de celle de iXaples.
14 ANNÉLIDES CHtTOPODES
Aphroditiens le rôle d'organe respiratoire, sont en etîet complètement dépourvus de vaisseaux. D'autres Polynoés présenteront «ans doute un système vasculaire analogue.
La P. vasciilosa rentre clans le sous-genre Antinoë K'mher'j, .