I, lig
Corpus longitudine 30mm, latÀtudvne 10""", depressu/m, tobo cephalico lato breoique. Antenna quadriarticulata. palpis breoior; dorsu/m papilUs sphœricis pedumeuh breci afjixis tectum.
Au premier coup d'œil cette Pontogenia serait prise plus facilement pour un Palmyrien que pour un Aphroditien, grâce à la conformation des soies de la rame dorsale. Celles-ci, sans mériter le nom de palées, se distinguent cependant par leur proportion inusitée et leur diamètre beaucoup plus considérable dans la région médiane qu'à la base. Elles sont d'ailleurs disposées en éventail comme les palées d'une Palmyrc et masquent complètement les élytres sous-jacentes. La couleur de ces soies varie du jaune pâle au jaune brunâtre suivant les individus. Elles ont déjà été décrites par M. Baird et figurées par M. Costa. Leur forme est régulièrement arquée (3 B), le côté convexe étant armé de petites épines près de l'extrémité. Ces petites épines , facilement visibles chez les jeunes individus, disparaissent souvent chez les adultes par suite de la propriété qu'ont les soies de l'éventail dorsal de s'incruster de substances étrangères. La soie est distinctement composée de deux
rmiclics. l'une corticale, l'antre centrale ou médullaire. La première est homogène;
la seconde présente des stries très-accusées. La rame dorsale doni n outre nais-
sance à un faisceau de poils capillaires feutrés. Ceux-ci, à peu prés incolores, sont de deux espèces. Les uns, plus larges (diamètre =0mm,003), sont parfaitement homogènes (4 I), les autres, plus minces (0mm,0015), sont régulièrement articulés (3 K) et rappellent à ce point de vue les potts en chapelet que M. de Quatrefages décrit chez ['Aphrodila talpa. La rame inférieure porte un faisceau de soies bideotées (3 A), toujours dépourvues de (lenticules accessoires et rappelant entièrement les soies correspondantes des Aphrogénies. Ces soies sont composées de deux couches, ri il est facile, par une rupture, de retirer intacte la couche interne de l'espèce de gaine que lui forme la couche externe. On s'aperçoit alors (pie la coloration brune appartient exclusivement à la couche externe, l'interne étant à peu près incolore. Cette dernière est du reste elle-même tabulaire, de sorte que l'air pénètre facilement dans les soies rompues.
Les élytres sont au nombre de 15 paires, celui des serments étant d'environ 35. La première paire est rudimentaire et, seule, munie de quelques franges irrégulières. Les élytres s'imbriquent largement les unes sur les autres; leur diamètre transversal excède notablement le diamètre longitudinal.
Le lobe céphalique (fig. 3). arrondi en avant, porte deux ommatophores en massue, munis chacun, comme ceux des Hermiones, de deux yeux noirs, l'un plus gros, l'autre plus petit. Entre les ommatophores, naît l'antenne, plus courte que les palpes, et relativement fort grêle. Elle est composée de quatre articles : le hasilaire, conique, présente des papilles claires, mais peu saillantes, munies chacune d'un pore tubulaire : le second article, deux fois aussi long que le premier, est beaucoup plus grêle et se renfle graduellement de la base au sommet; il est, de même que les suivants, dépourvu de papilles ; le troisième, plus grêle encore que le second, est à peu près cylindrique. Ces articles ont tous trois une cuticule jaunâtre, épaisse, perforée d'une multitude de pores très-fins et serrés, mais le quatrième et dernier, dont la forme est celle d'un dé à coudre, possède au contraire une cuticule extrêmement tenue, imperforée et à peu près incolore.
Les cirres dorsaux (3 E) sont constitués à peu prés comme l'antenne, si ce n'est qu'ils ont un article de moins. Leur article basilaire est cylindrique, couvert de petites papilles perforées, également cylindriques, et s'élevant très-peu au-dessus du niveau général de la cuticule ; il se rétrécit brusquement pour former la seconde partie du cirre, beaucoup plus mince, aussi cylindrique, mais point clairement articulée avec lui: enfin l'article terminal, à cuticule mince, a la même forme que celui de l'antenne,
370 ANNÈLIDES CHÉTOPODES
Soit l'antenne, soit les cirres dorsaux sont parcourus par un gros nerf qui se renfle en un ganglion conique dans l'article terminal. De ce ganglion naissent une foule de petits filaments (3 G, b), qui se distinguent facilement dans l'espace clair séparant la masse nerveuse de la cuticule, et vont se terminer en pointe sous celle dernière. L'extrême finesse de la cuticule du dernier article doit favoriser singulièrement la transmission des impressions extérieures à ces terminaisons nerveuses suspendues dans un liquide ou une gelée.
Les palpes se comportent au point de vue des terminaisons nerveuses à peu près comme les antennes ci les cirres. Leur cuticule fort épaisse est divisée par des slries transversales en un grand nombre d'anneaux. A une petite dislance de l'extrémité du palpe, cette cuticule s'amincit brusquement; l'extrémité arrondie n'est plus recouverte que d'une membrane fort ténue, qui doit facilement transmettre les impressions extérieures. L'axe du palpe est occupe par un gros nerf qui s'atténue à l'extrémité. Il ne m'a pas paru présenter de ganglion terminal. Toute la partie du palpe dont la cuticule est épaisse, est hérissée de poils coniques très-semblables aux poils correspondants de l'Aphrodite aculée.
Tout le corps et les pieds sont couverts de papilles spbériques très-serrées, larges de 11 inicr. Dans la partie antérieure du dos elles semblent distribuées en lignes longitudinales. Ces papilles sont pédiccllées, recouvertes par la cuticule, et leur pédicule correspond à un pore de la cuticule générale. Elles sont donc entièrement comparables aux papilles des llermiones.
La trompe est complètement dépourvue de mâchoires. Son ouverture est entourée d'un cercle de papilles noires.
Le système nerveux ventral se présente sous la forme d'une bandelette, dans laquelle les deux moitiés constitutives sont toujours reconnaissantes. Cette bandelette présente, dans la région antérieure, des étranglements qui indiquent clairement les limites des ganglions. Ce système nerveux ne s'écarte donc pas de celui des autres Aphroditides.
Je n'ai eu entre les mains que quatre individus de celle espèce, dont un long d'un centimètre seulement. Cependant cette Pontogenia ne semble point être très-rare, car la collection d'Anatomie comparée du Musée de Naples (direction de M. le prof. Panceri) en possède un assez grand nombre. C'est avec beaucoup d'hésitation que je lui rapporte VHermione hystrix de Blainville, qui n'est pas assez bien étudiée pour permettre une détermination certaine. Dans le texte, Blainville indique les poils feutrés comme absents. Il les représente néanmoins dans la planche.
2ME TRIBU : POLYNOIDES (kinberg).
Genre POLYNOË Sav. (sens, str.)
La division des Polynoés de Savigny par Oersted et Leach en deux genres distincts (Polynoë et Lepidonotus) trouva déjà des contradicteurs. Toutefois l'opposition se formula par la bouche de M. Sars d'une manière bien plus décidée, lorsque M. Kinberg subdivisa ce genre Polynoé de Savigny en six. Les objections du savant norwégien étaient parfaitement fondées. Les caractères génériques choisis par M. Kinberg sont la position des antennes latérales, selon qu'elles naissent sur la même ligne que l'antenne médiane (tentaculum Kinb.), ou plus bas; puis le nombre des élytres; le fait que les élytres recouvrent une plus ou moins grande partie du dos; la longueur du corps. Or ces caractères, comme le remarque avec justesse M. Sars, ne sont nullement clairs. Il ne s'agit que de différences du [dus au moins. Bon nombre d'espèces que M. Kinberg n'a point étudiées peuvent aussi bien se placer dans l'un de ses genres que dans l'autre, à moins qu'on ne préfère créer pour elles des genres intermédiaires. Adopter les genres de M. Kinberg, c'est donc en même temps reconnaître la nécessité d'établir des coupes génériques Tome xix , 2'"° Partie. -i8
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nouvelles pour la plupart des espèces ta découvrir. Ce résultat a déjà été réalisé par M. Malmgren qui, dans un travail soigné, a augmenté le nombre des genres de Polynoïdes de dix et, dans un mémoire plus récent, encore de quatre autres. Le genre primitif de Savigny se trouve donc scindé actuellement en vingt. Mais les objections que M. Sars élevait contre les genres de M. Kinberg s'appliquent a fortiori à ceux de M. Malmgren, car non-seulement ce savant emploie les mêmes éléments de classification, mais encore il leur en ajoute d'autres de valeur moindre, comme la circonstance que le crocbet terminal des soies de la rame intérieure soit finement bifide ou non. Si les mêmes règles de classification étaient appliquées aux autres familles d'Aunélides, le nombre des genres s'élèverait bientôt à quelques milliers. Les soies seules, en particulier, ne sauraient suffire à établir des genres. Nous verrons, par exemple, dans ce .Mémoire, des Syllis cbez lesquelles les soies composées sont remplacées par des soies simples, mais qui, par tout le reste de leur organisation, sont tellement identiques avec les Syllis, que je n'ai pas même osé les ériger en sous-genre.
A mon avis, la plupart des vingt genres de Polynoïdes établis par MM. Kinberg et Malmgren^ne sauraient être conservés qu'avec la valeur de sous-genre. Ces deux auteurs ont rendu un service immense à l'étude des Annélides, en attirant l'attention sur une foule de détails de l'organisation externe de ces vers négligés auparavant. Il est à désirer que la même attention se porte sur l'organisation interne. Une étude approfondie enseignera d'ailleurs que si quelques particularités longtemps négligées ont une importance réelle, d'autres au contraire n'en ont aucune. Nous verrons par exemple les soies varier au point de présenter chez un même individu, parfois dans une même rame, des formes que M. Malmgren et M. Kinberg regardent comme caractéristiques de deux
genres.
Le golfe de Naples est riche en Polynoés. Je n'en ai étudié relativement qu'un petit nombre. C'est un terrain sur lequel il reste beaucoup à faire. Toutes les espèces ici décrites rentrent dans le genre Lépidono-
lus ici que M. Oersled le comprenait1. Plusieurs apparliennenl certainement ;ui\ sous-genres Anfinoë cl Harmolhoë de M. Kinberg. Toutefois la coïncidence avec ces sous-genres n'étant souvent que partielle, je la laisserai de côté.