‹ Les annélides chétopodes du Golfe de Naples (volume 3)Chapitre 11 sur 68 · Tome xix, 2me Partie · texte numérisé non relu

Tome xix, 2me Partie

304 ANNEUDES CHÉTOPUDES

pond au point d'union de la sphère et des téguments sous-jacenls. En effet la cuticule, striée, comme chez beaucoup d'autres Annélides, dans deux directions perpendiculaires Tune à l'autre, présente de distance en distance des pores tubulaires (2 K, b) larges de 5 microm. Seulement ces pores, au lieu de conduire directement à l'extérieur, comme c'est la règle, s'Ouvrent dans la cavité des verrucosités sphériques, fermées d'ailleurs de toutes parts. Ces verrues sont donc, à ce point de vue, très-comparables aux poils que nous avons décrits sur les palpes des Aphrodites. Ce sont des poils eulieulaires creux, modifiés. La moitié inférieure de ces verrues est d'ordinaire encroûtée d'une substance colorante brune (2 K, c). Cette substance est extérieure à la cuticule et sans doute de provenance étrangère.

Le pharynx m'a présenté quelques particularités dignes d'être mentionnées. Il est complètement dépourvu de mâchoires, bien qu'Audouin el M. Edwards signalent chez leur A. hystrix des mâchoires très-petites et cachées dans la membrane qui tapisse la trompe. S'il n'y a pas eu erreur de la part de ces observateurs, en général si exacts, M. de Quatrefages aurait raison de l'aire de l'Hennione observée par eux une espèce â part. L'épaisse cuticule qui tapisse la surface interne du pharynx se laisse facilement détacher par lambeaux et présente sous le microscope l'apparence suivante: elle est striée dans deux sens différents, perpendiculaires l'un sur l'autre (2 L, a), les stries étant distantes d'environ 1 microm. La membrane est percée de part en part de pores tubulaires, larges de 2micr,2. Ces pores sont réunis en grand nombre par groupes elliptiques(2L,/>) de Qp>m,05 — 0,00 de long sur 0,011 à 0,010 de large. Nulle part entre les groupes de pores ne se voient de porcs isolés. Si nous considérons maintenant la surface du pharynx que nous avons dépouillée de sa cuticule, nous la trouvons ornée de raies transversales de pigment violàtre. Dans ce pigment sont logés des groupes de petits boyaux incolores, correspondant exactement aux groupes de pores de la cuticule. Ce sont des follicules glandulaires qui déversent leur sécrétion dans la cavité du pharynx musculeux par les ouvertures de la cuticule.

Chez plusieurs autres Annélides, j'ai retrouvé des glandes analogues. Je décrirai eu particulier plus loin des groupes de follicules très-semblables

dans la paroi ventrale des llésioniens.

Le péritoine est disposé comme chez l'Aphrodite hérissée. Il présente aussi des mouchels de cils vibratiles soit sur sa partie pariétale, soit sur sa partie viscérale, c'est-à-dire sur la gaine qu'il fournit au tube digestif. Sa structure est cependant toute différente de celle du péritoine de l'Aphrodite hérissée. La manière la plus commode de l'étudier est de diviser transversalement une Hermione. On voit alors le dissépimenl périlonéal le plus voisin, poussé- par le liquide périviscéral, faire hernie par la surface de section. Il est facile de le détacher à l'aide de ciseaux et de le transporter sur le porte-objet.

L'épaisseur de ce dissépiment, mesurée en coupe optique, est d'environ 6micr,6. Il se présente comme formé par deux membranes extrêmement ténues (2 I, a et b) séparées par une couche diaphane. Cette couche présente des stries pointillées qui paraissent être l'expression d'un tissu musculaire mal différencié (2 1, a), car le dissépimenl est contractile. Dans chacune des membranes limitantes sont disséminées des cellules étoilées (c, 6-') à protoplasma granuleux et à nucléus circulaire, large de 3 à 4 microm., reconnaissable parfois à l'aide de réactifs seulement. Chacune de ces cellules porte un faisceau de cils vibratiles atteignant une longueur de 16 microm. Nulle part entre les cellules ne se montrent de cils. Ces mouchels ciliaires entretiennent la circulation du liquide périviscéral. On les retrouve sur la gaine péritonéale du tube digestif.

Une autre particularité du dissépimenl esl de présenter tout un réseau formé par des faisceaux de fibres (2 I, d) logés entre les deux membranes limitantes. Ces fibres sont larges de 3 à 4 microm. et groupées en général au nombre de 4 à 5 dans chaque faisceau. Elles frappent immédiatement le regard par leur transparence, plus grande encore que celle du reste du tissu. Le parcours des faisceaux est sinueux et exclut complètement l'idée de (ibres musculaires. Je ne puis pas les prendre

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pour aulre chose que des réseaux nerveux, et pourtant chez, aucune Annélide les nerfs ne présentent cette apparence. Ils sonl généralement formés par des fibrilles incommensurables. Certaines espèces ont, il est vrai, quelques libres larges, ressemblant à celles que nous venons de décrire, dans la partie supérieure de la chaîne ganglionnaire. Toutefois Yllevmione hystrix n'est précisément pas dans ce cas. Il faudrait pouvoir poursuivre les faisceaux en question jusqu'au système nerveux central, mais je doute qu'on puisse y réussir.

L7/. hystrix est une des espèces qui permettent sans trop de difficulté d'étudier les terminaisons des nerfs dans les cirres dorsaux. Ces cirres (2 11) sont composés de deux parties : le tronc et l'article terminal, article qui fait défaut aux cirres ventraux, niais qui se retrouve dans les antennes. La cuticule est pour ainsi dire incolore, en revanche la couche ehilinogène sous-jaeente est colorée par un pigment brun qui atteint son intensité maximum au sommet du tronc, mais qui est peu abondant à la base. L'article terminal est à peu près incolore, sauf un anneau d'un brun violàtre à une petite dislance de l'extrémité. La surface du tronc présente, disséminés à des espaces réguliers, de petits tubercules cylindriques peu saillants, percés d'une ouverture (211, a). La cuticule s'ammincit au-dessous de chaque tubercule, et les ouvertures la percent de [tait en part. En d'autres termes, les tubercules ne sont que les pores tubulaires de la cuticule dont les bords font saillie au-dessus du niveau

gênerai

L'axe du cirre est occupé par un tronc nerveux (2 11,6), formé par des fibrilles légèrement ondulées, à diamètre incommensurable. Il s'en détache de distance en distance de petits filets (d), dont chacun aboutit à l'un des tubercules que nous venons de décrire. Il est donc à peine douteux que ces tubercules doivent être considérés comme les homologues des papilles tactiles des Polynoés et des Hermadions. Toutefois ils ne portent jamais de pinceaux de soies nerveuses. Si l'on vient à déchirer le cirre avec des aiguilles, on met facilement à nu lé nerf, qui parait alors entouré de petites cellules étoilées (c), munies d'un nucléus circulaire,

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large de I microm. Doit-on considérer ces cellules comme de nature nerveuse? Je le suppose par analogie. Nous venons en effet plus loin, chez VHermadion fragile, le nerf du cirre recouvert de cellules ganglionnaires.

Dans l'article terminal du cirre, le nerf ne paraît fournir aucune branche; les tubercules superficiels font d'ailleurs complètement défaut ici. En revanche, la totalitédu nerf s'épanouit par l'écartemenl des fibrilles en une sorte de pinceau délicat (c), sous la coupole terminale de l'article où la cuticule paraît fort amincie.

Les cirres ventraux, bien que dépourvus d'article terminal, ont un nerf se distribuant de la même manière. Ces cirres sont en effet munis, comme les cirres dorsaux, de tubercules perforés.

Le système nerveux central de 17/. hystrix est complètement incolore, ou plutôt d'un blanchâtre nacré. C'est une exception dans la famille des Aphroditiens où, dans la grande majorité des cas, le système nerveux est coloré d'une teinte variant du rose au rouge brun.

Genre PONTOGENIA.

Antenna medianamulti-articulata; antennœ latérales milice; oculipedunculis suffulti; dorsum tela tomt ntosa tectum : setee ramorwm dorsuàlwm crassœ, apice obtuso, flàbellum efficientes, nimquam glochidere; setœ ramorum ventraUum perpaucce, bidentatee. Ma.nl-

lœ iiiiUm.

Ce genre ne peut se confondre facilement avec aucun autre. Ses plus proches parents sont les Hermione (Blnv.) Knbrget les Aphrogenia Knbrg. Toutefois il se dislingue facilement du premier par la conformation des soies; sans compter que l'apparence de l'animal est bien différente. En revanche, il y aurait peut-être eu convenance à le réunir aux Aphrogenia. Dans ce cas, il aurait fallu modifier de tout point la diagnose de M. Kinberg. Ce savant insiste en effet, dans sa caractéristique du genre Aplnogénie, sur la position des yeux, qui sont implantés sur la base de l'antenne impaire et de forme semi-globuleuse, tandis que les Ponlogenia ont des ommatopbores entièrement distincts de l'antenne. Puis les

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Aphrogenia sont dépourvues de poils feutrés, tandis que les Pontogenia en sonl munies. Sous ce dernier rapport la différence est moins grande au fond qu'à première apparence. \J Aphrogenia alba Kinberg, porte en effet à la rame supérieure de tous les pieds deux sortes de soies: de trèsforles soies crochues el des soies capillaires très-minces, finement dentées en scie. Je ne puis in'empècher de voir dans cette dernière forme de soies les homologues des poils feutrés des Aphrodiles, des llermioncs et des Ponlogénies, seulement ces poils sont peut-être moins longs, moins souples et, de plus, dentés sur le bord. Il subsiste cependant, malgré toutes les ressemblances, des différences trop considérables pour que j'ose modifier la caractéristique de M. Kinberg, et je préfère former un genre nouveau.

Pontogenia çhrysocoma.

? Hermione Hystrix Blainv., Dict. tirs Se. nalur. tome 57, p. 457, pi. IX, lig. 2.

» v Cusla, Fauna del régno di Napoli, Annellidi, tav. 111, fig. 7-12 (texte non publié .

Hermione çhrysocoma Baird, Proceed. of (lie Linnean Soc. VIII, 1865, p. 165.

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