‹ Les annélides chétopodes du Golfe de Naples (volume 3)Chapitre 18 sur 68 · Tome xix, 2mc Partie · texte numérisé non relu

Tome xix, 2mc Partie

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dans la totalité du corps, mais que tous les pieds de la région postérieure en particulier portent des élytres; et, d'autre part, que si le cirre supérieur tait défaut à tous les pieds, le cirre inférieur, en revanche, est bien développé. Ces mêmes remarques ont déjà été faites par M. de Quatrefages d'après des P. minuta conservées dans l'alcool, et il a modilié la diagnose générique en conséquence. M. Malmgren est arrivé au même résultat1.

M. de Quatrefages a introduit en outre dans la diagnose du genre d'autres modifications, qu'il vaudra mieux laisser de coté, parce qu'elles seraient longtemps encore sujettes à contestation. Il attribue en effet à la tête trois antennes et à l'anneau buccal deux paires de tentacules, les inférieurs simples et les supérieurs bifides. .M. Malmgren, de son côté, ne décrit qu'une seule antenne (tentaculumj, mais il est vrai qu'il énumère en outre une paire de palpes et deux paires de cirres lentaculaires. En résumé, tous deux admettent sept appendices pour le lobe cépbalique et le segment buccal considérés dans leur ensemble. Les divergences n'existent donc que dans l'interprétation, et, pour ma -part, je n'oserais me prononcer d'une manière décisive en faveur (rancune de ces deux opinions, bien que je penche plutôt du côté de M. Malmgren. L'espèce méditerranéenne présente en effet un lobe céphalique fort petit, intimement soudé au segment buccal, et l'extrémité antérieure porte un faisceau de cinq appendices, tous semblables, renflés à la base, atténués au sommet et hérissés du côté ventral de petites épines mousses, courtes et larges. Le plus supérieur de ces cinq appendices est incontestablement une antenne médiane; les quatre autres sont ou deux paires de tentacules du segment buccal, ou deux paires d'antennes latérales. Mais il semble difficile que l'une des paires ne suive pas le sort de l'autre dans l'interprétation. Notre espèce ne semble guère favorable à l'opinion qui fait de lune des paires des antennes, de l'autre des tenla-

1 Une troisième modification de la caractéristique de Johnston pourrait être introduite en ce sens que chez notre espèce l'ouverture de la trompe esl garnie de |ia|iilles. Mais d vaut mieux laisser ce détail ru dehors des caractères génériques.

cules. Le fait que l'un des appendices en question serait bifurqué n'est poiiii général, bien <|ur M. de Quatrefages en lasse l'un des caractères du genre. Rien de semblable du moins chez l'espèce ci-dessous. On peut d'ailleurs se demander si les exemplaires que M. de Quatrefages a eus sous les yeux appartenaient bien à l'espèce typique, car ce singulier caractère de la bifurcation d'un appendice n'est mentionné par aucun autre auteur. Pour ma pari, je préférerais conserver provisoirement la nomenclature de Johnston qui appelle en bloc « antennes » les cinq appendices antérieurs'. Quant à la paire de gros appendices qui naissent auprès de la bouche, ce sont les palpes si caractéristiques de la famille.

Pholoe synophthalmica.

PI. III, lig. 1.

Corpus longitudine .s1""", oculis quatuor in pur unwm bigeminatum coalescentibus. Ehftra reniformia, margine externo dense fimbriato. Antennee médiocres, basi twmida.

Le soûl individu observé atteignait une longueur de 8""n. C'était un mâle à l'état de maturité. Il présentait la particularité rare, peut-être unique chez les Aphroditiens, de porter des élytres dès le segment buccal. La gauche était, il est vrai, seule développée, recouvrant les antennes en avant, mais la droite existait cependant à l'étal rudimentaire (lig. \,a). Arrachée sans doute par accident, elle était en voie de régénération. La première élytre est ovale, les suivantes sont rénil'ormes. Les franges constituent une double rangée d'épines mousses sur le bord externe. Chaque élytre présente une tache circulaire plus claire correspondant au point d'insertion de l'élytrophore.

La cuticule de chaque élytre est tapissée intérieurement par un bel épithéliuiu polygonal (lig. I E, c) qui s'étend jusqu'au contour de l'élytrophore, dans l'intérieur duquel d se réfléchit. A la lumière transmise, ces cellules paraissent d'autant plus opaques qu'elles sont plus voisines de l'élytrophore, et leur nucléus transparent se distingue d'autant mieux. La cuticule elle-même présente une structure qui lui donne une apparence pointillée s'évanouissant graduellement vers la périphérie. Grâce a cette structure, je n'ai pas réussi a trouver le réseau nerveux de l'élytre que M. Ehlersa été le premier à reconnaître chez certains l'olynoïdes et dont on constate

' Sa mauvaise ligure n'en représente, il est vrai, que trois.

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l'existence très-facilement chez tant d'espèces. Ce réseau existe pourtant sans doute et •

se termine par les soies extrêmement ténues et roides qu'on voit occuper l'axe îles franges (flg. 1 L, d). Ces franges paraissent en eiïet ouvertes à l'extrémité et, dans ce cas, les conditions seraient très-favorables à l'action des causes extérieures sur ces terminaisons nerveuses. De même que chez les autres espèces, les éiytres n'arrivent pas à se toucher sur la ligne médiane et laissent par conséquent le milieu du dos k découvert. La loi de succession des éiytres parait différente de celle des Polynoés. Je les trouve en effet portées par les segments 1, 2. 3, 4, (j, 8, 10, 12, 14, 16, 18,

19, 20, 21, 22 28. Le 29mc segment dépourvu d'élytres porte deux cirres anaux.

Y a-t-il en réalité toujours 1 1 segments pourvus d'élytres k la suite du 17me ? C'est douteux. Ce chiffre est bien plutôt sujet k augmentation par suite de la croissance de l'animal. J'en juge tout au moins par le nombre des segments très-inférieur à celui de la Ph. inornata. Cependant le fait que notre individu était arrivé à l'état de maturité sexuelle, semblerait indiquer que la croissance était achevée ou près de l'être.

Les pieds sont fort saillants dès le 2"le segment et divisés en deux rames k l'extrémité. La rame inférieure porte un faisceau de soies simples en arête, coudées vers les deux tiers de la longueur et dentées en scie à partir du coude (1 D). La rame inférieure est armée de soies composées en serpe, de forme différente dans les premiers segments et les suivants. Dans les premiers, en effet, la serpe est grêle (1 B), allongée et sa lame est ciliée. Dans tous les suivants, au contraire, la serpe est beaucoup plus courte (1 C), plus massive et son tranchant n'est point cilié. Enfin chaque rame est soutenue par un fort acicule.

A partir du second segment, chaque pied porte un cirre inférieur, cylindrique, légèrement renflé à la base, dont l'extrémité n'atteint pas le bout de la rame inférieure. Celui du second segment (fig. 1, b) est beaucoup plus grand que les suivants.

Le lobe céphalique intimement confondu avec le segment huccal porte deux yeux noirs. Un examen attentif montre cependant que chacun d'eux est formé par la coalescence de deux. Aussi trouve-t-on chaque masse pigmentaire accompagnée de deux cristallins, l'un externe, l'autre postérieur.

Les spinules qui garnissent le côté ventral des antennes ne sont point caractéristiques de l'espèce, car Johnston les a signalés chez la Ph. inornala. En revanche, le renflement de la base est particulier k notre espère. Les palpes sont deux fois aussi longs que les antennes, très-épais et charnus, k cuticule striée en travers. A l'aide d'un grossissement un peu fort, on parvient k distinguer k la surface de cet organe des soies tactiles forts rares, courtes et ténues.

La trompe exserlile pénètre jusqu'au 8me segment. Son ouverture est entourée d'un

DU GOLFE DE NAPLES. :'.!l|

cercle de papilles. Les mâchoires qui en arment la région antérieure (I F) sont trèssemblables aux mâchoires des Polynoés. Au S""' segment commence l'intestin biliaire avec ses diverticules.

Les zoospermes qui remplissent la cavité périviscérale sont simplement filiformes

avec une petite tête ovoïde.

i" TRIBU : ACOKTIDES .KiNiJEiiG,

Genre POLYODONTES Renier.

Le genre Polyodonles, établi par Renier pour la Phyllodoce maxillosa de Ranzani, renferme des Annélides gigantesques, mais ta ce qu'il parai! fort rares et jusqu'ici mal connues. Nous devons à M. Grube ' une revue approfondie de ee genre, accompagnée d'une critique des travaux de ses prédécesseurs. Ce savant parait malheureusement ne pas avoir eu connaissance des figures et dissections de Délie Chiaje.

J'ai eu le bonheur de retrouver à Naples l'espèce de Délie Chiaje, le géant peut-être des Annélides européennes. Cet animal ne réunit point complètement les caractères que M. Grube et surtout M. de Qualrefages ont assignés au genre Polyodonte. Mais ces caractères doivent-ils être acceptés sans aucune restriction? Ne faut-il pas plutôt se souvenir que M. Grube n'a étudié que des exemplaires conservés dans l'alcool et que les musées, malgré l'exactitude des observateurs, ne réussissent qu'à encombrer la science de diagnoses fausses'? Quant à M. de Quatrefages, il ne parait pas connaître par lui-même les Polyodonles. Il ne l'ait qu'extraire le travail de M. Grube, mais il l'a lu peu attentivement, aussi sa caractéristique diflère-l-elle essentiellement de celle de son prédécesseur.

Voici sur quels points le Polyodonte de Naples s'éloigne de la caraclé-

1 Beschreibungen muer min wenig bekannler Anneliden vop D1 Ed. Grube. — Arehiv fur Nalurgeschichte, Band XXI, p. 83.

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ristique de M. Grube. Il possède en outre des pal |m>s. deux antennes céphaliques et, au segment buccal, deux paires de. cirres lentaculaires. M. Grube indique au contraire pour le genre Polyodonte (Acoetes exclu) quatre antennes et quatre cirres lentaculaires. Il est à remarquer, cependant, que dans les deux cas la somme des appendices de la tête et du segment buccal s'élève à 8. Il ne s'agit que d'une légère différence d'interprétation : M. Grube l'ait passer au lobe céphalique l'une des paires d'appendices du segment buccal. Je ne crois pas pouvoir hésiter sur la manière d'envisager ces appendices. L'existence de deux paires de cirres lentaculaires au segment buccal en outre des palpes est d'ailleurs la règle chez l'immense majorité des Aphroditiens. On voit donc qu'il est facile de reconnaître dans notre espèce un vrai Polyodonte dans le sens de M. Grube.

M. de Quatrefages, comprenant mal le texte de M. Grube, indique pour les Polyodontes quatre antennes et deux tentacules, savoir six appendices en tout au lieu île huit. Sa diagnose est décidément fausse. G'esl d'ailleurs une erreur très-semblable à celle qu'il a commise pour d'autres genres d'Aphroditiens'.

Polyodontes maxillosus.

Phylloioce maxillosa Ranzahi, Hem. di Stoi'ia liai. Dec. I, p. 5, tav. I, lig. 2-9 (fide Meneghini).

Eumolpe maxima Oken, Isis, tome IV, p. 1 152.

Polyodontes aplirurli tiens llenier, Musée de Vienne, m litt.

Pkyllodoce maxillosa Blnv., Dict. d'hist. natnr. t. I.VII, p. 461, Atlas, pi. I"2.

Polyodontes maxillosus Aud. et Edw., Règne animal de Cuvier, 3"1Lédit. Il, p. 127.

» maxillosa Délie Chiaje, Descrizione e not. V, p. 106, lav. 99, fig. 1-5.

» aphroditeeus Renier, Ûsservazioni postunie, tav. VI.

» maxillosus Meneghini, Ibid. p. 23-20.

» » Grube, Archiv fiir Naturg. XXI, p. 90.

? ? Costa, Fauna del regno di Napoli, Annellidi, tav. VII (texte non publié).

Polyodontes maxillosus Qlrfg., Ilist. nalur. des Anne lés, I, p. 214.

PI. III, Bg. 2.

De ce géant des Annélides européennes il n'existe jusqu'ici que des

1 II n'est pas impossible <pie l'Annélide imparfaitement décrite par M. Gabr. Costa (Ami. des se. natur. XVI, 1841, p. 269) sous le nom de Sigalion Blainvillci soit un Polyodonte.

figures insuffisantes', tellement qu'il est difficile de dire si elles se rapportent toutes à la même espèce, ("est ce qui m'engage à en publier mi dessin exécuté d'après le vivant.

Le seul exemplaire que j'aie eu entre les mains était un tronçon antérieur large de ±^mm et long d'une quinzaine de centimètres. Au dire des pécheurs il serait impossible de jamais l'obtenir autrement que par fragments, dont les plus longs observés atteindraient près d'un mètre. Délie Chiaje parait cependant en avoir possédé un exemplaire complet long de deux pieds seulement. Les exemplaires figurés par Renier et M. O.-G. Costa sont bien moins larges que le mien.

Je ne doute pas qu'il ne s'agisse de la même espèce que Délie Chiaje a figurée et à peine décrite, et j'attribue les divergences à de simples erreurs. Je n'insiste surtout pas sur ce «pie la ligure du savant napolitain indique des élytres à tous les pieds, tandis que ces organes ne se montrent (pic de deux en deux pieds. H ne s'agit sans doute que d'une erreur du dessinateur, car Délie Chiaje ne dessinait pas lui-même. AI. Meneghini semble inclinera voir là une différence spécifique, mais c'est peu vraisemblable.

Toute la partie du dos laissée à découvert par 1rs élytres est ornée de bandes transverses alternativement brunes et jaunes, chaque segment portant deux bandes, savoir une de chaque couleur. Dans la plus grande partie du corps les petites élytres ont la forme de triangles sphériques à angles arrondis. Non-seulement elles ne s'imbriquent pas les unes sur les autres, mais encore elles n'arrivent le plus souvent pas au contact par leur bord. Une exception est fournie par [es six premières paires d'élytres qui sont imbriquées, et diffèrent d'ailleurs aussi des suivantes par la forme, les dimensions et la couleur. Elles sont relativement beaucoup plus larges et plus arrondies au sommet. Les deux premières paires sont fort petites; les trois suivantes augmentent rapidement de grandeur et la sixième est de nouveau bien plus petite. Les élytres de la cinquième paire sont les plus grandes de tout le corps. Ces six premières paires d'élytres sont d'un brun varié et jaunâtre, beaucoup moins foncé que celui des élytres suivantes. Celles-ci sont toutes ornées d'un certain nombre de tacbes claires. Enfin, il

1 Les meilleures sont celles de M. Costa. Ce savant paraît avoir étudié un individu mutile en train » I < reproduire son extrémité postérieure.

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est à remarquer que les élytres de la seconde paire recouvrent le bord soit des élytres de la troisième paire, soit de celles de la première, comme cela se voit aussi chez beaucoup de Sigalionides. N'étant point maintenues en position par l'imbrication, elles oscillent avec facilité '.

Le lobe céphalique vu par-dessus ne laisse apercevoir aucune base d'antennes. Les larges ommatophores s'y opposent. Ceux-ci se touchent en effet sur la ligne médiane et portent un gros œil hémisphérique à l'extrémité. Sur la racine de chaque ommatophore, on aperçoit en outre une petite tache noire oculiforme bien circonscrite. En revanche, en considérant l'animal par-dessous, on découvre jusqu'à leurs racines six appendices antenniformes, disposés en rangée transversale. La paire médiane (les antennes) est insérée le plus en arrière: c'est la plus petite; les deux paires externes au contraire sont insérées un peu plus en avant, parce qu'elles reposent sur les pieds rudimentaires du segment buccal qui embrassent le lobe céphalique en se dirigeant en avant. Les palpes sont beaucoup plus gros et plus longs que tous les appendices précédents. Tous ces appendices ont été vus et exactement figurés par Délie Chiaje. M. Meneghini - a, de son côté, bien compris la signification des appendices latéraux, puisqu'il les décrit comme des dites tentaculaires. En revanche, ni Ranzani, ni Renier, ni M. Costa n'ont vu clair dans cette question.

Les pieds (- A) sont courts et trapus, brusquement tronqués à l'extrémité, tendus en deux lèvres pour le passage des soies. La rame supérieure n'est représentée qui' par un tubercule (a) qui s'élève sur l'extrémité même de la rame ventrale et qui ne porte aucune soie. Cette absence do faisceau de soies supérieures a déjà été signalée. Cependant il n'y a pas a hésiter sur la signification de ce tubercule, car il renferme un acicule (b) et porte l'élytre ou le cirre dorsal (c) selon les segments. La grande masse du pied est donc formée par la rame ventrale qui porte deux faisceaux de soies dorées dont aucune n'est composée. Les smes se succèdent de haut en bas dans l'ordre

1 Cette conformation particulière des premières paires d'élytres est assez bien figurée par Délie Chiaje et plus imparfaitement par M. Costa. Quant aux figures de Ranzani, reproduites par Blainville, et de Renier, elles n'en laissent rien reconnaître.

" Osservaziom postume di Zooloyia Adriatica de] prof. Stef. And. Renier, publ. p. cur. d. r. Ist. Vcneto, a stud. del prof. Meneghini; grd. in-folio, Venezia, 1847, p. "21. Ce magnifique ouvrage, omis dans la Hibliutltecu zoologica de MM. Carus et Engelmann, a échappé à presque tous les auteurs récents qui se sont occupés des Annélides. Seul M. Grube le cite dans un de ses Mémoires. Renier était prédestiné à l'oubli : ses manuscrits ont été perdus ; les cuivres qu'il avait fait graver avec soin sous ses yeux, ont été vendus pour quelques liards à un chaudronnier, et lorsque quelques-uns d'entre eux ont été sauvés par l'Institut vénitien, leur sort n'a guère été meilleur, lin elTet, les planches, et le texte de M. Meneghini qui les accompagne, ont été publiés à un nombre d'exemplaires (511 d'après les catalogues de librairie) qui s'oppose à leur vulgarisation, cl avec un luxe qui effraie la bourse des savants.

.suivant: d'abord , au faisceau supérieur, des soies grêles et lisses en 1er de lance allongé (2 D; 2 A, f), [mis des soies très-grosses et massives (2 B; 2 A, c) se terminant en pointe et légèrement recourbées en S à l'extrémité; enfin, au faisceau inférieur, des suies toutes semblables aux dernières mentionnées, suivies de nombreuses suies grêles (2 C: 2 C; 2 A, g) qui présentent dans leur dernière moitié une crête spirale , faisant un grand nombre de tours comme chez les soies des Sigalionides.

Le cirre ventral est implanté plus près de la base du pied que le cirre dorsal. Tous deux sont relativement courts et renflés à la base.

A l'ouverture du corps du Polyodonte, l'œil est frappé d'une particularité anatomique extrêmement singulière et unique jusqu'ici parmi les Annélides. La cavité de chaque pied renferme un cordon sinueux qui se prolonge sur la paroi ventrale de la cavité du corps jusque près de la ligne médiane. La longueur de ces cordons varie de 10 à 15mm sur une largeur de :'/imm. Ils sont recouverts par le péritoine et se distinguent par une belle couleur vert-dorée à reflets métalliques. Porté sous le microscope le cordon se résout en un écheveau de soies dorées extrêmement ténues'. A ce propos, il convient de rappeler que M. Grube signale chez le Polyodontes ytilo, de la mer Rouge, un faisceau de plus de trente soies capillaires porté par la rame supérieure, soies qu'il compare aux franges de poils des Aphrodites. Ne faudrait-il pas voir dans l'écheveau du Polyodontes maxillosus quelque chose d'analogue, quand même les soies sont bien plus ténues et groupées par plusieurs milliers dans chaque écheveau? Dans ce cas il faudrait supposer que ces soies sont complètement rétractiles, et cachées pour l'ordinaire dans la cavité du pied, puisque personne jusqu'ici ne les a aperçues. A cela s'opposent deux difficultés: l'absence d'ouverture pour la sortie du faisceau, puis l'absence de muscles destinés à le mettre en mouvement. L'ouverture pourrait être facilement méconnue. Il n'en est pas de même des muscles.

1 Dans la ligure île Hanzani, telle que je la trouve reproduite dans le Dicl. des Sciences nul., on voit liguivs, île chaque côté du corps, une série do sacs qui représentée décidément ces écheveaux. Je ne sais malheureusement pas comment lianzani les avail interprétés.

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