Tome xix, 2m> Parue
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rangées d'anses très-nombreuses. La surface des branchies est complètement dépourvue de cils vibratiles.
Les branchies de la région antérieure sont de beaucoup les plus grandes. En arrière elles décroissent rapidement et se simplifient en même temps. Les dernières sont réduites ;ï des espèces de cirres liifides ou simplement filiformes.
Dans les premiers pieds branchifères, le cirre dorsal, élanl relativement fort petit, apparaît tomme un appendice de la base de la blanchie. Plus en arrière, ce rapport se modifie graduellement et finit même par se renverser, non-seulement parce que les branchies deviennent plus petites, mais encore parce que les cirres dorsaux deviennent plus grands. Aussi les dernières branchies ont-elles bien plutôt l'air de petits appendices des cirres dorsaux. Ceux-ci paraissent d'ailleurs revêtir, à mesure qu'ils deviennent plus grands, des fonctions respiratoires. En effet, l'artère et la veine qui forment une anse dans la base des premiers cirres, pénètrent beaucoup plus avant dans les cirres suivants, et finissent même par en atteindre presque l'extrémité. En même temps, de nombreuses anastomoses s'établissent entre les deux troncs vasculaires (4 M). Aussi ^ les cirres finissent-ils par présenter une structure qui rappelle celle des branchies, avec une richesse vasculaire, il est vrai bien moindre. Je ne doute pas que ces cirres ne revêtent les fonctions respiratoires dans la dernière partie du corps, dépourvue de branchies proprement dites.
Les soies sont de tonnes variées. Nous avons déjà mentionné les acicules, qui ne sont d'ailleurs point partout semblables, car feux des premiers segments sont homogènes, ceux des suivants striés en long (4 K.) sauf à la pointe.
Le faisceau de soies saillantes se divise dans les trois premiers segments en deux groupes: D'abord les soies que j'appellerai imparfaitement composées. En effet, ces soies (4 D), arquées vers l'extrémité, présentent bien un article terminal, mais cet article se continue dans toute sa largeur avec la hampe. La séparation entre la hampe et l'article n'est effectuée que par une diminution peu marquée de l'épaisseur '. L'ar-
' Il est clair que toutes les soies composées sont au Fond conformées de la même manière, seulement l'amincissement de la suie entre la liaui|>e et l'article est ici moindre <p<e d'ordinaire. — J'ai entendu
1)1 GOLFE l>K NAPLES. YM
ticle est divisé à l'extrémité en deux parties par un sillon. Il porte en outre souvent une aiguille terminale, qui a servi à la jeune soie à percer les tissus du pied et qui finit par se briser. Les soirs du second groupe sont simples, en fer de lance, munies île deux ailerons (4 C, vue de l'are et \ C de profil). Leur surface, examinée à un fort grossissement, présente un pointillé résultant de la terminaison des minces libres chitineuses qui les constituent. — Dans le quatrième segment sétigère et les suivants. les soies du second groupe restent les mêmes, mais celles du premier subissent une modification. L'article terminal se distingue un peu plus clairement de la hampe. En même temps, son extrémité se recourbe de manière à constituer une véritable serpe (4 E). Chez quelques individus cette serpe est bidonlér. Encore ici, tant que la soie est jeune, mi la trouve surmontée d'une lame tranchante et très-acérée qui a servi à lui frayer un chemin a travers les tissus. A partir du 10""' ou I8me segment, on voil s'associer aux soies que je viens de décrire de deux à quatre vigoureux crochets bifides (4 F, et 4 (1) qui occupent toujours la partie inférieure du faisceau. Dans le principe tous ces crochets sont aussi surmontés par la lame tranchante qui leur a servi a se découper une route. Toutefois cette lame finit souvent par se briser.
Enfin, le faisceau se complique dans la région moyenne du corps d'une dernière forme de soies, dont j'ai longtemps méconnu l'existence. Je la découvris lorsque par hasard je transportai un très-jeune individu in toto sous le microscope'. Il n'en possédait encore qu'une par pied (4 H). C'est une soie simple droite, se terminant par un peigne de petites dents, dont une plus longue que les autres. Chez les adultes ces soies (4 1) sont nombreuses et accompagnent le faisceau supérieur. Elles s'étalent en une spatule pectinée, dont toutes les dents sont égales. M. de Quatrefages a décrit des soies analogues chez VEunice Roussaei. Des soies semblables ont d'ailleurs été figurées chez beaucoup d'Euniciens par MM. Williams. Schmarda, Kinberg et d'autres.
Le tube digestif à mâchoires de hiopalre normales n'offre rien de particulier. L'intestin biliaire, reconnaissable à sa coloration, ne commence qu'au 19mo segment, mais la région précédente de l'intestin est déjà étranglée en patenôtre.
Le corps est terminé par quatre cures, deux longs et deux courts.
critiquer très-vivemenl en Angleterre les observations de M. Williams sur les soies des Annélides (fle port, |i "210). Cependant elle- sont parfaitement justes : ce savant a raison de dire qu'il n'y a jamais dans les soies d'Annèlides de véritable articulation, el il expose d'une manière très-exacte le mode d'union des deux parties de la soie. Mais toul en admettant < |tic le mot A' articulation est employé ici ilans un senni peu abusif, je ne vois |>.is grand inconvénient à le conserver. 1 (Jel individu ne comptai! encore que r> paires de branchies.
438 ANNÊLMKS CHÈTOPODES
Genre ONUPHIS Aud. et Edw. (Kinb. rec.)
(non Ouatrefages.)
Les Onuphis, <|iii ont pour type VO. eremita Aud. et Edw., se distinguent des Diopatres par la conformation des branchies; ces organes sonl pectines ou simples, mais leurs rayons ne sont jamais disposés en spirale
Onuphis Pancerii.
PI. VIII, fig. i.
(Jorpus lonyitudine 12°"", latitudint /-•»""". segmentis drca 130. Dorsum antice molaceo-chalybœum. posteriora versus gradatim palUdius. Anti mur pallidœ basi annulatim
violacea. Branchies usque ad segmentum /•"> ' simpUces, postea pectinatee <nl apicem cor-
poris usque persistentes.
Celle Onuphis est forl commune dans le golfe de Naples, où elle a été pourtant méconnue jusqu'ici. Dès que j'en eus signalé l'existence à mou ami M. le prof. Panceri, il la trouva conservée en assez grand nombre au Musée de Naples, mais confondue avec la Diopatra neapolitana dont-elle se rapproche par la coloration.
L 0. Pancerii est d'un blanc nacré en dessous, mais colorée en dessus d'un violet métallique. Le pigment coloré n'occupe, il est vrai, que le milieu de chaque segment,
les bords antérieur et postérieur restant incolores. Dans la région antérieure ces bonis incolores sont fort étroits et la coloration violette parait générale. Toutefois, plus en arriére, ils deviennent plus larges et finissent même par restreindre la région colorée à une sorte de bande transversale. Enfin, chez les jeunes individus tout au moins, la partie tout à l'ait postérieure du corps est incolore. En tout temps les pieds sont aussi dépourvus de pigment.
Le lobe céphalique porte sur sa partie supérieure cinq antennes (fig. 1 ), dont deux naissent un peu en arrière du bord frontal, tandis que les trois autres, un peu plus grandes, sonl disposées en une rangée transversale derrière les premières. Chaque
anteni st formée de deux parties, l'une terminale, conique, lisse et d'un brunâtre
pâle; l'autre basilaire, plus large, cylindrique el ornée en dessus de H* à 1^ côtes transversales en relief, colorées en violet. Cette partie basilaire est complètement incolore en dessous.
Ces antennes sonl donc identiques à celles de beaucoup de Diopatres. La cuticule de la partie terminale esl percée de pores (1 I) connue celle de la Diopatra nrapoUtuita, seulement ces ouvertures sonl ici ovales, et au lieu de former des rangées longitudinales elles sonl distribuées en quinconce irrégulière. La couche cbitinogène de celle partie de l'anlenne renferme un pigment brun, granuleux, en rangées longitudinales.
Sur le bord frontal, enfin, s'élèvent deux petits tubercules incolores, coniques, complétant le nombre de sept antennes que les auteurs attribuent au genre Onuphis. Mais pus plus i j i ii ■ chez les Diopatres. ni que chez les autres Onuphis. ces appendices ne méritent d'être assimilés aux vraies antennes avec lesquelles ils n'ont aucun rapport. Je serais bien plutôt tenté de les comparer aux palpes des Lycoridiens. Immédiatement au-dessous de ces antennes frontales apparaît une petite tache brune sur la ligne médiane. Serait-ce un organe visuel ? Le lobe céphalique esl d'ailleurs blanchâtre, saul une bande arquée violette derrière la base de l'antenne impaire.
Les deux cirres tentaculaires du segment buccal sont implantés exactement sur le bord antérieur du segment et tout à l'ait en dehors. Ils sont subulés, rentlés à la hase et entièrement incolores ou blanchâtres.
Le second segment est porteur de la première paire de pieds. Ceux-ci, de même que les suivants, uni la forme de proies coniques (I H) et frappent immédiatement par la multiplicité de leurs cirres. Ils en portent en effet quatre, tous subulés et renflés à la base. L'un est implanté très-près de la hase du pied: c'est le cirre ventral (d): un autre à l'extrémité même, c'est un cirre supplémentaire (e) comparable a l'appendice cirriforme terminal de la Diopatra neapolitana : les deux derniers enfin naissent, accolés l'un à l'autre, d'un article basilaire commun situé un peu en arrière de l'extrémité de la rame, du côté dorsal. De ces deux cirres. l'un est le cirre dorsal (a), l'autre lu hranchie (c) qui, théoriquement, n'est qu'un rameau du cirre dorsal. En effet, déjà dans les segments antérieurs les vaisseaux pénètrent dans la base du cirre branchial: dans les segments suivants, ils s'étendent davantage. Enfin a partir du 16œe segment ce cirre branchial commence à se ramifier et finit par constituer une véritable branchie pectinée avec la distribution typique des vaisseaux. Le nombre des rayons de la bran-