‹ Les annélides chétopodes du Golfe de Naples (volume 3)Chapitre 30 sur 68 · MO ANNE LI DES CHÉTOI'ODES · texte numérisé non relu

MO ANNE LI DES CHÉTOI'ODES

cbie ne paraît jamais s'élever au-dessus de cinq ou si\. Dans la partie postérieure de. corps, il diminue de nouveau, toutefois la branchie persiste jusqu'à l'extrémité anale. Nulle part ces branchies ne présentent de cils vibratiles.

Le second et le troisième segment (les deux premiers sétigères) ne sont point semblables aux autres, au point de vue des soies. Ils en portent deux faisceaux. L'un sort de l'extrémité même de la rame. Il ne compte que des soies composées il C), à serpe bidentéeou tridentée et à bampe légèremenl incurver. Os suies sont dans leur jeunesse surmontées de la longue lame acérée qui leur sert à se découper un chemin dans les tissus du pied | I D).

Le second faisceau sorl entre le cirredorsal et l'extrémité du pied. Il ne contient que des soies simples, homogènes, qui se rétrécissent subitement vers l'extrémité pour se terminer par une pointe molle et flexible (1 E). Enfin, il existe un faisceau de soies capillaires dont l'extrémité pénètre dans la hase du cirre dorsal et, qui doivent être considérées comme les acicules d'une rame dorsale virtuelle.

\ partir du quatrième segment les soies composées disparaissent et sont remplacées par de simples soies subulées il F) auxquelles s'associent du rote ventral du faisceau, des le 10""' segment, deux ou trois vigoureux crochets bifides (1 Get I II) semblables a ceux qu'on observe chez les autres Bumciens. (Test aussi dans cette région qu'apparaissent les soies en spatule pectinée (4 K) si communes dans cette famille.

De toutes les < muphis, jusqu'ici décrites, la Diopatra longissima Grube1 esl celle <iui se rapproche le plus de VOnuphisPancerii. Elle s'en distingue toutefois par divers caractères, dont les plus saillants soûl la longueur des antennes el la position toute différente des tentacules du segment buccal. Ils soûl, en elle!, latéraux chez YO. Pancerii, trèsrapprochés de la ligne médiane chez YO. longissima.

Genre HYALINŒCIA Malmgren.

[0NUPH1S Qtrfg. non Ami. cl Edw.)

la' génie Onûphis And. el Edw. a pour type YOnuphis eremila And. el Edw. Toutefois, au mépris de toutes les règles de taxonomie, YHistoire

1 AreMv fui Nalurg. XXI, 1855, p. VU, pi. III, lig C.

naturelle des Annelés place celte espèce type parmi les Diopatres el emploie le nom d'Onuphis dans un toul attire sens que ne l'avaient l'ail Audouin et M. Edwards. Je ne puis que donner raison à M. Malmgren, lorsqu'il proteste contre celte manière de l'aire'. Il conserve 1*0. eremita comme type de genre Onuphis, et crée le nom de Hycdinoecia pour les Onuphis dans le sens de .M. de Quatrefages. L'espèce ci-dessous concorde avec tous les traits principaux de la diagnose de ce genre, telle que la donne M. Malmgren. Elle s'en éloigne par quelques caractères secondaires, tels que la conformation des soies el l'absence des yeux, caractères auxquels je ne puis accorder d'importance générique.

Hyalinœcia rigida.

PI. Vlll. 6g. 2.

Corpus lotigitudinc 5-&"°', latitiudine 1 segmentis circa 120, colore ligni ruahagoni

dut/. Macula fusco^violucea prope basin branchiarum simplicium.

Cette Hyalinœcie se reconnaît immédiatement à sa grande rigidité comparable à celle des vers nématodes. Aussi ne peut-elle si' fléchir qu'en formant des courbes à très-grand rayon. Cette rigidité est due à l'épaisseur de la cuticule, extraordinaire même pour un Eunicien. Chaque segment présente sur le dos une bande blanche à sou bord antérieur (flg. ^). Cette bande n'est que la coupe optique de la cuticule qui se replie pour passer d'un segment ;'i l'antre.

Le lobe céphalique incolore, sauf le bord frontal à teinte d'acajou clair, poète cinq antennes principales dont les trois postérieures sont de longueur inusitée. Comme chez les Diopatres, ces antennes ont un article basilaire orné eu travers de côtes saillantes colorées. Le reste de l'antenne est incolore. Les deux antennes antérieures n'atteignent pas le tiers de la longueur des trois postérieures. Enfin, il existe sur le bord frontal ces iviènies palpes coniques et dépourvus d'article basilaire qu'on retrouve chez les autres Hyalinœcies, les Onuphis et les Diopatres. Dans la règle le lobe céphalique est complètement dépourvu d'yeux. Cependant, chez quelques exemplaires, on trouve de chaque côté une petite tache oculiforme, noire, eu dehors de la grande antenne externe.

Les premiers segments sont très-convexes i\i\ côté tergal, niais relie convexité va

' Annuiata polyclueta, etc., p. 65.

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diminuant rapidement dans les segments suivants et le corps finit par être très-aplati. Au second segment commencent les pieds (2 A), incolores, uniramés, portant un cirrfe dorsal (a) qui repose par sa partir inférieure et renflée sur un article basilaire. Un petit cirre conique terminal (2 A. b) parait correspondre plutôtaucirre supplémentaire

des Diopatres qu'à un cirre ventral. V partir du 8mp segment (7 sétigère) on voit

un cirre supplémentaire (2 B, b) naître côte à côte avec le cirre dorsal (a). C'est la branchie, qui excède notablement en longueur le véritable cirre. Pour le moment ce n'est, il est vrai, qu'une branchie virtuelle, en ce sens qu'une anse vasculaire pénètre seulement dans sa partie basilaire, sans s'\ ramifier. Vers le 17""' segment ce cirre branchial prend la structure normale d'un organe respiratoire (2 (1. In. c'est-à-dire qu'il est parcouru dans toute sa longueur par une artère et une veine mises en communication l'une avec l'autre par deux séries d'anses vasculaires très-rapprochées. En même temps la branchie se raccourcit an point de ne pas même atteindre la longueur du cirre dorsal. Dans la partie postérieure du corps cependant, le cirre branchial excède de nouveau en longueur le cirre dorsal.

Chaque pied, en outre de ses acicules, porte un seul faisceau de suies. Dans les six premiers segments sétigères, la partie supérieure du faisceau est formée par des soies simples, bordées à l'extrémité (2 D) ; la partie inférieure, par des suies composées à serpe bidentée et trapue (2 E). La surface de cette serpe est pointillée, et son extrémité armée de la lancette qui lui sert à se découper un chemin dans les tissus. A partir du 8me segment (7me sétigère) les soies composées disparaissent et il ne reste plus que les soies simples, bordées. Au neuvième apparaissent en outre, dans la partie inférieure du faisceau, les vigoureux crochets bifides (2 (1) avec leur lame tranchante terminale; ils sortent chacun par une ouverture spéciale. Dans les segments suivants ces crochets augmentent de nombre. Ils finissent bientôt par devenir prépondérants, car en même temps les soies subulées deviennent moins nombreuses et aussi plus minces et moins fortement bordées (2 F). Enfin, comme chez les autres Euniciens, les eirres dorsaux renferment quelques acicules capillaires (2 C, a).

A la base de chaque branchie se trouve une tache semi-circulaire d'un violet foncé (2 Cj c) dans laquelle on pourrait être tente de soupçonner un organe visuel. Je ne lui ai reconnu cependant ni cristallin, ni nerf spécial. Ces taches apparaissent en général vers le dixième segment et se répètent dans tous les suivants. J'ai vu cependant un échantillon qui en était muni dès le cinquième.

L'armure de la trompe, qui ne s'écarte d'ailleurs pas de la Forme typique, est ligurée pi. VIII, 2 H.

Genre EUNICE Cuv. (Qtrfg. rec.)

EUNICE VITTATA '.

Nereis viltala Délie Chiaje, Memorie su gli. Anim senz. vert. IV, 195. — Descr. e notom., pi. 166, fig. 12. Eunice vittata Délie Chiaje, Descrizione e notom., V, p. 101.

PI. VI, fig. 3.

Corpus teres, longitudine 5cent, latitiidine 4mm, segmentis 80-90. Segmenta testais transversis rubro-luteis dorsualibus ternis vittata. Brancliiarmn, paria 22, primo pari segmente- quarto insidente.

La coloration fort caractéristique de cette Eunice est déjà signalée par Délie Chiaje: unoquoque annulo vittis luteis tribus. Chaque segment porte en effet sur le dos trois bandes transversales d'un rouge brunâtre pâle, dont les deux premières sont beaucoup plus larges que la troisième *. Elles sont séparées par des bandes blanches dont la première, plus large que la seconde, s'élargit sur le milieu du dos, grâce à une échancrure des deux bandes rouges voisines, de manière à former une tache médiane blanche et ovale. Dans la région postérieure du corps, les bandes rouges sont complètement interrompues sur le milieu du dos. Du reste, dans toute sa longueur, le dos de l'animal offre des reflets irisés intenses. La face ventrale est blanchâtre, variée de rouge-brun dans le tiers antérieur.

Le lobe céphalique est bilobé ou même indistinctement quadrilobé. Les cinq antennes sont vaguement annelées. Derrière leur base, sont deux yeux. Les deux cirres tentaculaires du segment buccal sont fixés sur le dos.

Le segment buccal est aussi long que les trois suivants. Les branchies commencent au 5me segment (3me sétigère). Elles sont pectinées (3 A, a) le nombre de leurs branches ne dépassant pas six ou sept.

Elles offrent la structure normale des branchies d'Euniciens ' . mais leur surface

1 Bonne espèce omise par M. de Quatrefages dans sa compilation.

1 J'ai rencontré un individu chez lequel cette troisième bande faisait entièrement défaut.

3 Ce caractère est, comme je l'ai dit dans les Prolégomènes, de présenter dans chaque branche deux vaisseaux axiaux réunis ensemble par une double série d'anses vasculaires. M. Williams qui, en son genre, a compris les branchies des Euniciens aussi mal que M. de Quatrefages, les représente comme formées par des rameaux vasculaires nus, exposés directement au contact de l'eau. Il répète d'ailleurs cette erreur pour les Amphinomiens, les Téléthusiens, etc.

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