‹ Les annélides chétopodes du Golfe de Naples (volume 3)Chapitre 55 sur 68 · Tome xix, 2me Partie · texte numérisé non relu

Tome xix, 2me Partie

548 ANNÊLIDES CHÊTOPODES

Le segment porteur de la dernière paire de cirres tentaculaires présente en outre chez YAnaïtis cephalotes une paire de petits cirres ventraux en palette. M. Malmgren n'indique rien de semblable chez l'espèce étudiée par lui. Je n'ai cependant pas voulu pour ce seul fait établir un genre nouveau au risque de compliquer encore la synonymie déjà si embrouillée de cette famille.

Anaïtis cephalotes.

PI. XVII, fig. 3.

Corpus longitudine .9"°', laiitudme :.J""", segmentés circa 295, poilii/de flavo-vindescens, lobo cephalico crasso, elongato, antrorsum lato. OevUi maaiuii duo. Cirri foliacci, dorsuales cordifonuis. ventrales dorsitôlibus multo minores.

La forme du lobe céphalique est très-caractéristique de cette espèce, d'ailleurs assez commune. En arrière il est échancré sur la ligne médiane de manière à prendre un contour cordilbrme; en avant il s'allonge en une espèce de large museau à cannelure médiane, et porte un peu en arrière de son extrémité arrondie les quatre petites antennes subulées. Chacune de celles-ci repose sur un article basilaire large et court, couvert de cils vibratiles du côté dorsal. Les yeux sont vaguement piriformes, pointe en avant. Sur les côtés de la région occipitale surgissent une paire de mamelons exsertiles (3 F, b), semblables à ceux qui; j'ai décrits chez la Phyllodoce corniculata.

Le segment buccal porte trois paires de cirres tentaculaires subulés, reposant chacun sur un article basilaire. Deux paires sont à peu près égales en longueur, savoir environ deux fois aussi longues que le lobe céphalique; la troisième, l'inférieure, est de moitié plus courte, et ne renferme pas, comme les autres, d'acicules dans son article basilaire. Deux points noirs sur le dos de ce segment paraissent n'être pas constants.

Le second segment porte un cirre tentaculaire dorsal long, avec acicule dans l'article basilaire, et un petit cirre ventral en palette, mais point de" rame pédieuse. A partir du 3me segment apparaissent les pieds avec leurs deux cirres foliacés.

Chaque segment du 1er au 15"": est biannelé, avec des plis longitudinaux des téguments. Au 10me segment le corps s'élargit brusquement, les segments deviennent lisses et cessent d'être biannelés.

A partir d'un point que j'ai trouvé varier entre le 32me et le 40"16 segment, chaque cirre dorsal porte une bande de cils vibratiles (S A, b) semblable

à celle que M. Williams a élé le premier à l'aire connaître chez la Ph. lamelligera' , où elle a élé retrouvée par M. Ehlers*. Ce dernier la suppose en relation avec l'appareil générateur. Je crois plutôt que les cils sont destinés à renouveler l'eau à la surface du cirre foliacé, fort propre à jouer le rôle d'organe respiratoire. Dans le principe la bande de cils s'étend de la base du cirre jusqu'à sa pointe, mais dans la région postérieure du corps la direction de la bande (3 B, a) devient de plus en plus oblique, si bien qu'elle finit par se restreindre à l'angle basilaire du cirre. Les cirres dorsaux et ventraux sont, comme chez tant d'autres Phyllodociens, .bourrés de follicules bacillipares, distribués en éventail d'une manière régulière (3 B). Les granulations vertes des cirres auxquelles ces organes doivent leur couleur, sont logées dans la couche dorsale superficielle. Là se trouve une espèce de tissu alvéolaire (3E) offrant tout à fait l'apparence d'un épithélium de cellules hexagonales, larges de Om,u,011. Toutefois je n'ai pu y découvrir de nucléus. La matière colorante est déposée cà et là dans quelques-uns des alvéoles. Les soies ont un appendice ensiforme, obliquement et finement strié.

La trompe qui, rétractée, s'étend jusqu'au 20me segment, présente à sa base, de chaque côté, 7 à 8 rangées de petites papilles. Ces papilles sont charnues et obtuses comme les grosses papilles de la couronne terminale de la trompe.

Le système nerveux (3 C) ressemble à celui de la Phyllodoce corniculata. Le cerveau légèrement bilobé donne naissance en avant à deux trèsgros nerfs qui se rendent aux deux paires d'antennes. Les conneclifs œsophagiens convergent vers le premier ganglion de la chaîne ventrale, qui est profondément divisé en avant et occupe le second segment. Les quatre premiers ganglions ventraux sont très-rapprochés, plus larges que longs, mais les suivants s'éloignent, au contraire, beaucoup les uns

1 Report vu bnlisli Aimclida, loc. cil. p. 198. Encore une excellente observation de ce savant trop systématiquement condamné, à cause de quelques erreurs manifestes, par bieD des bommes qui n'ont pas pris la peine d'étudier ses mémoires exubérants de faits.

1 Bonlenwtirmer , p. 143.

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des autres. Les nerfs naissent de la surface inférieure de la chaîne, et l'on peut s'assurer que les connectifs longitudinaux en traversant les ganglions restent toujours sur le côté ventral de ceux-ci, de telle sorte que les cellules nerveuses les enveloppent en dehors et en dessus, mais pas en dessous (voir la coupe verticale 5 D). Les nerfs naissent directement de la partie intraganglionnaire des connectifs.

La chaîne nerveuse ventrale est enveloppée d'un névrilemme formé par un tissu connectif fibrillaire ondulé très-élégant, entièrement dépourvu de nucléus. Les cellules nerveuses sont restreintes aux ganglions : on n'en voit jamais de semées sur la racine des nerfs.

Genre ETEONE Sav. (Œrst. rev.)

(Inclus. MYSTA Mlmgr.)

Les espèces ci-dessous ne concordent pas entièrement entre elles au point de vue de la conformation des pieds. Aussi quelques zoologistes me blâmeront-ils de ne pas les avoir réparties dans plusieurs genres. J'estime toutefois provisoirement assez inutile cette multiplication des genres pour des animaux aussi proches parents les uns des autres.

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