‹ Les annélides chétopodes du Golfe de Naples (volume 3)Chapitre 64 sur 68 · Eulalia (Pterocirrus) velifera · texte numérisé non relu

Eulalia (Pterocirrus) velifera

PI. XVII, Gg. -1.

Corpus longitudine 8°mt, latitudine maxima •">""", segmentis circa 130, fusco-violaeewm viridescens, cirris dorsualibus vvridi-ceneis. Antennee longissimce. Cirri tentaculares longi; cirrus ventralis segmenti secundi limbo latissimo instructifs. Cirri dorsuoHes lumdlosi maximi. Lobas cephedicus in nu un il/os occipitales cUiatas duas prochtetus.

Le lobe céphalique arrondi en avant, fortement échancré en arrière, porte groupées à son extrémité frontale les cinq antennes qui sont à peu près deux fois aussi longues que lui. Le bord occipital, bordé d'un limbe blanchâtre, se relève sur les côtés en deux protubérances ciliées. Les grands yeux ovales et noirs sont recouverts d'une cornée convexe bien distincte.

Le segment buccal présente sur le dos une sorte de large carène longitudinale, qui

se prolonge en avant entre les deux protubérances occipitales du lobe cépbalique. Visible dans toute su largeur pendant la pronation, il porte deux tentacules cylindriques, atténués au sommet, à peine plus longs que les antennes. Les cirres tentaculaires supérieurs des deux segments suivants sont semblables de tous points, si ce n'est que celui du second segment est beaucoup plus long. Le cirre inférieur du second segment a une forme analogue, mais il porte en outre un limbe développé, surtout vers la base du cirre, en une large et vigoureuse membrane à laquelle l'espèce doit son nom. C'est le seul de tous les cirres tentaculaires dont j'aie vu l'article basilaire renfermer un acicule. Le troisième segment porte déjà un cirre ventral en forme de palette foliacée bien développée, mais il n'a pas encore de rame pédieuse. Les pieds normaux commencent au quatrième segment. Ils portent dès l'origine des cirres dorsaux lamellaires de très-grande taille. Toutefois ces cirres prennent des dimensions bien plus considérables à mesure qu'on s'approche de la région moyenne. C'est en partie à ces lames imbriquées que cette Eulalie doit d'être d'une largeur exagérée dans cette région, comparativement à l'extrême atténuation des régions antérieure et postérieure. Les cirres ventraux sont aussi foliacés, mais bien plus petits.

Dans l'axe de chaque cirre court un cordon (nerf?) donnant naissance à tout un réseau de branches qui vont se terminer dans la couche sous-cuticulaire. Celle-ci, riche en nucléus incolores, présente une apparence aréolaire, due à une distribution régulière de granules sphériques, d'un vert brun, larges seulement de 0mm,0011. À de rares intervalles, disséminés dans l'épaisseur du cirre, apparaissent de gros corps framboises incolores. Ne scraient-ce pas là des glandes composées, sécrétant le mucus que je vois produit par cette Eulalie en plus grande abondance el plus rapidement encore que par la plupart des autres Phyllodociens?

Je n'ai jamais vu ces grandes lamelles porter la bande de cils vibratiles particulière aux cirres de diverses Phyllodoces.

Le segment anal est orné de deux cirres terminaux très-épais, de couleur verte. Les soies sont semblables à celles des autres Eulalies.

La trompe extroversée montre sa surface couverte de papilles coniques (2 À), très-serrées, longues de 0|nin,16. Elles ne forment pas de rangées régulières. Ces papilles sont bourrées de boyaux bacillipares (2 15), le plus souvent très-allongés el sinueux, parfois globuleux. Tous

562 ANNÉLIDES CHÉTOPODES

sont fixés par l'une de leurs extrémités à la pointe de la papille, dont les téguments sont fort amincis. Certaines papilles sont Irès-distendues et pleines d'un liquide incolore dans lequel flottent les follicules, toujours fixés par l'une de leurs extrémités à la pointe delà papille. Les bâtonnets sont les uns cylindriques et droits, les autres, et c'est le plus grand nombre, en forme de virgule ou de croissant très-étroit. Leur longueur est de 11 microm.

La couronne de grosses papilles à l'entrée du proventricule est complètement dépourvue de follicules bacillipares. L'intestin hépatique commence au 55me segment.

Famille des ALCIOPIEN8 Ehlers.

Les Alciopiens du golfe de Naples, surtout ceux dont M. Achille Costa a formé ses genres Liocapa* el Rhynchonerella3, sont bien dignes d'attention. Je n'ai pas eu le bonheur de les rencontrer. Deux espèces pourtant, la Liocapa vertebralis Costa et la L. Cantrainii (Najades Canlrainii Délie Chiaje", Liocapa vitrea Costa) ont pu être étudiées par moi d'après des exemplaires conservés dans l'alcool, grâce à l'obligeance de M. le professeur Panceri. J'ai cru apercevoir deux tubercules représentant chez ces espèces une paire d'antennes rudimenlaires en outre de celles décrites par M. Costa, mais je ne puis ajouter aucune importance à une semblable observation faite sur des individus conservés dans l'alcool. En revanche, je puis relever une particularité relative aux soies qui a échappé à M. Costa. Les soies de la L. Canlrainii sont toutes simples, sélacées, se coudant brusquement à la moindre pression el se rompant

1 Anniiario del Museo zoologico délia renie Université <li Napoli, I, p. 87, el II, p- 164.

! Ibid. H, p. 168, lav. IX, lîg. 13-15.

3 DescriMone e Nolomia, tav. 155, fig. 14, 18 et 21.

facilement au point coudé. Au contraire, la L. vertebralis a des soies toutes composées, à article mince, allongé, très-caduque. M. Costa ne figure que les soies de la L. Cantrainii, mais il les figure composées. Il y a eu évidemment une petite méprise dans le choix de ses dessins. Les soies figurées comme appartenant à la L. Cantrainii sont celles de la L. vertebralis.

En revanche, j'ai rencontré, au mois de mars 1867, dans des conditions fort singulières un Alciopien qui fut étudié à la même époque par mon ami M. le prof. Panceri. Nos observations concordant parfaitement entre elles et se complétant réciproquement sur quelques points, nous nous décidâmes à les publier en commun.

Genre ALCIOPINA Clap. et Pane. '

Alciopidce antennis quatuor, tentaculis buccalibus duobus; segmenta anteriora tria pedes

minores si fis destiiutos gerentia ".

Alciopina parasitica \

Alciopina parasitica Clprd. et Pane. Memor. délia Soc. Ilaliana di Seienze nalurali, vol. 111, 1867.

Les observations suivantes concernent les métamorphoses d'un Alciopien. Elles sont neuves, puisque jusqu'ici la science n'a enregistré aucune donnée positive sur le développement de ces vers*. Elles nous

' Nota sopra un Alciopide parassito délia Cydippe densa Forsk. di R.-E. Claparede e di P. Panceri. Memor. d. Soc. Italiana di Seienze naturali, vol. III. Milano, 1867.

2 Peut-être ce genre devra-t-il tomber, s'il est démontré plus lard que la Liocape vertebralis a en réalité quatre antennes, dont deux rudimenlaires.

3 Tout ce paragaphe est traduit du mémoire italien précité, avec l'autorisation de la Société italienne des Sciences naturelles. Il a donc été rédigé en collaboration avec M. Paolo Panceri.

* Une larve d'Alciopien semble avoir déjà été vue par M. Leuckart (Archiv fur Naturg. XXI, 1855). Cependant, d'après la figure, nous sommes disposés à ne voir dans ce ver qu'une Alciope jeune, mutilée, et en train de reproduire son extrémité postérieure.

Page 1