‹ Les annélides chétopodes du Golfe de Naples (volume 4)Chapitre 3 sur 20 · POLYNOE RETICULATA · texte numérisé non relu

POLYNOE RETICULATA

Polynoë sp. Grube, Act. Echinod. u. W'ùrmer, 1840, p. 87.

PI. I, fig. 1.

Corpus longitudine 22""°, latitudine 5mm, retrorsum paullulmn attemiatum. Elytra reniformia, dorsum médium omnino tir/enfin, reticiditm aiiruiduicnmprabeiitia^parialô, margine externo fimbriato. Antennœ cirriquehirsidi. Palpi papillis brevissimis obsiti. Proeminentiee frontales acutœ.

Cette petite espèce, assez commune aux environs de Naples, frappe l'œil immédiatement par deux rangées longitudinales de points noirs (fig. 1). Ces points sont des taches pigmentaires, appartenant à tous les élytres, en général à partir de la troisième paire seulement. Chaque tache est bordée en dedans d'une lunule jaunâtre.

1 M. Grube (Ad. Echinod. u. Wilrmer, p. 88) mentionne une P. reticiilata Sav. Je ne puis cependant trouver nulle part la description de cette prétendue espèce de Savigny. Je crois qu'il s'agit d'un simple lapsus calami et qu'il faut lire P. muriaila Sav. Je suis confirmé dans celte idée par le fait que ni M. Grube lui-même dans ses Familien der Anneliden, ni M. de Quatrefages dans son Hisl. des Annulés ne citent de P. retwuluta Sav.

Le caractère le plus saillant de l'espèce est fourni pas les élytres. Ils offrent, en effet, la particularité de présenter dans leur épaisseur un réseau polygonal, formé par des tubes à contenu granuleux. Dans la plus grande partie de l'élytre, ces tubes sont de couleur orangée; cependant ils passent au violet et même au noir, près du bord externe et postérieur de l'organe. Une étroite zone (Cf. fig. 1 B) sur le bord antérieur et interne de l'élytre, est privée du réseau '. Il ne faudrait point supposer dans ce réseau polygonal, l'homologue du réseau nerveux des autres Polynoïdes. En effet, ce réseau nerveux existe aussi dans les élytres de la P. reticulala, seulement les Blets qui le constituent sont bien autrement lins que les tubes que nous venons de décrire, et d'ailleurs parfaitement incolores. Dans les mailles du réseau coloré on trouve, semés à la surface supérieure de l'élytre, des tubercules un peu saillants. Tantôt ils sont simples (fig. 1 F, a), c'est-à-dire plus ou moins arrondis et percés au centre d'un pore entouré d'un bourrelet. Tantôt, an contraire, ils sont composés (1 F, b). Dans ce cas, leur forme est variable, irrégulière, et le nombre des pores qu'ils portent s'élève à 2, 3, 4 et même davantage.

Le bord externe de chaque élytre est frangé de papilles de longueur très-inégale (1 C). Les unes ne sont que de très-petits tubercules, d'autres sont des appendices cylindriques dont la longueur peut être même sept ou huit fois égale à la largeur. Chaque papille (1 E) présente, sous sa cuticule, une couche hypodermique assez épaisse, servant de limite à une cavité centrale pleine de liquide. Dans l'axe court une fibre très-ténue, provenant du réseau nerveux de l'élytre. Celte fibre nerveuse se divise en plusieurs branches dans l'extrémité de la papille, qui est légèrement renflée en massue. Cette extrémité ne parait jamais porter les poils nerveux libres si fréquents dans les papilles des cirres. Elle présente pourtant un pore terminal sur lequel est accumulée, dans la règle, une petite masse granuleuse. Les papilles les plus grandes, qui atteignent une longueur de ").jmicr, sont sur les bords même de l'élytre. Celles qui suivent en dedans deviennent rapidement de plus en plus courtes, et il n'est bientôt plus possible de les distinguer des tubercules dont nous avons parlé tout à l'heure. Ces tubercules ne sont donc que les papilles devenues rudimentaires.

Les élytres sont portées par les segments 2, 4, 5, 7, 9 23, 2(>, 29, 32, comme

chez toutes les espèces à quinze paires d'élytres.

Les antennes et les cirres sont couverts de longues papilles sur toute leur partie cylindrique (1 A); l'extrémité, très-atlenuée, en est dépourvue. Les palpes présentent

• Ce réseau rappelle celui qui a éié décrit et figuré par Savigny chez ïlphione muricata (l'olynoë muricata Sav.) et par M. Kinberg chez Ylphioiie ovula knhrg.

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également des rangées de papilles cylindriques qui sont beaucoup plus courtes, mais en revanche bien plus serrées.

Le lobe céphalique, très-échancré en avant, présente les deux proéminences chitineuses, si fréquentes chez les Polynoés.

Cette espèce a déjà été vue par M. Grube, qui la signale comme voisine de la P. fasciculosa Gr. Il mentionne le réseau des élytres et les verrucosités placées dans les mailles de ce réseau. Toutefois, le seul individu que ce savant ait eu entre les mains était incomplet, et l'auteur n'osa pas lui donner de nom.

La P. reticulata rentre dans le sous-genre Antinoe Rnbrg.

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