‹ Les annélides chétopodes du Golfe de Naples (volume 4)Chapitre 2 sur 20 · POLYNOE GrUBIANA · texte numérisé non relu

POLYNOE GrUBIANA

Polynoe squamata Grube (non Sav.), Acl. Echinod. u. Wûrmer, 1840, p. 87.

PI. I, Cg. 2.

Corpus longitudine 3""", latitudine 5mm, lineare. Elytra ovato - ovalia, dorsum médium non omnino tegentia, paria 12, margine haud jimbriato. Antennœ, citrique Itères. Palpi validi papillis brevissimis dense obsiti. Proeminentiœ frontales desiderata.

Cette espèce a été identifiée par M. Grube avec la P. squamata Linné. Toutefois, l'espèce linnéenne est collective. Déjà Audouin et M.Edwards en distinguèrent, comme variété, la forme décrite par O.-F. Millier sous le nom d'Aphrodita punctata. Or, M. Grube remarque expressément que la forme napolitaine rentre dans cette variété. Les élytres, en effet, au lieu de se croiser sur la ligne médiane, laissent une bonne partie du dos à découvert. Elles permettent d'apercevoir entre elles une tache transverse, d'un brun noirâtre sur la face tergale de chaque segment. C'est là un des caractères les plus saillants de l'Aphrodite de Mùller, décrite de nouveau, avec soin, par M. OErsted, sous le nom de Lepidonotus punctatus.

L'espèce napolitaine ne peut donc être réunie à la P. squamata, parce que les élytres laissent une partie du dos à découvert; puis, parce que le pourtour des élytres est complètement glabre, tandis qu'il est muni de longues franges sur le bord externe et postérieur chez la vraie P. squamata. Mais elle ne peut pas davantage être réunie au Lepidonotus punctatus dont les cirres sont velus, selon M. OErsted, tandis qu'ils sont parfaitement glabres chez l'espèce de Naples. C'est donc à juste titre que nous reconnaissons en elle une espèce nouvelle, fort voisine, il est vrai, des deux espèces auxquelles nous l'avons comparée. Mais elle nous fournit un exemple du peu de valeur des caractères génériques employés par M. Kinberg, et surtout par M. Malmgren, dont la classification exige la formation d'un genre à peu près pour chaque espèce nouvelle. Par le fait que ses élytres ne recouvrent qu'imparfaitement le dos, cette Polynoé se trouve exclue du genre Lepidonotus, tel que l'entendent M. Kinberg et M. Malmgren, et pourtant elle appartiendrait à ce genre par le nombre de ses élytres.

10 ANNÉLIDES CHÉTOPODES

D'autre part le dos imparfaitement couvert semblerait lui assigner une place dans le genre Alenlia Malmgren, soit Halosydna Kinberg, mais il lui faudrait pour cela 16 paires d'élytres, tandis qu'elle n'en a que 12.

Les antennes et les cirres sont tous cylindriques, glabres, terminés par un renflement en pomme auquel succède une pointe plus ou moins longue. C'est aussi la forme des organes correspondants chez la P. squamala. L'antenne médiane est presque deux fois aussi longue que les antennes latérales, mais elle est plus courte que les palpes. Ceux-ci sont épais et couverts de nombreuses rangées longitudinales de papilles courtes et cylindriques. Ces papilles semblent faire défaut à la vraie P. squamata, si j'en juge par le silence des auteurs, et surtout par les figures de M. Kinberg, taxées d'excellentes par M. Malmgren. Les cirres tentaculaires, comme d'ailleurs aussi les antennes, sont remarquables par la longueur de leur filet terminal.

Les élytres, à peu près ovales, sont en général jaunes au centre (point d'attache de l'élytrophore), avec une tache noirâtre diffuse sur l<j bord interne du jaune. Le reste de l'élytre est brunâtre. La surface en est semée de petits tubercules.

Page 1