Tome xx, lre Partie
50 ANNÊLIDES CHÉTOPODES
Genre THEODISCA Fr. Mùller (Clprd. rev.)
ThEODISCA LIR10ST0MA.
PI. XXIV. lig. 2.
Corpus longitudine i5c<"", laHtudine 2"'m.4 supra depresstvm subtus convexum, segmentis cvrca. 210. Proboscidis margo qmnque-lobatus. Setcepedum amteriorum spinif ormes. Apertu/ra analis in dorso segmentonim quatuor tdtimorum patens, rirris avuûibus <ii«<tt<<>r mini mis.
Cette Theodisca de couleur brunâtre est voisine dp la T. anserina, que j'ai décrite dans mes Gl;i mires'. Elle s'en distingue toutefois facilement non-seulement par sa grande taille, mais encore par les soies en baïonnette an lien de soies <>n lancette aux rames inférieures.
Le lobe céphalique (3 A) est plus large que long, arrondi en demi-cercle an bord frontal, étranglé en arrière. Il porte en son milieu deux petits points noirs oculiformes. reposant directement sur le cerveau. Il n'y a aucune trace d'antennes.
Le segment buccal, apode, présente de chaque côté une fossette ovale (3 A, a) à bords proéminents, remplie de cils vibratiles. Elle rappelle celle qu'on voit à la même place chez certains Syllidiens et Euniciens.
Les pieds (3 E) sont biramés'. La rame supérieure est un court cylindre qui donne passage au faisceau de soies, et qui se prolonge au-dessus de ce faisceau en une languette cirriforme (b) contenant un vaisseau sanguin. Au-dessus de la base de cette rame dorsale naît la branchie (a), entièrement semblable à celle des Aricies. La rame ventrale est divisée en deux lèvres verticales, entre lesquelles sort un éventail de soies. En-dessous on voit un petit cirre ventral cylindrique (c).
La languette de la rame supérieure n'est bien développée qu'à partir du quatrième segment. Aux deux précédents elle existe, mais à l'état nidimentaire. Ea première
' Les Anthosloma Schmarda, qui ont aussi la trompe digitée, se rapprochent beaucoup plus par la conformation des rames pédieuses du genre Aricie que du genre Theodisca.
- Voyez Glanures, p. 44, pi. IV, fig. fi.
3 A la hase de chaque pied l'anse vasculaire du segment se renfle en un large sinus très-rouge. Cette disposition rappelle les glomérules vasculaires qu'on trouve à rette place chez les Spiodiens, d'ailleurs si proches voisins des Ariciens.
pain' de branchies est au septième segment. Les neuf ou dix derniers segments en sont dépourvus. Les suies de la rame supérieure sont très-ténues (3 C), légèrement coudées sur leur trajet et annelées à partir du coude. Celles de la rame inférieure (3B) sont semblables, mais relativement plus fortes, plus courtes, beaucoup plus coudées et ressemblent par suite à une baïonnette. Du reste, cette légère différence entre les soies des deux rames n'existe que dans les segments antérieurs. Plus en arriére, les suies de la raine inférieure deviennent de tous points semblables à celles de la rame supérieure. Partout la rame intérieure renferme, dans son éventail, eu outre des soies annelées, quelques soies courtes et obtuses (3 D), légèrement crochues à l'extrémité. En revanche, il n'y a pas d'aricules.
Le dernier segment (3 K) se termine par deux paires inégales de cirres coniques. La plus longue est la supérieure. L'anus se présente comme une large fente bordée de lèvres renflées en bourrelet, lente qui parait occuper les quatre derniers segments. Il est. cependant, facile de se convaincre que ce n'est là qu'une apparence, et que le dernier segment chevauche sur les précédents dont la position est oblique'.
La trompe exsertile (fig. 3) se termine par cinq digitations très-souples, qui la t'ont ressembler à une Heur à corolle très-divisée. Chaque digitalion renferme deux vaisseaux principaux, mis en communication l'un avec l'autre par un réseau capillaire fort riche. L'œsophage rectiligne va s'ouvrir dans l'intestin étranglé en patenôtre au 2i"'e segment; toutefois il se continue sous la forme d'un raphé sur la paroi de l'intestin jusqu'au 56me segment. Comme en même temps l'intestin est vert dans celle région, tandis qu'il devient jaune dès le 36me, on peut facilement prendre la partie verte pour deux cœcum, placés à droite et à gauche de l'œsophage et venant s'ouvrir dans l'intestin au 36me segment. Mais ce serait une illusion'2.
Les organes segmentaires forment un peloton à la base des pieds, avec un appendice cilié (ouverture interne). La paroi renferme une multitude de cellules (3 1), larges de 8micr, et remplies de petits corps sphériques.
1 La Chùru riibrocincta, chez laquelle M. Sars indique un anus occupant les dix ou treize derniers segments, offre peut-être une disposition analogue. De même les Euchone Malmgren.
J'ai décrit dans mes (jlanures \p. 13> deux cœcum offrant exactement cette position chez l'Aricia Œrsiedii .Ne s'agirait-il point là aussi d'une apparence devant s'interpréter comme ci-dessus?
o2 ANNÈIJDES CHÉTOPODES
Les ovaires forment îles grappes de chaque côté de chaque segment. Chacun d'eux amène cinquante à soixante œufs à développement simultané. Ils sont enserrés dans un lacis de vaisseaux. Il est facile d'isoler un ovaire à l'aide de fines aiguilles, mais alors on en voit pendre en tous sens les vaisseaux qu'on a dû rompre. Les organes segmeulaires cidessus décrits sont tout à côté, d'un grisâtre opaque à la lumière transmise. Il est possible que ces organes servent à conduire les œufs au dehors. Mais ils doivent avoir encore une antre fonction. Gela me semble résulter du fait qu'ils existent aussi dans la région antérieure du corps où les ovules ne pénètrent jamais.
Les zoospermes (3 H) ont une tête corniculée1, longue de 5micr,5. Leur juxtaposition très-régulière dans les régimes (3 (1) donne à ceux-ci nue apparence très-élégante.
Le système nerveux ()» F) présente sur la ligne médiane dorsale une libre (d) tubulaire claire, large de 5micr, qui le l'ail paraître comme chez les Aricies divisé en deux moitiés entièrement distinctes. Les renflements ganglionnaires se touchent tons; chaque segment en compte trois (a, 6, c), correspondant chacun à la naissance d'une pairede nerfs. Comme • liez les Aricies, les cellules ganglionnaires (q) sont accumulées au côté interne des cordons nerveux longitudinaux.
Famille des SP10D1ENS Sars.
Gomme je l'ai déjà fait remarquer ailleurs, tous les Spiodiens, sans
' Malgré la longueur relative de celte tète, je n'ai pas pu me convaincre qu'elle présentât une contractibilité appréciable. Je ne voudrais point par là infirmer les observations, d'ailleurs chaudement contestées, de .M. Grohe [Ueber </«■ Bewegung der Samenkôrper. Archiv F. patbol. Anat. und Physiol Baud XXXII, 1865, p. 10 1 ) sur les contractions de la lète de certains zoospennes, car j'ai décrit dès 1S01 la locomotion des zoopermes de la Convolai u /laruduxti Œrst., à l'aide des contractions de la tète l'oit allongée. Ces zoospennes cheminent, il est vrai, à reculons. (Voyez Recherches anat. sur les Annèlides, Turbetlariés et Grégarines observes dans les Hébrides par Ed. Claparède, Genève 1861, p. 62. \lém. Soc. de Phys. et d'Hist. nat.)
exception, offrent une simplification remarquable des branchies. L'artère et la veine fissent directement l'une à l'autre, et ne sont jamais réunies par des anses latérales. Le diamètre de ces deux vaisseaux est toujours assez inégal. Le vaisseau axial el les lacunes latérales que M. de Qualretages décrit dans les branchies des Polydores1, ne peuvent pas même être expliqués comme une illusion d'optique. Peut-être cet auteur a-l-il été trompé par des extravasations dues à l'action d'un compresseur. Le caractère le [tins saillant de cette famille, celui des longs tentacules à apparence si spéciale, qu'on ne retrouve que chez les Ghéloptériens, ce caractère est-il bien constant? Plusieurs Spiodiens oui déjà été décrits comme eu étant dépourvus, qui en possédaient pourtant, car la caducité de ces organes est grande. Dans le genre Prionospio Malmgr. cependant, les tentacules paraissent bien l'aire défaut. 11 ne semble guère possible, malgré l'absence de ce caractère important, de leur assigner' une place dans le système ailleurs que dans la famille des Spiodiens2.
Genre POLYDORA Bosc.
(LEUCODORE Johnst. : LEUCODORUM Œrsted.)
Déjà en 18613 je faisais remarquer (pie le genre Leucodore de John-
stou ne peut être distingué des Polydores de Bosc. Cette opinion vient d'être reprise el très-justement développée par M. Alex. Agassiz*. Bien donc que le nom de Leucodore ail été employé par moi-même, el qu'il ait reçu une certaine consécration de la part de plusieurs aulorilés scientifiques (MM. Œrsted,Leuckart, Keferstein, Mecznikow, Malmgren),
' Annales des Sciences naturelles, \l\. 1*50, p. 192.
2 H. Victor Carus (Handbuch der Zoologie, 1863, p MO) adopte la Famille des Spiodiens, mais il en défigure la diagoose en n'accordant qu'exceptionnellement des branchies à ces Annélides. Tous les genres en sont au contraire pourvus.
' I eber Polydora cumula Bosc. Archiv fur Anal. « . l'Iiysiolw/ie, 1861, p. 542.
4 On tlie ijuun<i stages ofa fétu Annélides bj Alex Agassiz. — Annals u[ tlie Lyceum u/ New-York, vol. VIII, Juiic I8titi, i». 323.
54 ANNÊLIDES CHETOPODES
je considère comme un devoir, eu face du dédale laxonomique qui règne dans celle famille, de rétablir le nom primitif de Bosc'.