‹ Les annélides chétopodes du Golfe de Naples (volume 5)Chapitre 13 sur 56 · POLYDORA ANTENNATA · texte numérisé non relu

POLYDORA ANTENNATA

PI. XXI, flg. 3.

Corpus longitudine ?, lattiudme 0mm,9, depresswm, lobo cephaMco cmtennis f/rmiinis quatuor prcedito. Setarum ventralium mutât io in segmento octavo, branchiis a septimo mcipientibus. Setœ validions quinti scgmenti ventrales.

J'ai trouvé cette espèce dans les galeries (l'un morceau de bois habité par des tarets.

Cette Polydore n'a pas seulement de fausses antennes, comme les précédentes, c'està-dire de simples expansions plus ou moins cirriformes du lobe céphalique, mais de véritables antennes, séparées du lobe céphalique par une articulation, et formées d'un tissu distinct (flg. 3). La carène aplatie qui existe ici, comme chez les autres espèces, sur la ligne médiane du lobe céphalique et des premiers segments, se termine en avant par une. espèce d'épatement pentagonal. Le côté antérieur du pentagone porte les deux antennes frontales, cylindriques et indistinctement annelées. Les côtés adjacents portent les antennes latérales, coniques, beaucoup plus larges que les précédentes et presque aussi longues qu'elles.

Les branchies commencent au 7rac segment et sont remplacées dans les précédents (5rae excepté) par de petits cirres dorsaux cylindriques. Par ces caractères, comme aussi par les soies et la conformation des rames pédieuses, l'identité avec les espèces voisines est complète. L'armure du 5UUi segment est, en revanche, caractéristique. Les soies (3 A) qui la composent sont toutes à peu près de même diamètre; elles se renflent à l'extrémité en un bulbe coupé obliquement par une troncature concave et oblique qui se termine par une pointe acérée. Ces Soies sont disposées en peigne, de manière à ce qu'une partie d'entre elles fassent saillie, tandis que les autres sont en retrait, et les premières alternent régulièrement avec les secondes. Celles qui font saillie se distinguent, d'ailleurs, par leur pointe très-obtuse (3 A, a), ce que je pense devoir rapporter à l'usure, aux ruptures, plus qu'à la conformation originelle. Le nombre de ces soies est, d'ailleurs, beaucoup plus considérable que dans les espèces précédentes, car il s'élève jusqu'à trente-quatre. Ce faisceau de soies modifiées est ventral. Les soies du faisceau dorsal ne diffèrent pas de celles des segments voisins. L'inverse a lieu chez la P. Agassizii, où le faisceau dorsal est modifié, tandis que le faisceau ventral est normal.

Le changement des soies de la rame ventrale a lieu au 8""-' segment, c'est-à-dire

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plus en arrière d'un segment que chez les autres espèces. Il existe, par conséquent, un segment, le sixième, portant à la fois des soies suhulées aux deux rames et des branchies, ce qui ne se voit ni chez la P. Agassizii, ni chez la P. hoplura.

Le sixième et le septième segmenl ont les grandes poches folliculeuses caractéristiques du genre Polydore, mais chacun d'eux en possède deux paires, ce qui n'est connu d'aucune autre espèce. Les segments 8-12 en ont aussi chacun une paire, mais fort petite ou même rudimentaire.Dès le treizième segment on n'en trouve plus trace.

Je représente une coupe de la blanchie (5 C), ligure qui est valable d'ailleurs pour la famille loul entière. Ou voit que la cavité (d) de l'organe esl limitée par une paroi très-épaisse d'un côté, très-mince de l'autre. Elle renferme une anse vasculaire dont l'une des branches (6) offre une surface de section bien moindre que l'autre (a). Enfin, les deux rangées de cils vibratiles (c), destinées au renouvellement de l'eau, sont implantées sur le côté à paroi mince, au travers duquel ont lieu les phénomènes de diosmose respiratoire.

Genre SPIO Otto Fabr. (Œrsted rev.)

{COLOBRANCHUS Schmarda ; MALACOCEROS Qtrfg. ; UNC1NIA Otrlg.)

Les Spio ont eu une destinée bizarre. Ils ont été vus de tous et méconnus de tous. Cependant les Spio typiques de Fabricius sont déterminâmes, au moins génériquement, et M. Œrsted en a renouvelé la description d'une manière très-suffisante '. Nous lui devons une diagnose générique parfaitement claire. Cela n'a [tas empêché même les auteurs les plus récents d'embrouiller singulièrement la synonymie. Ainsi M. Schmarda ' a fait pour de véritables Spio le genre Colobran-

' En revanche, le prétendu S/nu setieornis ligure par Blainville dans le Dictionnaire des Science» naturelles est une Polydore.

' C'est ce que M. Meczuikow a <Uj;i relevé.

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ehe\ et M. de Qualrefages fait figurer successivement ce malheureux genre dans la famille des Nériniens sous les noms de Malacoceros*, d'Uncinia et de Colobranche, sans compter qu'il le laisse subsister sous son véritable nom de Spio dans la famille des Leucodoriens". A proprement parler, le genre Nerine John st. devrait encore être réuni aux Spio, comme je le montrerai plus loin ; mais ce mauvais genre étant généralement reconnu, nous le conserverons provisoirement'.

Spio fuliginosus.

PI. XXIII, fig. I.

< 'orpus longibudme 3°™",latitudine 2am,cmteriora versus fidajinosam. sripurutis circa'JO. Branchies a segmento primo setigero ineipientes, lobo ad/nato basUari lanceolato. Lobus cephalirns m processus duos antenniformes productus. Pœpïttœ anales quatuor îtsque ad oefo.

Ce Spio est très-commun dans la vase du port, où il vit en société de la Capilella capitata et de la Polydora Agassizii. Il prospère facilement pendant des mois en captivité, où j'en ai vu une foule pondre des œufs ou les féconder.

Chez ce Spio la carène du lobe eéphalique ne se prolonge pas en arrière du segment buccal et porte quatre yeux disposés en carré. En avant, elle se continue en une espèce de petite trompe charnue, dont les parties latérales donnent lieu à deux expansions antenniformes très-développées.

1 -If s.iis bien i|uc ML Sclimarda (Neue wirbellose Thiere, II, |i. (>M) attribue aux Spio deux tentacules et aux Colobrancb.es quatre. Mais il emploie ici le tenue tentacule dans deux acceptions très-différentes. I.a prétendue seconde paire de tentacules des Colobranches se résout en une proéminence des angles latéraux du lobe eéphalique.

- M de Qualrefages a établi son genre Malacoceros dès l'année I8i;i (Magasin de Zoologie de Guérm; année 1813, p. 8). M. Leuckarl montra plus tard (Archiv fur Naturg., 1855, XXI, p 77) que ce genre n'a qu'une valeur de synonyme M. de Qualrefages le maintient dans son Histoire des Annelés sans mentionner les objections parfaitement fondées de M Leuckarl.

■ Une même espèce parait figurer à plusieurs reprises sous ces noms génériques différents.

* Lorsque Johnston (Catalogue, p. J20"2) caractérise les Spio par des soies simples seulement;! la raine inférieure, et des soies simples accompagnées de soies à crochets à la rame supérieure , il est évidemment victime d'une méprise qui lui fait renverser les rapports vrais. Quant aux ellipticul bodies, qu'il figure avec les soies, ce sont les follicules bacillipares. M. Williams (Report, p. 208) commet la même erreur relativement à la position des soies à crochets chez les Polydores.

Les tentacules sont de longueur très-variable. Recourbés en arrière ils atteignent. Chez certains individus, le lll""' nu le I I""' segment. Chez, d'autres, adultes aussi, ils ne dépassent pas le quatrième. Ces tentacules ont, d'ailleurs, la même apparence que chez les autres membres de la famille. Ils renferment une cavité parcourue par un \ aisseau aveugle, contractile, à trajet régulièrement spiral (1 F. a). La paroi du vaisseau est incolore, semée de gros nucléusde distance en distance. La cavité elle-même est remplie d'une sorte de tissu mobile (c), formé par une multitude de gouttelettes homogènes, d'apparence sarcodique. Cette cavité est limitée par une paroi, mince du côté externe, extrêmement épaisse du côté interne qui correspond à la gouttière ciliée. Ce côté interne est hérissé d'un grand nombre de petites soies roides (/). Le côté opposé n'en porte que très-peu.

Dès le second segment commencent les branchies (I E, b) qui sont conformées comme celles des Polydores, si ce n'est qu'elles portent à leur base, du côté externe, un lobe membraneux de forme largement lancéolée (a). Un second lobe foliacé (c) recouvre la rame inférieure. Dans la région antérieure du corps les deux rames ne portent que des soies simples, subulées (1 B). Mais, à partir du 32ma segment, on voit apparaître, dans chaque faisceau ventral, un fort crochet (1 C), dont le rostre porte sur son vertex une petite dent. L'extrémité très-comprimée du crochet est enfermée entre deux valves. Plus en arrière le nombre de ces crochets s'élève à deux par rame, et il v associe encore une forte soie simple, cullriforme. à pointe acérée (I D).

Les organes segmentaires (1 A) se présentent sons la forme d'une anse tubulaire (a), placée transversalement à droite et à gauche de chaque segment. La branche antérieure de l'anse a son extrémité engagée dans le dissépimenl où se ironve l'ouverture interne de l'organe; la liranclie postérieure vienl s'ouvrir au dehors (b) entre deux pieds consécutifs. On aperçoit à ce point un mouchel de cils vibratiles. La paroi de l'organe est très-épaisse et pigmentée de brun vers la courbure de l'anse. On voit d'ailleurs facilement vibrer les cils dans l'intérieur.

Les tissus du Spio fuliginosus sont très-riches en follicules bacillipares, dans certaines régions au moins. On en trouve déjà dans les branchies proprement dites, sous la forme de boyaux virgulaires (1 I, b) dont la pointe s'attache à la cuticule. Là se trouve un pore servant à l'émission des bâtonnets. Mais ce sont surtoul les lobes foliacés des rames pé-

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dieuses, el les antennes (1 K), qui snnl littéralement bourrés de ces follicules. On les trouve aussi, mais de forme beaucoup plus cylindrique (1 L) et rectilighe, dans les papilles anales1.

La couleur enfumée de ce ver est due à un pigment granuleux disposé assez irrégulièrement, mais laissant toujours subsister certains espaces blancs de forme constante. C'est ainsi qu'on trouve sur le dos de chaque segment, jusqu'au onzième inclusivement, une ligure blanche en forme d'anse (voyez fig. 1).

Les œufs mûrs sont ovoïdes, longs de 0mm,12, et flottent dans la cavité périviscérale. Ils sont enveloppés d'un cborion mameloné, épais de i"'icI',4. Pendant leur croissance ils sont emprisonnés dans un stroma aux côtés de la chaîne nerveuse ventrale. Les zoospermes ont une tête corniculée, longue de 4 micr.

Malgré sa grande ressemblance avec les Polydores, celle espèce est privée des poches folliculeuses que nous avons décrites chez ces Annélides.

Spio Mecznikowianos.

PI. XXIII. fig. 2.

Corpus longitudine lJ'"m, latitudine 0mm,5, segmentis rinn :-U>, ilepressum, lobo ceplmlim antennis destitwto. Tentaada vittis anmdaribus flavo-fuscis insignia. Bramhùe lobo folinceo destitutœ, prvmi paris obsolètes.

Je dédie celte espèce à M. Elias Mecznikow, qui fut le premier à la rencontrer et à découvrir chez elle de très-curieux spermatophores, que nous espérons décrire plus tard dans un travail commun sur l'embryogénie des Annélides.

Le lobe céphalique se prolonge en avant en forme de trompe cylindrique, très-légèrement échancrée à l'extrémité, mais dépourvue de processus an ten ni formes. Ce lobe ne se continue pas en arrière sous ,1'orme de carène sur les premiers segments. L'occiput porte régulièrement quatre yeux, les deux antérieurs plus grands et plus espacés que les deux postérieurs.

1 On trouve d'ailleurs ces follicules bacillipares semés dans louie la peau, mais à des intervalles plus grands.

Sur le dos de chaque segment un pigment brunâtre est disposé en forme de o.

Les branchies commencent an second segment sétigère. An précédent elles n'existent du moins qu'à l'état rudimentaire, sous la forme d'une paire de mamelons. Ces branchies sont entièrement semblables à celles des Polydores, et sont, par conséquent, dépourvues du lobe membraneux caractéristique des autres Spio. Elles subsistent jusqu'à lavant-dernier segment.

Les rames pédieuses (2 A) ne portent que des soies simples, bordées (2 C, c'). jusqu'au septième segment sétigère. Mais, à partir du 8""*, je vois s'associer à chaque faisceau ventral le crochet encapuchonné (2 D), qui existe chez toutes les espèces.

Le segment anal se termine par une paire de papilles.

Les tissus de cette espèce, surtout les branchies (2 A) et les rames pédieuses (2 B), sont bourrés de follicules bacillipares bien plus grands que ceux du S. fuliginosus.

L'intestin hépatique, de couleur verte, commence au 8me segment. Cette espèce présente à la rame ventrale des poches follieuleuses, trèssemblables à celles des Polydores.

Les éléments sexuels remplissent la cavité périviscérale dès le 13,ne segment.

Genre NERINE Johnst. (Sars rev.)

M. Sars fait remarquer, avec raison, que si Johnston avait eu connaissance des Spio de Fabricius, il n'aurait jamais créé le genre Nérine; en effet, quelques efforts que l'on fasse pour modifier et compléter la caractéristique première de Johnston, on n'arrive jamais qu'à faire une caractéristique de Spio. M. Sars, après avoir étudié le sujet avec beaucoup de soin, parvient cependant à conserver les deux genres, tout en laissant sentir combien la distinction lui semble artificielle. En effet, le seul caractère différentiel est le suivant : chez les Nérines, chaque pied est muni d'une lamelle, soit lèvre foliacée, tandis que chez les Spio celte lèvre n'est plus représentée que par un petit lobe ou un mamelon. Mais où tracer la limite entre le petit lobe et la lèvre? M. Sars a raison : la

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