Nerine Cirratulus
Lumbricus Cirratulus Délie Chiaje, Mem. su gli Anim. s. vert., IV, 196.
Lumbricus Cirratulus Délie Chiaje, Descrizione, pi. 165, fig. 16
Cirratltulus Lumarckii Délie Chiaje, Descrizione, III, p. 84 et V, p 99.
Nereis foliota Dalyell, The powers of the Creator, etc., vol. II, p. 155. Plate XX, fig. 11-18.
PI. XXIV. fig. 1.
Corpus UmgtiucUne 4-6""", latitudine 2™m,5,depreasiim, lobo cephcHico cmiiro. acmmnato. Hami rnmornm ventraliwm apice vqlde recurvo. Sanguin roseo-niber.
Par une méprise singulière, Délie Chiaje considéra cette Annélide comme un Cirratule. Il suffit cependant de jeter un coup d'œil sur sa ligure pour voir qu'il s'agit bien d'une Nérine. Que ce soit exactement cette espèce qu'il ail eue entre les mains, c'est ce dont on ne peut douter
en songeant que l;i .V. Cirratulus est une des Annélides les plus communes du golfe de Naples, où elle pullule dans le sable fin, en société des Ophélies.
Le faciès est tout h lait celui de la .V. cuniucei>hala, à en juger par les figures de Johnston. Toutefois, tandis que celle-ci se termine par un cercle de papilles anales, la N. Cirratulus porte à son segment anal un appendice semi-circulaire, membraneux et bilobé, en dessus duquel Couvre l'anus. Cet appendice rappelle la ventouse anale des Polydores. Il a déjà été vu et figuré par Dalyell.
Le lobe céphalique est très-acuminé, et le m un d'oxycephala, que M. Sars a déjà attribué à une espèce norwégienne, conviendrait parfaitement à la nôtre. Ce lobe céphalique se termine eu une espèce de carène ou de mamelon sur le dos du segment buccal '. Sur le bord occipital de la carène se voient quatre petits yeux presque rudimentaires, disposés en une ligne transversale.
Les tentacules sont semblables à ceux des autres Spiodiens. Toutefois, ils sont relativement peu contractiles, et l'animal les porte, en général, dirigés en arrière.
Les branchies (1 A) apparaissent au second segment sétigère, et semblent être un prolongement de la rame dorsale. Leur bord postérieur est bordé d'une lèvre membraneuse (c), qui s'étend de la base presque jusqu'au sommet. L'intérieur de la branchie renferme une seule anse vasculaire2, dans les parois de laquelle on distingue, même sans l'emploi de réactifs, des cellules fusiformes (1 D, c), obliques, à noyaux arrondis, qui sont vraisemblablement de nature musculaire. Les rangées de cils vibratiles (b) sont placées sur le côté de la branchie opposé à la lèvre membraneuse.
Dans la légion antérieure on ne trouve que des soies simples, subulées, aux deux rames. Même le premier segment, qui est, à proprement parler, apode, a déjà ses deux faisceaux de soies. Ces faisceaux sortent en éventail par deux fentes placées l'une à la base de la branchie (1 A, d), l'autre à la base du feuillet membraneux semi-circulaire de la rame inférieure (1 A, e). A partir du 40"K' segment environ, mi voit apparaître les crochets (1 B) au faisceau ventral. Ils sont légèrement courbés en S, et leur extrémité forme un bec extrêmement obtus, à surface pointillée. Cette extrémité comprimée est renfermée dans une gaine ouverte en avant (1 C), de manière à paraître bivalve, et à laisser passer la pointe du crochet.
' S\. Sars attribue à plusieurs de ses espèces une antenne impaire rudimentaire (tentacule Saisi. — A en juger par les figures de Johnston, cette antenne ne serait que ce mamelon, très-peu accusé dans l'espèce de Naples, mais dans lequel je ne puis voir autre chose qu'un homologue delà carène des Polydores.
' Johnston et M. Williams l'ont déjà vue et bien vue, malgré les données de M. de Quatrefages. Voyez surtout à ce sujet la description de M. Williams Jiepurl un the british Anndida , Iuï. cit., p. 199, lig. IN).
68 ANNÊLIDES CHÉTOPODES
Le segment buccal et le lobe céphalique renferment des réseaux vascnlaires contractiles fort élégants (fig. 1). Au second segment sétigère, le vaisseau dorsal donne naissance à une paire de grosses branches (déjà connues de Délie Chiaje'), qui se rendent obliquement en dehors jusqu'à la base du cône céphalique terminal. Là elles se recourbent endessous, reviennent en arrière et vont se réunir l'une à l'autre en arrière de la bouche pour former le vaisseau ventral. Les deux branches de chacune de ces anses sont réunies entre elles par un grand nombre de vaisseaux à peu près parallèles. Tout ce réseau est animé de contractions rhytbmiques. Un autre réseau assez complexe (1 A, /') se voit à la base de la branchie, sur le trajet du vaisseau qui revient de la blanchie au vaisseau ventral. C'est l'homologue du glomérule qui se voit à cette place chez les Spio et les Polydores. Délie Chiaje, qui connaissait déjà ces glomérules, les appelait des cœurs.
L'œsophage a dans la partie antérieure du corps une forme de ruban ; toutefois, à partir du 24me segment, il commence à s'étrangler en patenôtre. L'intestin biliaire commence au 38me segment.
La chaîne nerveuse ventrale parait au premier abord divisée sur toute sa longueur en deux moitiés distinctes. C'est ainsi, du reste, que M. de Quatrefages l'a représentée chez ses Nériniens. Mais cette apparence provient de l'existence sur la ligne médiane dorsale du système nerveux d'une large libre (1 M, a) tubulaire, semblable à celles qui sont déjà connues chez les Oligochètes, les Téléthusiens, et certains Capitelliens. Ce tube incolore parait rempli d'un liquide dont la réfringence ne s'éloigne guère de celle de l'eau. Son diamètre est de 48 micr., c'est-à-dire équivaut au moins à la moitié de la largeur des connectifs interganglionnaires. Cette grosse libre tubulaire est accompagnée de deux ou trois autres toutes semblables, mais ne mesurant que 8 micr. eu diamètre. Les fibrilles des connectifs sont, en revanche, pour ainsi dire incommensurables. Les renflements ganglionnaires sont à peine marqués. Je n'en ai pas étudié les cellules.
1 Istiluzioni (H analomia comparut*, 2e édit., tome II, p. 74.
Les ovules mûrs ( l F et 1 G) frappent immédiatement les regards par leur conformation exceptionnelle. Ils ont la forme de disques ovales et sont entourés d'un ehorion' incolore («), épais, revêtu de papilles. Le vitellus est granuleux et renferme une énorme vésicule germinative (c). Tout autour du disque, dans l'intérieur du vitellus, apparaît un cercle de vésicules sphériques et incolores (b).
Chacun reconnaîtra une très-grande ressemblance entre ces œufs et ceux que j'ai décrits chez YAonides auricularis Glprd. de Port-Vendres'. Seulement, chez cette espèce, j'ai constaté que les vésicules sont eu communication avec l'extérieur par un petit tube qui traverse le ehorion. M. Mecznikow, auquel je lis part de mes observations, étudia aussi avec grand soin les œufs des Nérines, et reconnut que vers la (in de la croissance les vésicules contractent une adhérence intime avec le ehorion. Pour ma part, je n'ai pu acquérir de conviction complète à cet égard. Voici quel a été le résultat de mes observations personnelles sur ce sujet :
Les ovaires se présentent sous la forme de grosses grappes, situées à la hase des pieds et accolées aux organes segmentaires dont elles rendent l'étude difficile. Le centre de la grappe (1 E, a) est occupé par les plus petits ovules; à partir de ce point, les ovules se succèdent en augmentant de diamètre jusqu'à la périphérie, où les œufs mûrs se détachent pour flotter dans la cavité périviscérale. Les jeunes ovules ont un vitellus clair et seulement peu granuleux. Toutefois, de très-bonne heure déjà, on voit apparaître à leur périphérie un cercle de taches, plus claires que le reste de la masse, et peu définies. A mesure que les ovules croissent, le vitellus se remplit de granulations, devient opaque, et les taches se laissent de mieux en mieux reconnaître comme des vésicules
' J'emploie partout, dans celle Famille, le terme de eborion pour désigner la membrane très-épaisse et couverte de papilles qui enferme l'oeuf. Toutefois, il esl certain que c'est en réalité la membrane vitelline. Celle membrane joue d'ailleurs un rôle important dans l'évolution de plusieurs espèces, comme M. Mecznikow el moi-même nous nous en sommes assuré ; car elle devient la peau de l'embryon et se charge de cils vibratiles.
* Glanures, p. 45, pi. III, lig. 3.
70 ANxNÉLlDES CHÈTOPODES
incolores. Au moment où les œufs se détachent de l'ovaire, le cercle de vésicules occupe exactement la périphérie du vitellns discoïdal. A ce moment, le vitellus subit une contraction lente qui a pour résultat l'accumulation d'une couche de liquide (1 H, c) entre sa surface et celle du chorion. Les vésicules font alors légèrement saillie au-dessus de la surface du vitellus qui devient concave dans les intervalles (1 D.Plus tard, la contraction augmentant encore, les vésicules sont comme rejelées au dehors du vitellus (1 K), et la surface de celui-ci apparaît convexe dans les intervalles. Les vésicules paraissent donc à ce moment libres dans la couche de sérosité qui sépare le vitellus du chorion. Si l'on écrase les ovules, le vitellus s'écoule, mais les vésicules restent toujours emprisonnées dans la membrane de l'œuf. Cependant, je dois avouer que je n'ai point réussi à voir de connexion organique entre les ovules et la membrane.
Les téguments de la V. Cirratulus sont remplis de follicules bacillipares, surtout les rames pédieuses et leurs appendices.
± Neiu.ne Saksiana '.
PI. XXI, lig. i.
Ncruie longitmlnic '? '. latitwdine '<"""'. lobo cephalico conico obtuao. Rumorum ventral m m ha/mi vix recurvi. Sanguis ndirrrinins.
La N. Sarsiana, beaucoup plus rare que la N. Cirratulus, eu est au fond très-voisine, bien qu'elle s'en dislingue à première vue par sa plus grande largeur et surtout par la couleur de son sang.
Le lobe céphalique est beaucoup moins aigu que celui de la N. Cirratulus, et parait complètement dépourvu d'yeux. Toutefois, le microscope y fait découvrir de très-petits points oculaires, disposés entre les bases des tentacules à peu près dans l'ordre suivant : . . :. Le nombre ordinaire est six, quelquefois il n'y en a que quatre.
Le dos des segments présente un relief assez particulier (4 A), dans la région an-
' Je me lais un plaisir de dédier celte espèce au savant uonvégien, qui a compris les affinités réciproques des Spiodiens mieux que personne.
Dl GOLFE DE NAPLES.
térieure au moins. D'abord un bourrelet transversal cilié (c) s'étend de la base d'une des branchies à la base de l'autre, comme chez les Polydores et les Spio. Puis, dans le sillon qui sépare deux segments l'un de l'autre, se voient deux mamelons ovales (b) peu élevés, autour desquels le sillon circule en se bifurquant, si bien que les mamelons apparaissent comme deux îles dans les sillons intersegmentaires.
Les branchies ligulées rappellent celles de l'espèce précédente, seulement la lèvre membraneuse en atteint le sommet (4 G). L'anse vasculaire branchiale est formée d'une branche très-large et d'une branche très-étroite. Toutes deux ont un cours spiral.
Les quarante premiers segments ont à chaque rame un éventail de soies simples, brunâtres, ornées près de l'extrémité d'un double limbe incolore. Le corps de la soie est élégamment strié en long et en travers. Dans chaque éventail des soies minces (4 D) alternent régulièrement avec, des soies épaisses (4B. 4C). A partir du 41me segment, l'armure de la rame inférieure change. On y voit alterner des soies (4 F) subulées (une large toujours accompagnée d'une mince) avec des crochets légèrement courbés en S (4 E). Cependant, ces soies ne méritent le nom de crochets que par leur homologie avec les crochets des espèces voisines. En effet, la pointe obtuse ne porte ni bec ni dent. Elle n'en est pas moins encapuchonnée dans une gaîne à l'extrémité.
Les follicules bacillipares sont beaucoup plus abondants que chez l'espèce précédente. Le lobe céphalique, en particulier, en est chargé.
Sens tous les autres rapports la ressemblance avec la .V. Cirratulus est parfaite.