PHYLLOCHiETOPTERUS major
PI. XIX, fig. 1.
PhyJJocliœtopteriis 25-30 cent, longus, latitudiue maxima 4-5mm, regione cmtica média que flava, postica obscure violaceo-pwrpwea. Tentaeula majora tœniis duahus violaceis instructa. Regio antica e segmentis 11 constans, média e segmentis tribus quorum duo branchia gcrimt, postica segmentis circa 160. Tubus corneus.
DU GOLFE l>K NAPLES. 93
Cette magnifique espèce habite des tubes cylindriques cornés, fermés en dôme à l'extrémité postérieure; le milieu de ce dôme étant percé d'une petite ouverture circulaire. Une seule fois, par l'intermédiaire de M. Mecznikow, je reçus un tube habité, renfermant deux vers femelles l'un derrière l'autre. Deux autres fois des tubes vides me furent apportés par les pécheurs. Ces tubes ont un diamètre de 4 à 5mm et une longueur de près d'un mètre.
Le lobe céphalique est petit, arrondi, orné de taches oculaires vagues, comme celui du Phyllochétoptôre social. Il repose sur une dépression dorsale du segment buccal. Celui-ci est plus large relativement que chez les autres espèces; il se dilate en avant pour former un vaste entonnoir buccal. Les grands tentacules sont pâles et ornés de deux raies longitudinales d'un beau violet. Les tentacules courts sont à peu près incolores et renferment une ou deux soies aciculaires.
Toute la région thoracique est jaune, très-convexe en dessous, concave en dessus; la section transversale en est, par conséquent, semi-lunaire. Elle est composée de onze segments sétigères. Les palettes pédieuses ressemblent à celles des autres espèces. Les soies, à extrémité obliquement lancéolée, sont coudées avant la dilatation terminale (1 B). La grosse soie (1 A) du 4me segment sétigère est parfaitement,, droite, à peine sensiblement renflée à l'extrémité. Celle-ci est tronquée obliquement par une surface concave, finement crénelée sur le bord.
A la région moyenne, plus étroite que la précédente, commencent les doubles rames ventrales avec leurs plaques onciales en palette. Tandis que les segments de la région antérieure sont très-condensés, ceux de la région moyenne sont allongés. Chacun d'eux est plus long que celui qui le précède, si bien que le troisième égale en longueur les deux précédents, soit k peu près sept ou huit segments thoraciques. Les deux premiers portent à leur extrémité postérieure les rames foliacées verticales (branchies). Au premier de ces segments, ces feuillets rappellent beaucoup ceux des espèces précédentes: le feuillet principal est bilobé, seulement celui de droite est beaucoup plus largement soudé à celui de gauche que chez les autres espèces. Au segment suivant l'appendice membraneux rappelle davantage les « poches dorsales » des Chétoptères, seulement cette « poche » est ici bilobée par une profonde division sur la ligne médiane. Cette modification intéressante du type des Phyllochétoptères permet de supposer que les poches des Chétoptères ne sont que des branchies. Le troisième segment porte déjà 'les rames dorsales, cylindriques, blanches, avec soie axiale, comme celles de la région
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postérieure. Je ne classe cependant pas ce segment dans cette région, parce que soit par sa couleur, soit par sa grande longueur, soit enfin par le sillon médian de sa surface dorsale, et par l'étranglement qui le sépare de la région postérieure, il se rattache évidemment à la région moyenne.
La région postérieure se distingue des précédentes non-seulement par ses rames dorsales cylindriques, blanches, mais encore par sa forme générale et sa coloration. Immédiatement à la suite de l'étranglement qui la sépare de la région moyenne, elle se renfle rapidement et atteint un diamètre presque égal à celui de la région antérieure ; elle s'atténue ensuite graduellement jusqu'à l'extrémité. Cette région est à peu près cylindrique. Sa couleur est d'un beau violet pourpre, très-foncé, sur lequel se détachent en blanchâtre les rames supérieures et les inférieures, la ligne dorsale et la ventrale, ainsi que les intervalles des segments. La coloration violette appartient, à proprement parler, à l'intestin biliaire qu'on perçoit à travers la paroi semi-transparente du corps. A la base de chaque rame dorsale est une tache rose, produite par l'ovaire. Les ovules mûrs ont en effet une belle couleur rose.
Fam. des STERNASPIDIENS V. Carus (Mlgr. rev.)
(ANNULOSA THALASSEAUCA Délie Chiaje, pro parte.)
J'ai déjà félicité M. Malmgren, dans les Prolégomènes de ce Mémoire, d'être revenu à l'opinion de Délie Chiaje, de M. de Siebold et de M. Max Mùller, qui assignaient aux Sternaspis une place parmi les Annélides. Ce sont en effet des Annélides pur sang, et je ne sais comment M. Carus et M. de Quatrefages pourraient justifier la place qu'ils ont assignée à ces vers parmi les Géphyriens. J'ai déjà dit que le dernier de ces auteurs était retombé dans l'erreur autrefois commise par Oken et par Otto, en prenant la tète des Sternaspis pour la queue. Les recherches anatomiques de M. Krohn et de M. Max Mùller ' dont il n'a sans doute connu
1 « Jam de Sternaspide, dit M. M. Mùller, quam et ipsam multi in aostiam familiam (i. e. Thalasse- « maceorum) retulerunt, eorum sequor sentenliam, qui Sternaspidem non ad Bchiuridas vel Thalasse-
que les titres, auraient pu l'éclairer entièrement sur ce sujet. Dans tous les cas, les Sternaspidiens sont encore plus déplacés parmi les Ecbinodermes, où les reléguaient Otto, Meckel et Cuvier.
Quant à la position à assigner aux Sternaspidiens dans la série des Annélides, elle parait fort discutable. M. Malmgren les place auprès des Phérusiens, ce qu'avait déjà fait Délie Chiaje. Bien que cette opinion ne me satisfasse pas entièrement, je m'y range, vu l'impossibilité pour moi, de faire mieux.
Genre STERNASPIS Otto.
Sternaspis scutata '.
Mentula citeurbilacea Plancus, De Conchyl. minus nolis. Romœ CI310CCLX, p. 110; tab. V, /*, K. Echinorhynchus sculatM, vel clypeatus Rcn. Tav. per servira alla classif. degli Animali; Nov. Act. Acad.
Cup. Nat., XI, 531.
Titillassent!! sritlnlnm Ranzani, Memorie ili Stor. nat. I, lav. 1, 1 0-1 â. — Isis, XI, p H57. Sternaspis llialassemoïdes Olto, 1X21, Nova Acta Acad. C;es. Leopold. Nat. Cur. X, pars 2, p. 619, tab. 50. » » Rudolphi, Entozoorum Synopsis, 573.
» » Cuvier, Règne animal, III, p. 215.
» i> Délie Chiaje, Memorie su gli Anim. senza vert. IV, 204, tab. XLII, fig. IX, et
Descrizione, III, p. 76 ; V, p. 96, lav. 43, fig. 4; tav. 94, fig. 1 à 5; et lav. 106, fig. 18.
. » » Guérin-Méneville, Iconogr. du règne animal, t II; Zooph.. tab. VI, fig. 4 et 4 a.
Sdireiherius Brenuii Renier' (fide Ottonis, Nova Act. Acad. Crr-s. Leop. Nat. Cur. X, p. I7X).
« mac.eos pertinere, sed ad Chaetopodes exislimant, quorum in numéro de Siebold nominare sufficiat, « quum prœsertim etiatn analogia selarum analium Krohnii observationibus refutata sil, alque quem « aiiiiiu hucusque lialuierunt, ut oris orificium cognoverint » — Observ. onatom. île Vermibus quibustltim maritimis. Berolini, 1X52, p. 17.
' M.Malmgicn rejette le nom spécifique de thalnssemoïdes, aujourd'hui généralement accrédité, pour reprendre le nom de Stutata déjà employé par Renier et Ranzani. A proprement parler, la loi de priorité devrait taire revenir au nom de Bianchi et, dans ce cas, l'espèce de Naples porterait le nom de Sternaspis cueurbitacea. Les ligures de Bianchi sont d'ailleurs fort reconnaissables.
2 Ce nom de Schreiberius Hremiii ne m'est connu que par une citation d'Otto (Auimalium maritim. nondum editorum gênera duo, Nova Acta Acad. Cces. Cur. Nul. .V, pars 2, p. 626) laite de mémoire, ainsi que ce savant le remarque expressément. Je ne sais cependant si ce nom, cité également par Délie Chiaje, mais sans doute sur la foi d'Otlo, est bien authentique, .le suis porté à croire plutôt qu'il esl le résultat d'un défaut de copie du mémoire de Cbamisso et Eysenhardt [Nova Acta Anal Cœt. Leop. Cur. .X«/. A, p. 351), dans lequel je trouve à propos du genre Sternaspis la phrase suivante : « Secunda hujus generis species ea est cui licnkrus olim nomen Echiiiurliiiiiclii scttlali, dein Sclireibersius, lSniu sérias et Kanzianus nomen Thalassematis scutati indidere. »
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Sternaspls thalassemoides Lamarck, llisl. des animaux sans vert.. V, p. 535. » » Grulie, Echinod. Act. und Wiirmer, p. 67.
» » Krolin, Mùller's Archiv fur Anat. und Phys., 1842, p. i26.
» » Max Mûller, Observât, anal, de Verni, quib. maritimis, 1852, p. 1, tali. I.
» » Quatrefages, Histoire nalur des Annelés, l. II, p. 590.
» scutiila Mlnigr. Annnlala polych Spelsh. Grœnl., etc., p. 85.
PI. XXXI, fig. 9.
Je n'ai disséqué que trois Slernaspis pendant mon séjour à Naples, mais ce nombre a été suffisant pour me convaincre de la parfaite exactitude des recherches, soit de M. Krolm, soit de M. Max Mùller. Sans insister sur les faits que ces savants ont déjà fait connaître, qu'il me soit permis d'attirer l'attention sur une particularité anatomique assez remarquable de l'appareil respiratoire.
Dans la partie postérieure du corps des Sternaspis, on trouve deux houppes vasculaires, placées sous les écussons branchiaux. Ces houppes frappent les yeux dès qu'on ouvre la cavité du corps. Elles ont été désignées par M. Millier sous le nom de vaisseaux branchiaux. Ces houppes ne sont point formées par des rameaux vasculaires isolés. Chaque vaisseau (fig 9, b) est au contraire accolé à un axe solide, élastique et cylindrique, dont le diamètre est a peu près égal à celui du vaisseau qu'il supporte. Cet axe (fig. 9 a), de consistance cartilagineuse, est formé par une substance finement fibrillaire, dont les fibrilles sont disposées dans le sens de la longueur. Il est entouré d'une gaine formée par de petites bandelettes obliques à l'axe. Chacune d'elles présente un gros noyau avec nucléus (c); tous ces noyaux sont placés le long de la ligne de contact du vaisseau et de l'axe solide. Le vaisseau et l'axe sont enfermés dans une tunique musculaire commune. Celle-ci est formée moins par une gaîne continue, que par une série d'anneaux musculaires (d), indépendants les uns des autres, et de largeur variable.
Je n'ai malheureusement pas poursuivi mes recherches sur la singulière conformation de ces houppes vasculaires, et je n'ose hasarder d'hypothèse sur le rôle des divers éléments que je viens de décrire. D'autres combleront celle lacune.
Famille des PHÉRUSIENS Grube.
(CHLORËMIESS (jtrfg.J Genre STYLARIOIDES Délie Chiaje.
TROPHONl\ Edw.; PHERUSA Blnv. ; L0PH10CEPHALA Costa.
Pour ce genre, qui a reçu tant de noms divers , M. de Quatrefages ;i adopté celui de Pherusa Blnv. dans son Histoire naturelle des Annelés. M. Malmgren le rejette, parce qu'il a déjà été attribué en 1815 par Leach à des crustacés, et en 181G, par Lamouroux à des polypes, et il le remplace par celui de Trophonia Edw. qui a d'ailleurs l'avantage de la priorité. Mais alors la justice demande qu'on fasse un pas de plus et qu'on revienne au nom de StylarioïdesD. Cl»., antérieur à celui de Trophonia1. Je le fais d'autant plus volontiers que Délie Chiaje a connu ces vers mieux qu'aucun de ses successeurs, et que nous lui devons des figures nombreuses et exactes, et surtout une étude anatomique fort soignée, à laquelle il y a peu de chose à réformer.
Le caractère essentiel du genre Stylarioïdes, c'est d'avoir l'appareil branchial porté par un large pédicelle membraneux, et les soies des deux premiers segments développées d'une manière exceptionnelle pour former la cage cephalique. Le corps ne sécrète pas de mucus d'une manière appréciable.
M. Gabriel Costa, auquel nous devons une étude anatomique de l'espèce déjà disséquée par Délie Chiaje, mais qui paraît n'avoir pas connu les travaux de son prédécesseur, en a fait, sous le nom de Lophiocephala, un genre à part, parce qu'il a méconnu l'une des paires de faisceaux de soies des segments qui suivent les deux premiers.
1 Je conserve d'ailleurs le genre Trophonia en restreignant un peu ses limites, comme on le verra pins loin.