‹ Les annélides chétopodes du Golfe de Naples (volume 5)Chapitre 47 sur 56 · Serpula ASPERA · texte numérisé non relu

Serpula ASPERA

Serpula aspera Philippi, Archiv fur Naturg , 1844-, X, p. 191. » » Grube, Familien der Anneliden, p. 91 et 142. » » Qtrfg., Histoire natur. des Annelés, II, p. 805. > octocosluta Qtrfg., lbid., p. 496.

PI. XIX, 6g. i.

M. Philippi indique comme caractère de la S. aspera de la Méditerranée un tube blanc cylindrique, orné décotes crénelées au nombre d'environ sept. M. de Quatrefages attribue à sa S. oclocoslata du golfe de Biscaye huit côtes. Les individus du golfe de Naples que j'ai étudiés, paraissent tellement identiques ta la description de M. de Quatrefages, que je ne puis les considérer comme une espèce distincte de celle de TOcéan. Seulement le nombre des carènes crénelées du tube ne s'élève en général qu'à sept ou même souvent à cinq, les carènes latérales inférieures devenant indistinctes.

Les adultes comptent une centaine de segments et atteignent une longueur d'un centimètre ou un peu plus. Le nombre des branchies varie de 8 à 12 dans chaque moitié de l'appareil respiratoire. La partie basilaire palmée est pourpre; la partie' libre, d'un jaune intense, annelée de rouge dans la moitié inférieure, de blanc dans la moitié terminale. Cette coloration est d'ailleurs peu caractéristique, car chez les individus plus jeunes, les branchies sont complètement incolores ou munies seulement d'une tache rouge à la base de chaque filet branchial.

Le nombre des côtes de l'opercule membraneux (fig. 4) est variable; il augmente avec l'âge, mais ne paraît pas dépasser une vingtaine. Le pédoncule operculaire est annelé de rouge chez les adultes.

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Les sept segments thoraciques sont très-condensés. Les soies (4 A), de la grande pharètre du premier segment sont telles que les décrit M. de Quatrefages. Il en est de même des soies subulées (4 B) des autres segments thoraciques et des soies capillaires des derniers segments abdominaux. Dans toute sa longueur, l'abdomen porte à la place des soies subulées du thorax, des soies droites, élargies à l'extrémité en une spatule pectinée (4 E). M. de Quatrefages représente ces soies, qu'il a fort bien vues, comme remplacées dans la partie postérieure du corps par les soies capillaires. Il n'en est pas tout à fait ainsi. Les soies capillaires (4 C) se trouvent dans les trente derniers segments environ, où elles coexistent avec les soies à spatule pectinée, mais ne les remplacent point. Cette coexistence est, d'ailleurs, la règle chez les Serpules. Toute la région antérieure de l'abdomen est achète.

Les plaques onciales (4 D) des tores uncinigères sont pectinées ; les deux dents inférieures sont plus fortes que les autres. M. de Quatrefagns ne les mentionne pas.

Le sang est rouge, opalisant en vert. Dans chaque segment abdominal, il existe une anse profonde et une superficielle ; cette dernière passe dans les tores uncinigères.

De chaque côté de l'œsophage il existe une grosse poche (organe segmentaire?) renfermant un liquide granuleux orange et opaque, qui ne développe pas de gaz lorsqu'on le mélange à de l'acide acétique.

Genre EUPOMATUS Phil.

{POLYPHRAGMA Qtrfg.)

M. de Quatrefages a annulé le genre Eupomatus Phil. en le fondant dans le genre Galeolaria Lam. Mais, chose incompréhensible, il admet un genre Pohjp/iragma auquel il attribue exactement la diagnose que M. Philippi avait donnée de son genre Eupomatus. En effet, d'après l'honorable académicien, les Polyphragmes sont des Serpules dont l'opercule corné est comme doublé par une pièce surnuméraire, tandis que lesGaléolaires seraient des Vermilies (c'est-à-dire des Serpuliens à opercule calcaire), dont l'opercule est souvent composé de plusieurs pièces juxtaposées, surmontées d'un grand nombre d'épines fort Tariables. Or, c'est par méprise que les Eupomatus ont dû êlre placés dans le genre Galéolaire ainsi conçu. 11 suffit, en effet, de jeter un coup d'œil sur le

texte de M. Pliilippi, pour voir que ce savant attribue à ses Eupomatus un opercule corné (c'est lui-même qui souligne le mot), et qu'il indique les pièces qui le surmontent comme cornées aussi et flexibles, mais point comme des épines calcaires.

Eupomatus lunulifer.

pi. xxxi, ns. 3.

Corpus 12-14mm longwm, segmmtis thorwiris septem, abdominalïbus circa 60. Oprrmlum inftmdibuliforme, calyce quadam ex imo infundibulo mrgente, margine laciniato, appcndicibus lunidiferis omato. Ttibidi cretacei, cylindracei, agglomerati, flexuosi.

J'ai reçu cet Eupomatus une seule fois, mais en nombre très-considérable. Il avait été trouvé fixé à la coque d'un bâtiment en radoub.

Les branchies sont pâles, annelées de jaune brunâtre, au nombre d'une dizaine seulement de chaque coté. Les opercules sont en général au nombre de deux dont un seul complètement développé. Souvent aussi l'on n'en voit qu'un seul. Leur forme est trèscaractéristique. La partie inférieure est infundibuliforme, élégamment crénelée sur le bord. Du milieu de l'entonnoir s'élève une urne de forme élégante, dont le bord est découpé en lanières, étalées en un croissant à l'extrémité. La couleur de ce bel opercule est d'un vert opalisant en rouge. Elle est due aux vaisseaux sanguins. Ceux-ci forment en effet un premier plexus très-serré, soit glomérule, dans l'entonnoir inférieur, et un second dans la base de la coupe. Du glomérule supérieur part une anse vasculaire pour chacune des lanières lunulifères.

Les bras flexibles de la coupe operculaire paraissent avoir pour fonction de retenir les corps étrangers à l'aide de leur croissant terminal. On trouve, en effet, un grand nombre d'individus chez lesquels tout l'espace entre l'entonnoir et les croissants terminaux est rempli par un manchon cylindrique de vase noire. Ce manchon sert à fermer le tube, bien mieux que l'opercule lui-même.

On voit, d'après ce qui précède, que la duplicité de l'opercule ne saurait être un caractère spécifique, comme M. Schmarda ' l'admet pour son Eupomatus dipoma, à plus forte raison pas un caractère générique; aussi le genre Codonytes Qtrfg. - doit-il

1 iVeue wirbellose Tliiere, tome II, p. 29.

* Histoire naturelle des Annelés, tome II, p. 493.

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être rayé. Olivier', il y a plus de 60 ans, savait déjà que le second opercule est un opercule de remplacement, en voie de formation plus au moins avancée.

Le premier segment thoracique porte une paire de petites taches oculaires triangulaires sur le dos. La grande pharètre renferme de grosses soies groupées deux à deux : une soie filiforme avec une soie à renflement terminal tridenté, dont l'une des dents se prolonge en une longue épine. Les soies subulées des autres segments thoraciques sont bordées d'un limbe étroit. A l'abdomen elles sont remplacées par des soies droites à spatule terminale finement dentelée. Les plaques onciales sont pectinées, à sept ou huit dents, soit au thorax, soit à l'abdomen. Leur nombre ne s'élève pas à plus de 60 ou 70 à la plus longue rangée thoracique.

Genre POMATOCEROS Phil.

POMATOCEROS TRIQUETROIDES.

Serpula vermicularis Cuv. (non Linn), Règne animal. Édit. de 1830, tome III, p. 191.

» Iriquetro des Délie Chiaje, Memorie su gli Anim. senza verteb., IV, 208, tav. xlu, p. 23.

» triquetroides Délie Chiaje, Descrizinne, III, p. 71 ; V, p. 94. ? Serpula triquetra, Scacchi, Catalog. conchyl. regni neapolilani, 1836, p. 18 Pomatoeeros tricuspis Phil., Archiv fur Nalurg., Band X, 1844, p. 194. Serpula tricuspis Grube, Familien der Anneliden, p. 92 et 143. l'omalacerus tricuspis Môrch, Revisio critica serpulidarum (fide Qtrfg.). Vermilia trifula Qtrfg., Histoire uatur. des Annelés, II, p. 582 Vermilia tricuspis Qtrfg., Ibid., p. 530.

PI. X.\, fig. 3.

La Vermilia Irifida Qtrfg., de la Manche, à en juger d'après les descriptions de M. de Quatrefages, ne peut être distinguée spécifiquement du P. iriquetroides du golfe de Naples, déjà clairement décrite par Délie Chiaje. La forme de l'opercule est sujette à d'assez grandes variations, sur lesquelles il n'est pas possible de baser des espèces. Le cône calcaire (3 A) est tantôt plus surbaissé, tantôt plus allongé. Il porte au sommet tantôt trois branches ou dents, tantôt seulement deux. Les deux ailerons membraneux au-dessous de l'opercule sont en revanche très-constants, de même que la carène que je vois courir tout le long de son pédoncule. Celui-ci est annelé tantôt de brun, tantôt de bleuâtre.

Les adultes ont sept à huit branchies de chaque côté, sept segments thoraciques et

1 Bulletin de la Soc. Philomathique, thermidor, an X de la République, p. 130.

environ cinquante abdominaux. Les soies subulées thoraciques sont légèrement bordées; celles du premier segment ne sont pas plus grandes que les autres. A l'abdomen elles sont remplacées par des soies qui s'élargissent au sommet en une sorte de cornet comprimé (3 B, 3 C), dont le bord se prolonge d'un côté, suivant le pli de compression, en une longue aiguille. Le bord du cornet est épaissi et finement denticulé. Près de l'extrémité postérieure, ces soies deviennent fort longues, mais ne changent point de forme. Elles remplacent les soies capillaires qu'on trouve à cette place chez tant d'autres Serpulides.

Les plaques onciales des bourrelets uncinigères sont pectinées; elles comptent dix ou douze dents dont la plus inférieure est obtuse ( 3 D).

La membrane thoracique est couverte de cils vibratiles comme chez les autres Serpulides. Chez les femelles la cavité périviscérale est remplie d'ovules discoïdaux, roses, larges d'environ 88 micr. Chez les mâles leur place est occupée par des zoospermes (3 E) à tête ovoïde, longue de 2 micr. et ornée d'un granule fortement réfringent à la base de la queue.

La coloration de l'animal est fort bien décrite par M. de Quatrefages. Elle souffre d'ailleurs certaines variations.

Genre SPIRORBIS Lmrck Spirorbis Pagenstecheri.

? Serpula Spirillum Scacchi, Catalog. conchyl. regni neapolitani, 1836, p. 18.

Spirorbis Spirillum Pgstch. (an Pallas?), Zeitschr. fur wiss. Zool., XII, 1863, p. i86, pi. 38.

Spirorbis Payensteclten Qtrfg., Histoire naturelle des Annelés, II, p. 491.

Je n'ai rien à ajouter au sujet de celte intéressante espèce au curieux travail de M. Pagenstecher. Je me suis convaincu de l'exactitude des faits remarquables découverts par ce savant. Le Sp. Pagenstecheri est, en effet, hermaphrodite, et les larves se développent dans la cavité du pédoncule operculaire.

Genre PILEOLARIA.

Serpulidœ membrana tJwracica munitœ, hnoirliiis /ni/tris, ajjrrario eompresso, caJcareo. dentato. l'abus cnlarriis spindits.

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Les Pileolaria sont aux Spirorbis ce que les Eupomatus sont aux Serpules, les Galeolaires et les Pomatoceros aux Vermilies. Ce sont des Spirorbis, dont l'opercule, au lieu d'être formé par une plaque unie, est hérissé d'un certain nombre de dents calcaires.

Pileolaria militaris.

PI. XVI, fïg. 5.

? Serpula Spirorbis Scacchi, Calalog. conchyl. regni neapolitani, 1836, p. 19.

Pileolaria Jiermaphroditica, scgiucntis thoracicis tribus. Pars calcarea operculi pileo militum forma huai dissimilis, apirc airrnaqnc froutali deittata.

Cette Piléolaire vit dans les mêmes conditions que la Spirorbis Pagetistecheri. Elle s'en distingue cependant à première vue par la taille un peu plus grande de son tube spiral. La forme de l'opercule calcaire (fig. 5) est fort caractéristique. Je la compare à un bonnet de police. Toutefois le nombre des dents, leur diamètre, leur courbure sont autant de caractères variables.

Le premier segment thoracique a une grosse pharètre avec soies spéciales (5 C) : d'une part des soies filiformes géniculées, d'autre part des soies beaucoup plus fortes, également géniculées, mais échancrées sur le genou. L'écbancrure est entourée de petites dents; la partie terminale de ces grosses soies est munie d'une fine serrature. Les deux autres segments thoraciques ont des soies dorsales beaucoup plus petites, géniculées, à limbe entier. Ces soies sont remplacées à l'abdomen par d'autres (5 B), comparables aux soies abdominales des Vermilies; seulement la spatule pectinée n'est étendue que d'un côté de l'axe'. Les plaques onciales des tores uncinigères sont, au thorax, dès le second segment, de forme pectinée et comptent jusqu'à vingt-six dents. Elles atteignent une longueur de 0",m,05. On en compte environ soixante dans une seule rangée. Les crochets de l'abdomen sont tout semblables, mais ne dépassent pas une longueur de 0mm,02.

L'hermaphrodisme des Pileolaria est entièrement semblable à celui des Spirorbis. L'incubation des œufs a lieu sous le bonnet calcaire qui

• M. Mecznikow a décrit, chez un Spirorbis de la mer du Nord, des soies qui concordent entièrement avec celles de la partie antérieure du corps de la Pileolaria militaris. Mais il ne mentionne pas les soies en spatule pectinée à l'abdomen, qu'il connaissait pourtant chez les Vermilies. Lui ont-elles échappé ou manquaient-elles réellement? (Voyez Zeitschr. fur wiss. Zool., XV, 1865, p. 331.)

DU GOLFE r>E NAPLES. 185

forme le sommet de l'opercule. On y trouve constamment fies larves à tous les degrés de développement.

Ne seraient-ce point les tubes de cette espèce que M. Grube' a déterminés comme le Spirorbis nautiloïdes Lmrck?

Famille des AMMOCHARIENS Malmgr.

(Gen. SANDANIS Kinberg eoccludendum.)

Lorsque M. Malmgren1 sépara les Ammochariens des Maldaniens, soil Clyméniens, il fut certainement bien inspiré. Je dis inspiré, parce qu'il ne paraît pas avoir étudié analomiquement ce singulier type, et qu'il semble avoir été guidé par celle justesse de coup d'oeil dont il a fait preuve plus d'une fois. La cause déterminante de cette séparation a été sans doute la singulière armure de crochets ventraux, si différente de celle des Maldaniens. Mais, à ce caractère remarquable viennent s'en ajouter bien d'autres, tellement que, tout bien considéré, les Ammochariens n'ont de commun avec les Maldaniens que l'allongement extraordinaire d'une partie des segments et l'habitation dans un tube. L'inclusion de l'intestin dans un vaisseau est, en particulier, un caractère remarquable, complètement étranger au type des Maldaniens, et qui ne trouve d'analogie chez les Annélides que parmi les Serpuliens. Il en est de même des branchies céphaliques. On peut donc considérer les Ammocbariens comme un type intermédiaire entre les Maldaniens et les Serpuliens. M. Sars' a déjà émis l'idée, il y a plus de quinze ans, que les Ammochariens devaient être réunis aux Serpuliens, mais cette opinion paraît avoir passé inaperçue.

1 Echinod. Acl. u. Wiirmer, p. 05.

• Œfversigt af K. Vet. Akai. Fôrh., 1865, n° 2, p. 185.

' Nyt Magas. for Naturvidenskaberne. Sjettu Bind, 1851, p. 202.

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