ARENICOLA CiKUBM
Arenicola sp. Grube, Zur Anat. u. Phys. der Kieraenwiirmer, p. 3.
PI. XIX, fig. 2.
Corpus longUucHne 6-7""t,laHtudine 3-4""", niyruni, »hs, • iirr riridisccns. scf/nirntis miticis branchiis destitutis decem, posteriorïbus branehkdis viginti, couda fere uullu.
On pourrait songer au premier abord à identifier cette espèce avec l'A. branchialis (Aud. et Edw.) de la Manche, qui est d'ailleurs bien plus grande. Toutefois Audouin et Edwards indiquent la première paire de branchies au treizième ou quatorzième sétigère. Johnston, qui parait décrire la même espèce sous le nom de A. ecauda, l'indique même au quinzième ou seizième. Dans l'espèce napolitaine, la première paire de branchies est toujours au dizième sétigère. Je n'ai pas rencontré un seul individu qui présentât d'exception à cet égard. M. Grube a déjà recueilli cette espèce à Catane en 1838 et l'a reconnue comme distincte des autres. Ce n'est donc que justice de lui donner son nom. Ce savant lui accorde, il est vrai, jusqu'à vingt-sept paires de branchies, tandis que je n'en compte que vingt. Cependant les branchies se continuant jusqu'à l'extrémité du corps, il est naturel que leur nombre soit sujet à varier avec l'âge.
Les crochets (2 I; de cette espèce sont renflés en leur milieu, géniculés à la base, et bidentés à l'extrémité.
Les travaux anatomiques sur les ïéléthusiens ont été si nombreux depuis Meckel, Home, Cuvier, Rud. Wagner, Johannes Mùller, jusqu'à M. Grube, M. Edwards et tous les auteurs récents, que je n'insisterai ici que sur certains points où mes observations s'écartent des opinions aujourd'hui généralement accréditées.
Relativement au système vasculaire, je n'ai pu me mettre d'accord ni
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avec Hume, ni aVec Guvier, ni avec Johannes Millier. En revanche je puis confirmer entièrement les recherches de M. Grube el de M. Edwards. Mais je renvoie pour ce sujet à l'espèce suivante, chez laquelle le système circulatoire peut s'étudier avec beaucoup plus de facilité.
Tous les auteurs depuis Oken, Home et Guvier, décrivent sur la paroi latérale du corps une série de sacs qu'on a généralement rapportés à l'appareil générateur, tantôt sous le nom d'ovaires, tantôt sous celui de testicules'. Home en faisait le l'oie. L'auteur le plus récent* les mentionne brièvement sous le nom d'organes génitaux. Déjà M. Grube s'était assuré qu'on ne peut y chercher des ovaires, car il avait vu les ovules se former sous la paroi de vaisseaux aveugles dans la cavité périviscérale 3. Mais il paraissait incliner à y voir des testicules. Celte interprétation dût être abandonnée par lui le jour où il reconnut que les Arénicoles ont des sexes séparés.
Ces organes problématiques sont en réalité des organes segmentaires de structure très-particulière. Ils ne sont en tous cas liés aux phénomènes de reproduction que comme organes efférenls. J'en compte toujours cinq paires, placées du quatrième au huitième segment sétigère. On peut distinguer dans chacun de ces organes trois parties: l'entonnoir, la glande el le réservoir vasculaire.
L'entonnoir (lig. 2, 6) est trilobé et comprimé. L'un des lobes est beaucoup plus grand que les autres el leur est opposé. Sa structure n'a aucun rapport avec la leur. C'est une membrane mince, dont le bord libre, sémicirculaire, renferme un gros vaisseau (2 A, b). Ce vaisseau porte une rangée d'appendices aveugles (c), les uns simples, les autres
1 M. Schmarda revendique encore récemment en leur faveur le nom île testicules, oubliant que les
\i rnimles ont très-décidément des sexes séparés. Voyez Neue wirbellosc Tliiere, p. 52. Histoire naturelle îles Annclès, tome II, p. 261. h On trouve, en effet, une partie de ces vaisseaux entourés d'une couche de cellules (■', A), dont les ovules pourraient l'on bien dériver. Je prose que M. de Quatrefages a aussi vu cette couche. Il parle du moins de petits cœcum très-rapprochés et présentant l'aspect de villosités aux branches vasculains de la partie inférieure du corps. Il ne peut, en effet, avoir en vue des cœcum vaseulaires, puisqu'il les compare au chloragogène des Lombrics. (Voyez Types inférieurs de l'embranchement (la Amielés, par A. de Quatrefages. Ann.dessc. nal., XIV, IN5U, p. 284.)
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divisés en deux ou trois branches '. Le vaisseau marginal el ses appendices sont couverts par une membrane délicate, formant un grand nombre de replis et couverte de petits cils vibratils (e). -- Les deux petits lobes (fig. 2, c ; 2 A, d) sont opposés au premier. Chacun d'eux est à peu près semi-circulaire, membraneux, à bord libre, formé par un bourrelet épais et pigmenté de brun, qui ne renferme pas de vaisseaux. Le reste de la membrane recèle en revanche un réseau capillaire assez riche. Dans l'épaisseur de la membrane est une couche de grandes cellules hyalines, qu'on prendrait au premier abord pour le tissu d'une corde dorsale de poisson. Cependant leur paroi n'est pas très-épaisse el les lobes ne perdent pas pour cela de leur flexibilité. Les plus grandes cellules atteignent un diamètre de 55 micr. L'intérieur de l'entonnoir est cilié partout.
La glande a une forme virgulaire (lig. 2, d). Elle est colorée par un pigment brun, très-abondant. Sa partie la plus large aboutit au fond de l'entonnoir dont la cavité se continue sous la forme d'un tube cilié dans toute la longueur de la région glanduleuse. L'extrémité étroite s'ouvre dans le réservoir vasculaire (fig. 2, e). C'est une partie vésiculeuse de l'appareil, à paroi fort riche en vaisseaux sanguins et pigmentée çà et là de brun. Les dimensions de ce réservoir sont très-variables, selon qu'il est distendu par une quantité de liquide plus ou moins abondante. Il débouche directement à l'extérieur par une ouverture (g), près des soies ventrales.
Il est probable que la grande abondance de vaisseaux dans ces organes leur permet d'entrer dans une sorte de turgescence érectile à l'époque où ils saisissent les éléments sexuels pour les conduire au dehors2. Ils sont d'ailleurs conformés de la même manière dans les deux
' Ce vaisseau a été, eu réalité, découvert par Délie Chiaje qui le ligure d'une manière assez exacte, bien que son dessin ait passé inaperçu. (Voyez, en particulier, Uesrritione, lab. 91, fig. 5.) M. Grube le décrit aussi assez exactement comme un peigne d'appendices du rameau envoyé par le vaisseau dorsal aux organes générateurs.
- Soutenir, comme le fait M. Williams (Report on britisli Annelida, p. 171), que chez les Arénicoles les véritables ovules ne pénètrent jamais dans la cavité du corps est une erreur manifeste.
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sexes. Je n'ai jamais vu d'ovules dans l'intérieur. Une seule fois j'ai surpris quelques zoospermes engagés dans l'entonnoir. Ces zoospermes sont remarquables par la forme de leur tête, qui ressemble à une urne (2 C) avec deux taches sur le bord antérieur.
Le système nerveux de VA. Grubii est aussi digne d'intérêt. Ce système, chez les Arénicoles en général, a été étudié par bien des observateurs, mais avec des résultats divers. On a été jusqu'à contester l'existence du cerveau, que Rathke et MM. Frey et Leuckart ont cependant bien su voir. M. de Quatrefages a donné de ce cerveau un dessin que M. Mettenheimer ' trouve avec raison peu exact. Le cerveau (2 H, a) est en réalité fort petit, à peine plus large que les connectifs œsophagiens, mais formé de deux lobes bien distincts. La chaîne nerveuse ventrale est une bandelette, partout de largeur égale. Elle n'offre, malgré la description contraire de M. de Quatrefages, aucune trace de renflements ganglionnaires, circonstance déjà connue de M. Metlenheimer. Considérée en dessus, elle ne permet pas de voir de cellules nerveuses. Elle est formée de fibrilles à peine, commensurables, légèrement ondulées, et de deux larges fibres tubulaires (2 E, a), dont le diamètre est de 15 micr. Ces deux grosses fibres2 cheminent parallèlement l'une à l'autre et chacune d'elles pénètre dans l'intérieur d'un connectif œsophagien pour se perdre vers le cerveau. Si l'on considère le système nerveux de profil (2 F), il est facile de s'assurer que ces deux grosses fibres tubulaires sont dorsales (a) et tout à fait superficielles, comme c'est aussi le cas pour les grosses fibres des Oligochètes d'après la découverte de M. Leydig. Elles paraissent remplies d'un liquide dont l'indice de réfraction ne doit pas s'éloigner beaucoup de celui de l'eau de mer. Dans cette position du système nerveux, on peut aussi s'assurer que la couche inférieure de la bandelette nerveuse est colorée en brun par un pigment. Celte couche colorée est formée par les cellules ganglionnaires. Quelquefois cepen-
1 Beobachtungen iiber niedere Seethiere. — Abhandt. d. Senkenberg'schen naturf Gesellschoft, Band III. 1859-1801.
2 M. Mettenheimer représente une seule de ces libres, et la considère à toit comme une étroite fissure divisant la chaîne nerveuse en deux parties symétriques.
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tlant les cellules ganglionnaires débordent un peu les cordons nerveux sur le côté. M. Mettenheimer n'a vu que cette partie-là, et décrit les cellules nerveuses comme bordant le cordon nerveux dans toute sa longueur et de chaque côté. Mais elles existent, je le répète, sur toute la surface inférieure du cordon.
Sur le bord externe de la partie antérieure des connectifs œsophagiens se trouvent les organes auditifs. La plupart des descriptions qu'on en a données sont très-insuffisantes. Seul M. Mettenheimer les représente avec une grande exactitude, et mes observations ne sont qu'une confirmation des siennes. Chacun de ces organes (2 D) est formé par une masse spliéroïdale, finement granuleuse (peut-être ganglionnaire ?), large de 0mm,17. Sur cette masse repose un disque (0""n,088 de diamètre) formé de granules sphériques. Dans l'épaisseur du disque sont logés les ololithes. Pas plus que M. Mettenheimer je n'ai vu de cavité ni de cils vibraliles. Le nombre des ololithes est variable, comme aussi leur dimension. Ils sont tous circulaires et en général de couleur jaune pâle. Un seul parmi eux, beaucoup plus grand que les autres (=0m,u ,008 en diamètre) est de couleur brune foncée, avec une couche périphérique jaune.