‹ Les annelides chétopodes du Golfe de NaplesChapitre 1 sur 69 · MEMBRE DE L'INSTITUT DE FRANCE · texte numérisé non relu

MEMBRE DE L'INSTITUT DE FRANCE

Monsieur,

Vous dédier ce livre sans démarche préalable propre à m'assurer votre agrément, c'est peut-être me rendre coupable d'une infraction aux usages. Mais vous excuserez, je l'espère, ce défaut de forme pour ne vous attacher qu'à l'intention qui a guidé ma plume traçant votre nom en tête de cette page. J'ai voulu une fois de plus rendre témoignage de l'importance attachée par moi aux travaux anatomiqties de l'un des savants qui ont fait progresser le plus rapidement notre connaissance des Annélides. Je tiens d'autant plus à la publicité de ce témoignage, Monsieur, que votre ouvrage le plus récent relatif aux Annélides, V Histoire naturelle des Annelés^ est contredit sur une foule de points presque à chaque page de ce volume'. Toutefois, cette Histoire est avant tout une œuvre de compilation

' Les prolégomènes de cet ouvrage ayant été insérés dès le mois de septembre 1867 dans les Archives des sciences phusignes et naturelles, M. de Quatrefages a déjà pu répondre à une partie de mes critiques (Voyez Comptes Rendus de l'Académie des sciences, tome LXVl, séance du 20 janvier 1868). Je laisse à chacun le soin d'apprécier la valeur de cette réponse qui me paraît laisser de côté la plupart des points impoitants. Mais je pense devoir exprimer ici un regret : M. de Quatrefages a pu supposer que je n'avais pas étudié son livre d'une manière suffisante. Or cette opinion n'aurait pu naître si j'avais eu la précaution de citer tout au long certains passages de V Histoire des Annelés qui paraissent avoir échappé même à la mémoire de l'auteur. J'en veux citer ici un exemple. J'ai attribué à M. de Quatrefages l'opinion

et ne saurait à mes yeux diminuer l'importance des recherches personnelles de son auteur. Dans tous nos travaux nous donnons d'ailleurs forcément plus de place à l'examen de faits douteux qu'à l'étude de ceux qui sont déiînitivement acquis à la science : la contradiction y occupe plus de place que la confirmation. Mais, pour ma part, lorsque je relève quelque inexactitude de mes prédécesseurs, je ne puis oublier que leurs travaux ont été le phare et la boussole sans lesquels j'aurais sombré longtemps avant d'arriver au port. Je voudrais avoir le droit d'espérer que mes successeurs auront aussi quelque chose de ce sentiment-là, lorsqu'ils dévoileront mes erreurs. Quoi qu'il en soit, Monsieur, s'il m'arrive de vous combattre, c'est à vous, je le sais, que je suis redevable et de l'art et des armes.

L'Auteur.

« qu'une même espèce littorale ne peut supporter des conditions de vie aussi dissemblables que celles qui résultent de la présence ou de l'absence des marées. » M. de Quatrel'ages répond très-vivement à cette imputation qui ne repose, dit-il, sur aucun texte de son ouvrage. Bien plus, il aurait à propos des Hermelliens soutenu une opinion diamétralement contraire dès l'année 1848, « dans un passage que M. Claparède a évidemment oublié. » Je prends acte de l'interprétation qu'il faut donner à ce passage et je suis heureux de voir que M. de Qualrefages eût en 1848 une opinion parfaitement juste au sujet des conditions de vie des Hermelliens. Je regrette seulement qu'en 1865 il ait pu oublier son opinion première au point d'écrire le passage suivant qui la contredit formellement : « Savigny a parlé de sa « Hermelle alvéolaire comme habitant indifféremment la Méditerranée et l'Océan, c'est-à-dire comme « pouvant également être constamment immergée, ou bien vivre tour à tour dans l'air et sous l'eau.

j Cela seul me ferait penser qu'il a confondu deux espèces » (Histoire naturelle des Aiinelés, tome II,

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