‹ Les annelides chétopodes du Golfe de NaplesChapitre 12 sur 69 · HU · texte numérisé non relu

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H ALLA PARTHENOPEIA.

Lysidice parthenopeiu Délie Chiaje, Memorie su gli Auim. senza vert., III, 1 75, et Descri/ione e noloiii., III, p. 98; V, p. 104, pi. 95.

» » Aufl. et Edw, Ann. des Sciences natur., XXVIII, p. 337.

Hnlla parlhempeia Ach. Costa, Aiinaii d. Acc. d. Aspiranti natiiraiisti, II, 1844. Lysidice parlhempeia Grulje, Famiiien der Anneiiden, p. 45.

» » Qtrfg. (sp. incert. sedis), Hist. natiir. des Annelés, I, p. 381, pl. VII, lig. 3.

Pl. VII, fig. 3, et pi. XXXI, fig. 4.

Corpus longitudme 80-8.5"°"*, latitudine 12-14"'"\ aiirantiacimi, segmentis usque ad 780, stdco cervicali anfennas recipienti. Segmentmn anale quatuor cirris prœdikim.

Celle magnifique Aniiélide n'est point très-rare dans le golfe de Naples, où elle a été (étudiée avec grand soin par Délie Chiaje. Malgré la description anatomique Irès-détaillée et les nombreuses figures publiées par ce savant, la position naturelle de cette Annélide est restée un peu incertaine. Délie Chiaje lui avait attribué des branchies, ce qui est en désaccord avec la caractéristique du genre Lysidice. Audouin et M. Edwards, d'après les hgures du savant napolitain, admirent que les prétendues branchies n'étaient que des cirres dorsaux, et qu'il s'agissait bien d'une vraie Lysidice. M. de Quatrefages place ce ver parmi les espèces incertœ sedis.

Dans ce choc d'opinion, tout le monde avait raison. Les Halla ont bien des branchies comme l'a dit Délie Chiaje, mais des branchies qui n'ont aucun rapport avec celles des Eunices ou des Diopatres. D'un autre côté ces branchies sont bien les cirres dorsaux comme le veulent Audouin et M. Edwards. En efîet,le cirre dorsal, se reconnaissant comme chez tous les Euniciens à ce qu'un faisceau d'acicules pénètre dans sa base, est dilaté de manière à constituer un épais feuillet. Dans ce feuillet les vaisseaux sanguins viennent formel' un réseau (3 D) plus serré et plus riche peut-être que nulle part ailleurs chez les A^jmélides. Dans ce réseau c'est la direction transverse des vaisseaux qui domine, mais il est à peine possible d'y distinguer une artère et une veine principales.

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Que roxygénation du sang ait lieu dans ce cirre modifié, c'esl ce dont personne ne doutera, quand même la surface de l'organe est entièrement dépourvue de cils vibratiles.

Le lobe céphalique de l'animal porte trois antennes qui paraissent aussi jouer un rôle respiratoire, au moins chacune d'elles est parcourue par six ou sept vaisseaux longitudinaux, qui se réunissent à une petite dislance du sommet (3 E). Ces troncs sont mis en communication les uns avec les autres par de nombreux rameaux anastomotiques. Il en résulte un réseau vascnlaire fort riche, quoique moins serré que dans les branchies, réseau comme il n'en existe dans les antennes d'aucune autre Annélide à moi connue.

L'animal porte en général ces antennes respiratoires rejetées en arrière, serrées les unes contre les autres et appliquées contre la surface dorsale. Celle-ci porte une fosse triangulaire sur les deux premiers segments, fosse qui loge exactement les antennes dans cette position; l'antenne médiane, plus longue que les externes, atteint précisément le sommet du triangle. La Lysarele brasiliensis présente, selon M. Kinberg, la même particularité.

Le corps est Irès-atténué en avant; il augmente graduellement de diamètre en arrière, mais ce n'est guère que vers le soixante et dixième segment qu'il atteint sa largeur maximum.

Les pieds uniramés sont coniques. Le cirre ventral, dont Délie Chiaje a méconnu Texistence, est court, épais, en forme de cône très-comprimé (3 C, h) et dépasse l'extrémité de la rame. Dans la région postérieure du corps il s'allonge beaucoup. Le cirre dorsal respiratoire (3 C, c) est implanté à l'extrémité même du pied; il se recourbe en général vers le dos du ver.

Le pied est soutenu par 7 ou 8 gros acicules, fort longs (3 A), qui sont d'ailleurs très-flexibles. Le faisceau d'acicules de la branchie est formé par des soies plus minces, mais du reste semblables. Entre tes trois grosses papilles obtuses qui terminent la rame, sort un faisceau unique de soies simples. Ces soies, qui se terminent en pointe fine, sont bordées dans leur moitié terminale de deux marges striées (3 B).

Le système nerveux, dont les grands, traits sont semblables à ceux des

autres Eimiciens, m'a présenté une particularité liistologique que je ne connaissais pas encore dans cette famille. Les deux moitiés du cordon nerveux ventral, intimement unies, sont formées par des fibrilles ondulées à peine commensurables, mais sur leur surface supérieure reposent trois fibres tubulaires gigantesques, rappelant celles des Oligocliètes. Sur les coupes transversales elles se distinguent très-nettement comme trois cercles larges de 0'""',04 (4, q). Le diamètre du cordon nerveux lui-même est de 0'''™,4. Les mêmes sections verticales, colorées par du carmin et conservées dans du baume de Canada, permellent encore au bout de six mois de reconnaître les coupes de ces trois fibres avec autant de netteté qu'au premier jour. Ces sections me paiaissent présenter en outre un faisceau de quatre ou cinq fibres tubulaires, un peu plus minces, de chaque côté de la chaîne nerveuse, aux deux extrémités de l'axe transversal de la section. Je n'ai pas reconnu l'existence de ces fibres-là dans les préparations fraîches, mais je pense néanmoins devoir attirer l'attention des anatomistes sur cette apparence.

Grâce à sa taille, la Halla parlhenopeia est éminemment propre à permettre des sections minces du corps en sens divers, .l'ai fait ces coupes de même que celles de nombreuses autres espèces d'Annélides, sur des individus que j'avais jetés vivants dans de l'alcool absolu, d'après le conseil de M. 0. Schrôn, professeur d'analomie pathologique à l'Université de Naples. Ces coupes qu'on peut colorer à l'aide d'une faible dissolution de carmin dans l'ammoniaque, el conserver dans du baume de Canada, après les avoir privées de toute leur eau, ces coupes, dis-je, se font avec une régularité extrême, et sont d'une grande utilité pour la connaissance de la position relative des organes. Je les crois préférables à celles faites sur des individus desséchés.

J'ai représenté (pl. XXXI, fig. i) une section traiisvers;ile de la H. parlhenopeia, pour les détails de laquelle je renvoie à l'explication des planches annexées à ce IMémoire. J'insisterai ici particulièrement sur la distribution des muscles, parce qu'elle est à peu près la môme dans la majeme pai tie des Annélides errantes, et que celle ligure pourra servir

liO ANIVÉLIDES CHÈTOPODES

fie type. Elle est d'ailleurs assez neuve, et mérite par conséquent d'attirer l'attention. En effet, les coupes d'Annélides publiées jusqu'ici par différents auteurs, tels que M. de Quati efages et moi-même, sont plus ou moins schématiques et idéales. Seuls peut-être Rathke' et M. Schneidernous ont donné de véritables coupes dessinées d'après nature. Toutefois la section de la Nereis jmlsatoria^ telle que nous la devons au premier de ces savants, a été figurée sur une trop petite échelle pour avoir permis l'indication de certaines particularités remarquables. Quant aux coupes de M. Schneider, faites dans un but déterminé, elles ont laissé de côté une foule de détails d'organisation qui n'avaient rien de commun avec le but poursuivi par l'auteur'.

Chez la H. parlhenopeia les muscles longitudinaux forment quatre bandes: deux supérieures (pl. XXXI, fig. 4, a) et deux inférieures (6), Les premières ont la forme de laiges gouttières, dont la concavité regarde la cavité périviscérale. Les secondes forment des gouttières plus profondément creusées, de sorte que leur section ressemble à un u . Dans leur concavité repose un lacis de vaisseaux sanguins. Les fibres musculaires sont groupées en faisceaux de forme lamellaire, que M. Schneider a été, à ma connaissance, le premier à signaler chez les Annélides. Ces lames ont une direction perpendiculaire à la surface du corps. Elles donnent à la section des muscles longitudinaux une apparence striée très-parli-

' De Bopyro et Néréide. Rigae et JJorpali, 1837, tab. Il, fig. 12.

- Monographie der Nemoioden. Berlin, 1866, p. 328, tabl. XXVll, fig. 3-8.

5 M. Schneidei', dans rouvi age précité, a tenté de classer les vers d'après l'organisation de leur système musculaire. Cet essai, fort digne d'attention et révélant des points de vue nouveaux, me paraît présenter les avantages et les inconvénients habituels de toute classification artificielle. Les divisions qui en résultent sont fort claires sur le papier. Mais on ne larde pas à rencontrer des animaux qui ne peuvent être logés dans aucun com|)artimenl du cadre. M. Scinièldcr conserve la division des vers en deux groupes, l^latyi;lntintlies et Nemalclniinllies, telle qu'elle a été proposée par M. Vogt. Mais, pour lui, les Platyelminthes, c ompi'enant lesïréinalodos, les Dendrocèles, les llii udinées, les Onychopliores, les Cestoïdes et les Rhabdorèles, sont caractéi isés par la cir constance que les fibres nmsculaires sont logées dans la peau, tandis que chez les Nématelminthes, conqirenant les Nématodes, les Chétognatbes (Sagittes), les Gytnnotomes (Ramphogordius), les Chétopodes, les Acanlhocéphales et les Géphyriens, la peau et les muscles forment des couches distinctes. Toutefois, même celle division primordiale souffre des exccsplions. Les Telepsavus, par exemple, ne présentent point les caractères musculaires attribués aux Nématelminthes. Les divisions secondaiies nie paraissent également mal délinutéts dans plusieurs cas.

ciilière, car elles ne sont point planes, mais légèrement ondulées. Les fibres qui les composent sont linéaires et complètement dépourvues de nucléus. M. Schneider a déjà relevé ce fait II est difficile d'apprécier leur longueur. Elles s'étendent dans tous les cas à travers un trèsgrand nombre de segments^ peut-être même d'une extrémité du ver à l'autre. M. de Quatrefages, à l'exemple de Cuvier (réfuté cependant Irèsexpressément par Meckel), n'accorde aux fibres longitudinales rpie la longueur du segment auquel elles appartiennent. Par leurs deux extrémités, elles sont censées s'insérer sur des raphés cartilagineux intersegmentaires. Il sulïit de considérer une coupe longitudinale ou tangentielle, telle que la tig. 4 A, pour s'assurer que ces raphés n'existent point. La méprise des savants qui en ont admis l'existence s'explique toutefois sans peine. Les bandes musculaires sont légèrement plus épaisses dans les segments, plus minces au contraire dans les constrictions intersegmentaires. Il est facile de s'assurer que dans les segments les faisceaux de fibres sont entièrement indépendants les uns des autres, simplement juxtaposés comme les fibres musculaires des insectes. Au contraire, au niveau des constrictions intersegmentaires, tous les faisceaux adhèrent entre eux, grâce à l'existence d'une masse interfibrillaire peu abondante qui joue le rôle de ciment. Néanmoins les fibres passent sans interruption d'un segment à l'autre. C'est sans doute la région d'adhésion réciproque des fibres qui aura donné lieu à l'illusion d'un raphé.

Les fibres transversales sont plus variées dans leur disposition que les fibres longitudinales. Elles sont d'ailleurs connue celles-ci linéaires et dépourvues de noyau. On en trouve une couche plus ou moins épaisse immédiatement au-dessous de l'hypoderme ((ig. 4, c). Une gaine musculaire (e) enveloppe le vaisseau ventral sans adhérer aucunement à sa paroi (l). Une autre gaine de fibres transversales forme un tube {[) autour du système nerveux central '. Enlin, de gros faisceaux de fibres (d)

' On voit (ju'il n'existe aucun tronc vasculaire longitudinal sous le système nti veux. Je ne sais pouiquoi M. Williams apfielie le vaisseau ventral siib-ij(i)i(jlionic Irunk ou svb-iieural irunk chez les AnntMides l, voyez Report on l.lie british Annelida, p. 186 . Il est au contraire toujours placé sur la chaîne ganglionnaire.

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naissant de la paroi latérale du corps, forment une espèce de plancher à claire-voie qui sépare la chambre supérieure de la cavité périviscérale(0 des deux chambres inférieures (u et u'). Ces libres s'accolent à la gaine du système nerveux et se continuent en un système de fibres circulaires (g) disposées tout autour de chaque chambre périviscérale inférieure, et du muscle longitudinal inférieur. Les muscles moteurs des soies sont formés par une partie des fibres de ce plancher. Dans les sections langentielles (4 A), le plancher musculaire est toujours distordu (é), ou même enlevé par suite de l'absence de connexion avec les parties voisines.

Les trois chambres de la cavité périviscérale sont les homologues de celles que j'ai décrites en détail chez les Polyophthalmes dans mes Glanures. Elles existent chez beaucoup d'Annélides, en particulier chez la majorité des Annélides errantes. Cette distribution n'est pourtant point constante. Nous verrons en particulier plus loin une exception constituée par les Glycères.

Je renvoie pour d'autres détails anatomiques au Mémoire de Délie Chiaje.

Le savant napolitain a déjà remarqué que lorsque la Halla pàrlhenopeia est en voie de mourir, elle émet un liquide brun-violacé fort abondant. Ce liquide teint aussi falcool dans lequel on conserve l'animal. Son activité colorante est très-intense et se communique à tous les objets. Dans l'alcool la H. parthenopeia perd du reste sa belle couleur orangée et devient noirâtre avec des rellets irisés.

TRIBU DES LOMBRINEHEIDES (schmarda).

Genre LYSIDICE ' Savigny.

(l'ALOLO (Giay) Mac-Donald.)

LVSIDICE MARGARITACEA.

Pl. VIII, lig. 3.

Corpus hiif/itndine 7-5'°"% latitudine 1,5""" flavo-margarifaccunt, segmciitis iilfra 200. Lohus cephalkus marg'me frontali profiiiide uiciso, antennls hrevlhus, hasin versus timiidis. Acicida nigra, apice pallido.

Celte Lysidice, la seule que j'aie rencontrée dans le golfe de Naplfis est colorée d'un jaune pâle à reflets nacrés. Toutefois les femelles, lorsqu'elles sont pleines d'œnfs, prennent dans toute la région occupée par ceux-ci une teinte rose, à travers la pielle on aperçoit la couleur brunâtre de l'intestin. Chez les mâles la région occupée par les zoospermes est d'un blanc laiteux.

Le lobe céplialique est bilobé. Les antennes sont plus courtes que lui, et renflées à la base, En avant et en dehors des antennes externes sont les yeux, sous la forme de taches noires, semi-lunaires, avec un cristallin en dehors.

Le segment buccal est presque aussi long que les deux suivants, en supi)Osanl que le second anneau, privé de pieds, soit un segment distinct \

Les pieds uniramés sont courts, coniques (fig. 3 D), avec une proéminence terminale dans laquelle pénèti'e la pointe de l'acicule. Cette proéminence sépare l'un de l'autre les deux faisceaux de soies. Ces dernières sont des soies normales de Lysidice: au faisceau supérieur des soies simples (3 A) dont l'extrémité est recourbée en faucille, et au faisceau inférieur des soies composées à serpe bidentée (3 B). A ce faisceau s'ajoutent, sauf dans les segments antérieurs, quelques soies simples sous la forme de vigoiu'cux crochets bidentés (3 C). Le cirre dorsal, subulé, implanté sur la

' iM. Willinms <l M. Kiniicrg (''crivont Li/cidire sans donnei' déraisons en favenr de celh^ nindiMcalion.

- Chez la jilnpai t des Lonibi inéréides le |ii cniier segnicnl séligèi e esl iii étédé de denx anneanx dé- |Joui'vns de pieds, comme l'ont vu presque Ions les auteurs. Dans son Manuel M. de Onatielages néglige celle circonstance. 11 en résulte une certaine obscurité, cai' l'on ne sait si ces deux anneaux sont considérés par lui comme deux segments ou comme un segment buccal bi-annelé. .le suppose cependant qu'il adopte celte dernière opinion pour les Lombi'inéréides comme il [larait l'avoir adoptée pour cei lains iiinuicides

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base de la rame, est un peu plus long que celle-ci ' ; le ventral, beaucoup plus court, est plus rapproché de l'extrémité de la rame.

J'ai longtemps hésité à considérer celte espèce comme la L. Valenlina Sav.', dont Savigny ne nous a laissé qu'une diagnose trop brève, à laquelle est venue s'ajouter la description faite par M. de Quatrefages, d'après un individu mutilé et, qui pis est, conservé dans l'alcool Mais Savigny indique positivement que le bord frontal de ses Lysidices est arrondi et non bilobé*, et que les acicules sont jaunes et point noirs. Ce dernier caractère peut sembler futile. Cependant Savigny l'a souvent employé comme caractère spécifique et, je crois, avec raison. L'expérience enseigne que la coloration des acicules est fort constante.

Genre LUMBRICONEREIS Blnv. (Qtrfg. rec.)

(Incl. ZYGOLOBUS GYnh&\ ARACODA Schmarda e.)

M. de Quatrefages considère l'absence d'yeux comme un caractère du genre Lombrinère. Ce caractère devra dorénavant être abandonné, car nous décrivons ci-dessous une véritable Lombrinère munie d'yeux.

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