ÏEREBELLA SlILCIGERA
Pl. XVIII, fig. 5.
Corpus longitudine 35""", latitudine 5""", segmentis circa 60, flavuni, pallidum. Tori uncinigeri anteriores utrinque sex, série uncinorum progressivorum unica, cœferi onmes seriebus binis ingredientibus anteriore progressiva, posteriore retrogressiva instructi. Tentacida paUida, nuinerosissima ; scuta sternalia usque ad segmentum setigerum nonum.
Cette espèce par son faciès rappelle la précédente, dont il est pourtant facile de la distinguer, soit par le nombre des pharètres qui est bien plus considérable, soit par la forme très-différente des plaques onciales (fig. 5). Dans la région postérieure du thorax et à l'abdomen, les deux rangées de plaques onciales sont plus distantes que dans la région antérieure et séparées l'une de l'autre par une vallécule assez profonde qui parcourt le tore uncinigère d'un bout à l'autre. Cette disposition est représentée de profil dans la fig. 5 A. C'est à elle que l'espèce doit son nom spécifique. Sans doute cette particularité existe plus ou moins chez toutes les Térébelles, mais nulle part je ne l'ai vue aussi accusée que chez celle-ci. Souvent les tores sont très-distendus et la vallécule, subissant une extension maximum en son milieU;, prend la forme d'une ellipse, sur tout le pourtour de laquelle sont distribués les crochets. Les crochets sont, comme on le comprend, progressifs en avant du grand axe de l'ellipse, rétrogressifs en arrière. L'existence de la vallécule facilite l'action des petits crocs aviculaires lorsqu'ils enfoncent leurs restres dans les parois du tube.
Une seule paire d'organes segmentaires s'ouvre au premier segment et s'étend jusqu'au sixième. L'entonnoir de la branche interne présente un mouvement vibratile très-intense.
Taches oculaires nombreuses (une cinquantaine de chaque côté).
Genre HETEROPHENACIA Qtrfg.
Syn. NEOrm Mlingr. ; GHYIMA MImgr., et TIIELEPUS (Leuck.) MImgr.
HETEROPHENACIA NLCLEOLATA.
Pl. XVIll, lig. 8.
Corpus longihidine 2"''^\5 (feminœ maturœ), viride, branchiis filiformibus rubris. Segmenta anteriora tria toris uncinigeris destituta, pJiaretras tamen dorsiiales gerentia ; segmenta sequentia decem toris uncinigeris seriem unicam imcinorum retrogressivorum prœhentïbus instructa ; a segmento quarto decimo tori uncinigeri \seriem paraholicam uncinorimi gerunt, cujus ramus anterior progressiviis, posterior autem retrogressivus est.
La distribution des plaques onciales est toute différente chez cette espèce de ce qu'elle est cliez les Térébelles. Je suis porté à croire qu'un grand nombre d'autres Hétérophénacies se comportent de même. Cette hypothèse gagne encore en vraisemblance lorsqu'on voit une Phénacie, décrite plus loin, présenter cette même disposition de crochets. Or les Phénacies sont bien plus proches parentes des Hétérophénacies que celles-ci des Térébelles et des Hétérotérébelles.
La disposition remarciuable des plaques onciales consiste en ceci : d'abord les rangées antérieures au lieu d'être progressives, comme chez les Térébelles, sont rétrogressives. Puis à partir d'un certain segment, dans le cas particulier le 14™" sétigère (H'"» uncinigère), l'extrémité externe, soit dorsale de la rangée se recourbe en arrière, puis en dehors, pour venir former une seconde rangée parallèle à la première. En d'autres termes les crochets forment une parabole dont le sommet est à l'extrémité dorsale du tore uncinigère. Les deux branches restent parfaitement parallèles et ne se rapprochent point l'une de l'autre à l'extrémité sternale du tore. Les crochets conservent toujours la même position dans la série, mais, par suite de la courbe de la parabole, ils sont progressifs dans la branche postérieure, puisqu'ils étaient rétrogressifs dans
la branche antérieure : •' ^ J ^-4. Les plaques onciales sont identiques par
leur forme à celles des Phénacies.
Une autre particularité relative aux soies, c'est qu'il existe trois segments à pharètre sétigère dépourvus de tores uncinigères. Chez les Térébelles il n'y en a généralement qu'un seul dans ce cas.
Les branchies sont disposées en rangées transversales au nombre de six sur le premier segment et de quatre sur le second. En réalité, les quatre branchies internes du premier segment naissent deux à deux comme d'une base commune et offrent, par conséquent, l'apparence d'un V.
Ce petit Térébellien présente un grand nombre de taches oculaires comme presque tous les jeunes individus appartenant à celte famille. Il s'agit pourtant bien d'une forme adulte qu'on rencontre souvent pleine d'éléments sexuels. Les ovules présentent même une petite particularité très-constante, qui suffit à faire reconnaître l'espèce. Elle a donné lieu au nom spécifique: La vésicule germinalive renferme une grosse tache de Wagner (fig. 8, a), à peu près centrale, et une seconde, plus petite (8, b) excentrique. M. Mecznikow fut le premier à reconnaître la constance de cette seconde tache que je n'ai retrouvée chez aucun autre TérébeUien.
Les tentacules sont incolores.
Genre PHENACIA Qtrfg.
Les Phénacies sont extrêmement proches parentes des Hélérophénacies, et ne s'en distinguent réellement que parce que les pharètres, au lieu d'exister dans toute la longueur du corps, sont restreintes à la région antérieure. Placer ce genre à côté des Térébelles, dans une autre tribu que les Hétérophénacies, c'est rompre les affinités naturelles de la manière la plus évidente.