‹ Les annelides chétopodes du Golfe de NaplesChapitre 5 sur 69 · POLYNOE SPINIFERA · texte numérisé non relu

POLYNOE SPINIFERA

Polynoii spinifera Ehlers, Die Bôrstenwiirmer, p. 95, pl. III, fig. 1-4, 6. Polynoë spinifsra Quatrf., Hisl. natur. des Ann. I, p. 236.

Pl. Il, fig. 4

La Polynoë spinifera, découverte par M. Ehlers dans le golfe de Quarnero, existe au.ssi dans celui de Naples. Les seules différences que je constate entre mes exemplaires et ceux décrits par M. Ehlers ne sauraient avoir grande importance. Ce sont surtout des différences de coloration. Les élytres des individus de Quarnero sont d'un gris violet avec des taches sombres tantôt plus, tantôt moins accusées. Chez les individus de Naples, la couleur est plutôt verdâtre, variée de taches obscures. En revanche la bande transversale blanche, placée sur le dos en arrière du lobe céphalique, est parfaitement constante. Une autre différence est relative à la couche de chitine luisante (jue M. Ehlers décrit sur le bord de la tête et du tubercule frontal. Cette couche, qu'on retrouve chez tant de Polynoés et à laquelle MM. Kinberg et Malmgren donnent une importance générique, est remplacée chez les individus de Naples par un

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épais stratum bnin obscur. Enfin, le bord dos élytres, que M. Eblers décrit comme entier, m'a présenté, il est vrai à de grands intervalles, de très-petites franges on plutôt des tubercules peu saillants.

Du reste, j'ai suivi point à point la description si circonstanciée de M. Eblers et je ne puis que confirmer sa belle étude jusque dans les plus petits détails, sauf les légères restrictions que je viens d'indiquer, .le ne saurais en effet mettre d'importance à l'existence des soies nerveuses qui forment un faisceau sur cliacune des papilles tactiles (fig. 4) des antennes et des cirres et que M. Eblers n'a su voir. En effet, ces soies, qui existent très-décidément, sinon cbez toutes les espèces du moins cbez beaucoup, ne sont perceptibles chez celle-ci qu'à l'aide de lentilles à immersion et d'un excellent éclairage.

Je compléterai la description du système digestif en signalant dans la paroi de la partie postérieure de l'intestin des cellules atteignant parfois le diamètre de 22 micr., et renfermant de nombreuses concrélions spliériques jaunes, le plus souvent soudées deux à deux ou trois à trois. Celte particularité d'organisation rappelle la région urinaire de l'intestin des Syllis dont nous aurons à parler plus tard.

Mais le point sur lequel j'ai à faire la plus importante adjonction aux observations de M. Elilers concerne l'élaboration des éléments sexuels chez les femelles. Ceux-ci se présentent dans des conditions si exceptionnelles, qu'il est dilficile de comprendre comment ils n'ont pas frappé un observateur aussi habile que M. Ehlers. Cette circonstance laisse toujours subsister chez moi l'arrière-pensée que les petites différences signalées plus haut entre les P. spinifera du Quarnero et celles de Naples proviennent peut-être d'une différence spécifique.

Quoi qu'il en soit, les femelles adultes observées par moi en décembre (M. Ehlers les avait vues en juin) renferment des œufs dans tous les stades de croissance, dont les plus gros ont un diamètre de 0'n»\16. Ces œufs ne sont point isolés, mais flottent par groupes dans le liquide périviscéral. La liaison des œufs d'un même groupe n'est point accidentelle, ni même superficielle: elle est organique. En effet, chaque groupe doit être considéré comme une sorte d'ovisac à paroi résistante et divisé en compartiments (4 A à D). C'est ce que nous pourrions appeler un «groupe

ovariqiie. » Le nombre des compnrtiments de chaque groupe ovarique varie de deux à dix ou douze. Les chiffres de 4 à 6 sont les pkis fréquents. Dans les groupes arrivés à maturité, il existe d'ordinaire un, ou plus rarement deux ovules beaucoup plus petits (a), de couleur jaunâtre, dépourvus de vésicules germinatives, qui paraissent arrêtés dans leur croissance et comme atrophiés. La paroi des compartiments ovariques est épaisse et diaphane. Quelquefois elle montre en un point un nucléus qui semble indiquer une origine cellulaire. Les ovules sont probablement mis en liberté par déhiscence de la paroi des compartiments ovariques. Les groupes ovariques remplissent toute la cavité périviscérale en arrière du onzième segment.

Lorsque je fis cette observation, il s'agissait pour moi d'un fait entièrement nouveau chez les Annéhdes. Depuis lors j'ai appris à connaître un second cas analogue, celui des Owenia (Àmmochares Grube), auquel je renvoie comme ayant été étudié d'une manière beaucoup plus complète. Il est probable que chez notre Polynoé, comme chez les Owenia, les groupes ovariques sont dans le principe adhérents à la paroi du corps, et qu'ils ne s'en détachent que plus lard.

La P. spinifera est encore une des espèces dans lesquelles on peut reconnaître les cils vibratiles de la cavité périviscérale, bien qu'elle ne soit point aussi propice à cette étude que l'espèce précédente.

La P. spinifera paraît rentrer dans le sous-genre Harmolhoë de Kinberg.

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