‹ Les annelides chétopodes du Golfe de NaplesChapitre 54 sur 69 · Branchiomma vesiculosum, var. NeapoUlana · texte numérisé non relu

Branchiomma vesiculosum, var. NeapoUlana

Amphitrile vesiculusa Montagu, Linn. Trans., XI, p. 19, tab. v, fig. i.

» » Lamarck, Animaux sans vert , 2"'^ édition, p. 610.

Sabetla vesiculosa Johnst., Ann. and Mag. of Nat. Hisl , XVI, p, 449.

» )> Edwards, Règne animal illustré, pl V, fig. 3.

)' 9 Grube, Familien der Anneliden, p. 88.

» » Williams, Report of Brit. Assoc, 1851, p. 205, et Ann. and Mag., XII, p. 295.

» »> Jolmstun, Catalogue ol'Worms, p. 259.

B » Qlrfg., Histoire naturelle des Annelés, II, p. 450.

Pl. XXII, fig. 5.

' M. Kôlliker a déjà décrit un axe cartilagineux dans les tentacules de la Basydwm Bombyx {loc. cit., p. 539).

Corjnis ii""' loiigum^ latUudine obscure vinosmn, cdho tenuissime punctatuin, collari aïhicaiite, hrmchiis albo anmiïatis, toris tmciiiigeris thoracieis sternum versus macula rubra minuta ornatis. Segmenta thoracica octo. Coïlare bïlobum.

Il ne m'est pas possible de différencier les individus de la mer de Naples de ceux que les auteurs ont décrits de l'Océan. Leur taille est un peu supérieure, mais là se borne la différence. Je ne puis, en effet, attribuer une grande importance à la coloration des branchies (olive green, mottled with gray Montagu); ces organes offrent en général peu de fixité de couleur parmi les Sabellides. La couleur de l'abdomen tirant un peu sur le violet dans l'espèce d'Angleterre, ne peut également caractériser qu'une variété locale'. Le corps est à peu près semblable par son diamètre à celui du Spirographis Spallanzanii, mais la brièveté des branchies, longues seulement de 2^^'^^ à 2 Vî*'*^"'? 6t groupées en un entonnoir conique, brun, à quatre zones blancheS;, détruit toute ressemblance.

Chacune des moitiés de la collerette a le bord entier, mais ces deux moitiés sont séparées l'une de l'autre, du côté dorsal, par un large intervalle concave, au fond duquel se voient deux lobes membraneux, bruns (iig. 5), qu'on pourrait peut-être considérer comme deux autres lobes de la collerette, bien qu'ils soient tout à fait indépendants des premiers.

Les filaments branchiaux sont au nombre d'environ trente-deux de chaque côté et leurs barbules d'une longueur très-remarquable. L'extrémité de chaque filament (5 A) dépasse l'œil beaucoup moins que dans l'espèce précédente. L'œil lui-même est à peu près hémisphérique, large de 0'"'",19, c'est-à-dire relativement beaucoup plus petit que celui du Br. Kollikeri. La largeur des cristallins est de 13 microm.; l'épaisseur de la membrane pellucide 4 microm.

' En revanche, c'est par erreur que M. Leuckart (Archiv fiir Noturg., 1860, Rericht [Separatabdruck, p. 3]) rapporte à la S. vesiculosa Y Atnpliitrite floscula Dulyell (The powers of the Creator, etc., vol. Il, p. 245, pl. XXXI, fig. 9). Cette magnifique espèce ne peut rentrer que dans le genre CZ/owe Kroyer, mais elle se distingue de toutes JcsCliones jusqu'ici décrites par un œil à l'extrémité de chaque lllet branchial. L'Histoire naturelle des Annelés la passe sous silence, comme toutes les espèces de Dalyell, les ouvrages de cet auteur étant restes inconnus à M. de Quatrefages.

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Les boucliers ventraux sont entiers au thorax, divisés à l'abdomen par le sillon copragogue. Celui-ci (5 B, b) passe au dos du côté droit', en se divisant en deux branches, dont l'une passe entre le dixième et le onzième, l'autre entre le neuvième et le dixième segment. Ces deux branches confluent en dehors du bouclier ventral du dixième segment, et la partie droite de ce boucher, d'ailleurs bien plus petite que la gauche, se trouve comprise entre elles, comme entre les bras d'un fleuve. Puis le sillon copragogue continue obliquement sa marche sur le côté du neuvième segment et atteint la ligne médiane dorsale au huitième. A partir de là, il continue son chemin sur la ligne médiane dorsale, jusqu'à l'extrémité antérieure.

Le tube du ver est encroûté d'un sable très-fin. D'après Montagu, l'espèce des côtes de la Grande-Bretagne aurait son tube couvert de petits cailloux. Cette ditïérence tient peut-être uniquement à une nature autre du fond de mer sur lequel vivent les individus dans les deux localités. Cependant il est possible qu'une étude plus approfondie conduise à établir une diff'érence spécifique entre ces deux variétés.

Je ne suis pas parfaitement certain que le Br. Kollikeri ne doive pas être considéré comme le jeune âge du Br. vesiculosiim., d'autant plus que les deux seuls exemplaires que j'aie reçus de ce dernier étaient en état de maturité sexuelle, et le Br. Kollikeri pmais. La coloration, bien que très-différente, offre ce trait commun que l'une des formes comme l'autre est finement piquetée de blanc. Les circonstances qui m'ont empêché de les réunir sont l'absence d'intermédiaires, la forme de la collerette, le port tout autre des branchies, l'absence des deux filaments branchiaux à position spéciale et le manque de follicules mucipares dans les antennes chez le Br. vesiculosum.

' Montagu ditaw côté gauche, mais il a pris le dos pour le ventre. Cette erreur s'est perpétuée pour toutes les Sabelles jusque dans le Catalogue de Johnston (1865); M. Williams l'étend à tous les Serpuliens chez lesquels il représente les plaques onciales thoraciques comme appartenant à la surface dorsale.

il 66)

Genre LAONOME Mlmgr.

M. Malmgren a séparé du genre Sabelle sous le nom de Laonome les espèces qui ne portent sur chaque tore uncinigère qu'une seule rangée de soies, à savoir des crochets très-semblables à ceux des vraies Sabelles. Les soies en pioche leur font totalement défaut.

Laonoaje Salmacidis

Pl. XXIV, fig. 4.

Corpus latitudine 3'"'''\ flavum, segmentis 50, hranchianmi penicillo longo, tenui, fusco annulato ; coïlari ohsoleto ; maculis oculiformihas parimi conspicuis duohiis. Segmenta thoracica octo. Tubm pallidus translucidus, ut cartilagimsiis. — 8pecies hermaphroditica.

M. Mecznikow m'apporta un jour cette Annélide en me l'annonçant comme un nouvel exemple d'hermaphrodisme parmi les Serpuliens. Il ne s'était point trompé. Chez les deux seuls individus que j'aie eus entre les mains, la cavité du corps était rempHe d'ovules et de zoospermes. Les jeunes ovules (4 C), larges de O^^jOâ^, étaient parfaitement transparents, munis d'une vésicule et d'une tache germinative, fort grandes. Les œufs adultes (4 D), larges de 0'"'",07, avaient le vitellus opaque rempli de petites granulations. Les régimes de zoospermes présentaient toutes les phases d'évolution habituelles chez les Annéhdes (4 E, 4 F). Les zoospermes mûrs ont une tête tronquée en avant, de grandeur assez variable. La forme de cette tête est celle d'une urne large et ventrue.

Dans chaque moitié de l'appareil branchial, j'ai compté jusqu'à seize branchies pectinées, dépourvues d'yeux, puis de cliaque cùté, auprès des tentacules, un lilet simple, sans barbules, mais renfermant un vaisseau comme les branchies.

Le premier segment thoracique n'a que les soies dorsales, qui sont de deux espèces, comme dans le reste du corps. Les soies supérieures du faisceau sont en arête, à peine

• Dédiée à la nymphe Salmacis, qui, éprise d'Hermaphrodite, obtint des dieux de ne faire qu'un seul corps avec lui.

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géniculées et finement dentées (4 A) sur le bord de l'arête ; les inférieures sont relativement plus grosses (fig. 4) et bordées à l'extrémité d'un large limbe qui s'atténue brusquement pour former la pointe acérée, mais molle, de la soie. Au second segment thoracique commencent les crochets aviculaires (4 B), très-semblables à ceux des Sabelles. L'interversion des soies a lieu aux segments '/s-

Bien que le sang soit vert comme dans la majorité des Serpuliens, les anses vascnlaires latérales paraissent brunes par suite d'un vêtement de cellules pleines de pigment.

Genre DASYCHONE Sars*.

(? CLYMENEIS H. Rathke.)

Dasychone Lucullana.

Sabella Lucullana Délie Chiaje, Memorie, III, p. 226, tav. XLii, p. 23. — Descrizione, III, p. 72, et V, p. 94, tav. 96, fig. 23.

Sabella Lucullana Grube, Arcliiv (ïir Nalurg , 1846, XII, p. 46, lut', ii, fig. 3, etFam. der Annel., p. 88. (Non Sabella Lucullana Sars, Reis. i Lof. og Finm. Nyt Mag. for Nalurv., 1849, p 82.) Sabella potyzonos Grube, Archiv fiir Naturgescli. XXIX, 1863, p. 63, taf. vi, lîg. 5. Sabella Lucullana Qlrfg., Histoire naturelle des Annelés, II, p. 442.

Pl. XXX, fig. 4.

Je ne puis que confirmer les recherches de Délie Chiaje et de M. Grube sur cette espèce ^ .l'ajouterai que le nombre des pinnules dorsales aux branchies est soumis à de nombreuses variations même chez les adultes (huit à douze paires). Les yeux présentent naturellement les mêmes variations, puisqu'une paire d'yeux accompagne régulièrement une paire de pinnules. Ils sont composés comme ceux de la Dasychone Bombyx et ceux des espèces étudiées par M. Sars, mais bien moins développés que

• C'est dans ce genre que rentre YAmpiiilrile B'^mbyx Dalyell, dont la synonymie doit être établie de la manière suivante :

DASYCHONE BOMBYX.

Amphitrite Bombyx Dalyell, The powers of the Creator, etc., 1853, p. 236-244, pl. XXXI, fig. 1-7,

et pl. XXXH, fig. 1-13.

Branchiomma Dalyelli KôUiker, 1858, Zoitscli. fiir wiss. Zool,, IX, p. 536. Dasijchone Argus Sars, 1861, Bidrag til Kundsk. om Norges Annelider, loc. cit., p. 34. Dasychone Argus Mlmgr., 1865, Nordiska Hafs-Annulater, loc. cit., p. 403. Dasychone Dalyelli Mlmgr., 1867, Annulata polychaeta Spetsbergiaî, etc., p. 115.

• La couleur de cette Dasychone étant assez variable, je ne puis reconnaître la Sabella polyzonos Grube comme en étant spécifiquement distincte.

ceux des Branchiomma. Quant aux taches violettes qu'on voit aux côtés des segments, elles ne renferment pas de cristallin. Sur le dos du premier segment sont constamment deux petites taches allongées, semblables aux taches oculaires dépourvues de cristallin de tant d'Annélides.

Les cellules du cartilage branchial renferment une figure étoilée, due à des traînées de protoplasma granuleux, qui partent du nucléus. Un prolongement du cartilage pénètre dans chaque pinnule dorsale.

Le système vasculaire présente quelques particularités clignes d'intérêt : d'abord une gaine vasculaire enveloppant l'intestin comme chez la plupart des Serpuliens; puis des anses latérales portant toute une série d'appendices contractiles aveugles. Une disposition semblable n'existe, à ma connaissance, parmi les Serpuliens que chez la Protula DysteriUuxL, où M. Huxley l'a décrite. Une partie des appendices contractiles sont simples, d'autres ramiliés. Les anses transversales ont leur paroi recouverte d'une couche multiple de cellules (tig. 4, b), qui fait entièrement défaut aux appendices aveugles. Est-ce peut-être la couche dans laquelle se forment les éléments générateurs? Je n'ai pas d'observations sur ce point.

Les femelles portent leurs œufs fécondés comme un collier autour de la partie antérieure de leur tube, ainsi que Délie Chiaje et M. Grube l'ont déjà vu.

Les figures 4 A, 4 B et 4 C représentent les soies. '

Genre DIALYCHONE.

Sabdlidce regione tJioracica hamis mamibrio longo armata insignes; hranchice memhrana palmari pinnisque dorsualibus omnino destitutce. Coïlare integrum.

Ce genre est très-voisin des Chone Krôyer (Àrripasa Johnst.) et des Euchone Mlmgr. Il partage avec eux le caractère remarquable de crochets à long manubrium, crochets qui paraissent exister aussi dans le genre Bispira ' Kroyer (Distylia Qtrfg.), à en juger par les recherches de

' Ce genre a été établi dès l'nnnée 185G par M. Krôyer {Meddelelsev om Ormeslâciten Sabella, isaerdens

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Ralhke sur la Bispira volutacornis (Amphitrite volutacornis Montagu). Toulefois l'un des caractères essentiels des Chones et des Euchones, savoir la membrane interbranchiale, lui fait défaut. Je ne le trouve mentionné du moins nulle part dans mes notes et mes dessins, et j'ai de la peine à croire qu'un tel organe eût pu m'échapper.

DiALYCHONE ACUSTICA.

Pl. XXX, fig. 3.

Corjms longitudinc latitudine ^"™,5, flavescens, branchiis néro anmdatis, l'""'\4

longis. Segmenta thomcica 8, primo ociiîis dorsudïbus duobus mimito. Vesicula auditivce duce.

Les adultes comptent une douzaine de branchies de chaque côté. Elles sont d'un jaunâtre pâle, ornées de sept à dix anneaux rouge cinabre; leur base présente en outre cinq ou six anneaux d'un blanc crétacé, dus à un dépôt de granulations blanches dans l'intérieur des cellules du cartilage. Le pigment rouge est, au contraire, sous-cuticulaire. Chaque branchie se termine par un filament incolore long de 2'"",5, qui apparaît comme un fouet à l'extrémité de la partie barbelée. Le cartilage axial pénètre dans cet appendice.

Le corps du ver est d'un jaune très-pâle, souvent presque incolore, transparent, à boucliers ventraux à peine appréciables. Le segment buccal porte une collerette entière, fendue seulement sur la ligne ventrale jusqu'à la bouche, mais entièrement dépourvue d'échancrure sur le dos. Les tentacules ciliés sont élargis et rouges à la base. En outre de leur vêtement ciliaire serré, court et se mouvant avec ensemble, ils portent quelques cils épars, beaucoup plus gros et battant isolément. Les deux taches oculaires sont dorsales, placées en avant de la collerette. En arrière des soies, le segment buccal présente une ceinture blanche, opaque, qui paraît noire à la lumière transmise.

Les soies des faisceaux dorsaux, aux segments thoraciques, sont de deux espèces: les supérieures plus longues, atténuées à l'extrémité et bordées d'un long limbe strié (3 A) ; les inférieures plus courtes, mucronées à l'extrémité et bordées de deux limbes inégaux (3 A'). Les tores uncinigères dans tous les segments thoraciques, sauf le

NordUke Arter, dans Oversiijl af Kum/l. dariske, Sclskab. Forliandlimjer, 1856, p. 13). L'Histoire naturelle des Annelés ne le mentionne point et crée à sa place le genre Uisltilui (tome 11, p. 421), qui ne saurait avoir qu'une valeur de synonyme. Le même Mémoire de M. Krôyer établit le genre Sabellastarte pour les Sabellœ astartœ de Savigny.

premier, portent une série de crochets à long manubrium (3 B) et extrémité aviculaire, denticulés sur le vertex. A l'abdomen, les tores dorsaux portent des plaques onciales en forme de lames pectinées (3 D), ordinairement à sept ou huit dents, avec la dent inférieure plus forte que les autres. Les soies ventrales sont géniculées (3 C), à hampe beaucoup plus courte que l'arête qui fait suite au genou. Cette arête est bordée d'un limbe finement denticulé.

Le premier segment renferme une paire d'organes segmentaires, sous la forme d'un tube cilié contourné, très-si'mblable à ceux des Amphiglènes et des Dasychones. Tout auprès sont les organes auditifs, consistant en deux capsules entourées d'une couche de larges cellules (fig. 3). L'otolithe est unique, lenticulaire, large de 0""",02 et orné de stries rayonnantes.

L'œsophage est pour ainsi dire nul, car l'intestin biliaire commence aux segments '/„. Le premier des étranglements qui lui donnent une apparence moniliforme, est au niveau des segments A partir de là, les dissépiments échancrent de plus en plus l'intestin et sa gaîne vasculaire. Celle-ci est le véritable cœur et présente des mouvements alternatifs de systole et de diastole. Le sang est d'un vert rougeâtre.

Les zoospermes (3 E) ont une tête ovoïde, surmontée en avant d'une petite pointe conique, qui réfracte la lumière d'une manière spéciale.

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