BrANCHIOMMA KÔLLIKERI
Pl. XXII, llg. /(..
Corpus longittidine 4-5'"''^\ latitudine 2""",5-3, palïide flavescens, segmmtis 80, hrancMis fusco-violaceis, hrunneo cmnulatis. Filcmenta branfMalia dorsualia duo ocidis majorihus prœdita, fere semper creda, ventralia omlis destitida duo. Segmenta thoracica octo.
Ce Branchiomma est très-remarquable par la manière dont il étale son panache branchial (fig. i), et par sa sensibilité aux impressions visuelles. Dès qu'il sort de son tube arénacé, ses filaments branchiaux retombent en courbe douce tout autour de l'extrémité antérieure. Seuls, les deux filaments dorsaux médians, porteurs des deux yeux un peu plus gros que les autres, se redressent comme deux antennes. Au moindre mouvement dans l'air, mouvement de la main par exemple, à plus d'un mètre de la surface de l'eau, tous les Branchiomma de mon aquarium se retiraient avec la rapidité de l'éclair dans leurs tubes, tandis que les Sabelles aveugles restaient parfaitement indifférentes et immobiles.
Les yeux (4 A) sont piriformes, adnés au côté concave de la branchie à une petite distance de l'extrémité. On compte jusqu'à trente cristallins dans la section optique d'un seul œil. Ils sont piriformes, la pointe cachée dans le pigment central violet. Leur diamètre est de 0""",015. Celui de la cuticule pellucide ' qui les recouvre atteint 0'°'°,004.
' Je ne sais si la Sahella candelu Grube devra rentrer dans te genre. 11 semble toutefois peu proltable que les appendices terminaux portés par les branchies soient des yeux. (Voyez Archiv fiir Naturf/psch., XXIX, 1863, p. 60, taf. VI, fig. 8 )
- Je pense, avec M. Ilensen, qu'il convient de ne pas étendre le nom de cornée à la membrane pellucide des yeux de la plupart des invertébrés.
424 ANNÈLIDES CHÈÏOPODES
Les deux branchies ventrales les plus rapprochées de la ligne médiane sont plus courtes que les autres et dépourvues d'yeux.
Les tentacules sont au nombre de deux paires, toutes deux ciliées. Les inférieurs sont les plus grands et s'étendent en dehors en un lobe membraneux discoïdal, renfermant un réseau vasculaire, fort riche. Les supérieurs ont un axe cartilagineux'. Tous renferment un très-grand nombre de follicules bacillipares qui déchargent leur contenu avec une extrême facilité (4 B).
La collerette du segment buccal est profondément divisée en six lobes; l'échancrure dorsale est la plus profonde. Le corps est cylindrique, d'un gris jaunâtre, pâle, très-fmemenl piqueté de blanc. Les taches blanches sont dues à un pigment diffus, disséminé dans la couche sous-cuticulaire, qui ne renferme point de follicules bacillipares. Les boucliers ventraux sont blancs; le sillon copragogue seul est brun. Ce sillon est ventral dans toute la longueur de l'abdomen, mais, à sa base, il passe au côté droit sur la face supérieure et se continue le long de la ligne dorsale du thorax.
Je doute à peine que cette espèce soit la môme que M. Kôlliker a eue sous les yeux. Elle n'est en effet point rare dans le golfe de Naples. M. Kôlliker n'indique, il est vrai, que huit filaments branchiaux, tandis que j'en ai compté jusqu'à trente-deux. Mais cela peut ne tenir qu'à une différence d'âge.