‹ Les anoblis de l'EmpireChapitre 26 sur 47 · Vicomte Révérend : Armorial de l’Empire , II · texte numérisé non relu

Vicomte Révérend : Armorial de l’Empire , II

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il était fils de Noël Hallé et petit-fils de Claude-Guy Hallé, l’uu et l’autre peintres très distingués . Bien qu’il manifestât un goût très prononcé pour la peinture, augmenté par son séjour à Rome (son père était directeur de l’Ecole française de peinture de Rome), le jeune Hallé étudia la médecine.

Remarqué à l’Ecole, il fut appelé dès son doctorat à faire partie de la Société Royale de Médecine, fondée depuis peu (1776); mais les luttes qui eurent lieu entre cette Société et la Faculté de Médecine de Paris firent qu’Hallé n’obtint pas l’autorisation de professer, comme son titre de docteur-régent lui en donnait le droit. 11 consacra alors tout «on temps à l’étude de l’hygiène et de la thérapeutique et, malgré son ardeur à défendre Lavoisier et à secourir les prisonniers pendant la Terreur, il ne fut pas inquiété.

Nommé à la chaire de physique médicale (elle fut, dit-on, créée exprès pour lui) en 1801, à peine âgé de quarante ans, Hallé devint rapidement médecin ordinaire de l’Empereur et membre de l’Institut.

Partisan convaincu de la doctrine de Jenner, il lui fit beaucoup d’adeptes parmi sa nombreuse clientèle et profita d’un voyage en Italie, où, sur l’ordre de Napoléon, il avait accompagné sa sœur, la princesse Pauline Borghèse, pour introduire dans ce pays la pratique de la vaccine.

Orateur agréable, les leçons qu’il fit au Collège de France sur Hippocrate furent très remarquées. Il faut ajouter à sa louange qu’aussi charitable qu’érudit, il fut toujours le médecin des pauvres.

Par décret du 3 décembre 1809, Hallé devint chevalier de l’Empire; mais ses lettres patentes n’ont jamais été expédiées, et nous ignorons ses armoiries.

Atteint de la pierre, il se fit faire la lithothomie par Béclard et mourut huit jours après, le 12 février 1822.

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Son éloge fut prononcé à l’Institut par Cuvier *, Des Genettes et Dubois d’Amiens.

Hallé a laissé une foule de rapports très importants, intéressant surtout l’hygiène et la thérapeutique 1 2.

Heurteloup.

Nicolas Heurteloup naquit à Tours le 26 novembre 1750. Sans fortune, ses débuts furent très difficiles et c’est grâce à une religieuse, Agathe Boissy, qu’il reçut les premières notions de chirurgie.

Nommé chirurgien-élève en Corse en 1770, il profita de son séjour dans l’île pour y apprendre parfaitement l’italien. Chirurgien-major des hôpitaux de Corse en 1782, Heurteloup est mis à la tête de l’hôpital militaire de Toulon en 1786 et il ne quitte ce poste qu’en 1792, pour aller, avec le grade de chirurgien consultant, rejoindre l’armée du Midi et des Côtes. Il y resta jusqu’en 1793, époque de sa nomination au Conseil de santé, dont il fit partie jusqu’à sa mort. Il avait été nommé inspecteur général le 23 frimaire an XII.

Chargé de la direction du service chirurgical de la Grande Armée en 1808, il prépara les hôpitaux de Vienne et d’Ebersdorf où Larrey fit évacuer les blessés d’Essling les 25 et 26 mai 1809 3.

1. Cuvier était lui aussi chevalier de l’Empire par lettres patentes du 23 octobre 1 8 1 1 données au palais d’Amsterdam; il portait : « D’azur au chevron d’or accompagné de trois têtes de pigeons,arrachées d'argent, deux en chef , une en pointe, à la fasce du tiers de Vécu de gueules au signe des chevaliers légionnaires brochant sur le tout » (Arch. nat. :CC., volume 252,f° 206).

2. Voir sur Hallé: Revue historique, nobiliaire et biographique de 186g, p. 462.

3. « L’ancien Conseil de santé avait été supprimé par la loi du « 4 ventôse an IV. Le Directoire l’avait remplacé par des officiers « de santé qui prirent le titre d’inspecteurs généraux du service « de santé (Arrêté du 5 germinal an VII) . Les inspecteurs géné-

Son zèle lui valut la croix de la Légion d’honneur le i5 août 1809, puis la rosette d’officier et une dotation de cinq mille francs de rente en Poméranie Suédoise.

Enfin, par lettres patentes données à Paris le 16 décembre 1810, Napoléon le fit baron de l’Empire, réglant ses armoiries ainsi qu’il suit :

Ecartelé : au 1, de sinople à un dextrochère ganté d'argent, mouvant du canton dextre du chef, heurtant un loup ravissant, le corps contourné d'or, endenté d'argent ; au 2, de sable à trois massues, l’une sur l’autre , en fasce d'or, accolées chacune d'un serpent du même, celle du milieu contournée ; au 3, de gueules à la tour crénelée de quatre pièces d’argent ; au 4, d'or à la tête de Maure de sable, tortillée, accolée et allumée d'argent, avec pendant d’oreille du même ; franc-quartier des barons officiers de santé, brochant au neuvième de l'écu *.

Pour livrées : les couleurs de Vécu, le vert en bordure seulement * 1 2.

Rentré à Pai'is, Heurteloup fut atteint de paralysie et mourut le 27 mars 1812; il était alors premier chirurgien des armées impériales et chirurgien consultant de l'Empereur ; Larrey lui succéda dans ces dernières fonctions 3.

Outre un grand nombre de publications, Heurteloup a laissé deux ouvrages remarquables: Précis sur

« raux étaient à ce moment Coste et Biron pour la médecine, « Villars et Heurteloup pour la chirurgie, Bayen et Parmentier « pour la pharmacie; le secrétaire était Vergez.» Triaire: Dominique Larrey, elc.,p. 118, note 2, et pp.3Ô2 et 4yo.

1. Qui est: de gueules à l'épée en barre , la pointe basse, d’argent. Cet écusson est un des plus compliqués parmi ceux cependant si compliqués que donna la chancellerie de Napoléon, cherchant ainsi à distinguer la nouvelle noblesse de l’ancienne.

Les armes d’Heurtcloup sont, en partie, des armes parlantes.

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