‹ Les anomalies d'ossification des Epiphyses et des petits osChapitre 30 sur 43 · A. — NUTRITION DU COTE DIARTHRODIAL · texte numérisé non relu

A. — NUTRITION DU COTE DIARTHRODIAL

On admet quatre stades successifs :

a) un stade d'accroissement des cellules cartilagineuse ou stade d’hypertrophie.

Les cellules cartilagineuses augmentent de volume au point d'être juxtaposées.

A ce moment, elles ne sont plus séparées que par de minces cloisons de tissu fondamental dites cloisons intercapsulaires. La nutrition est intense au centre même du futur point d'ossification, dans le cartilage ainsi modifié. Elle est relativement très atténuée dans le cartilage encore normal.

b) Stade de calcification.

Les cloisons intercapsulaires se chargent de granulations calcaires, emprisonnant les cellules cartilagi-

neuses dans les mailles d’une sorte de filet. Les cellules qui sont ainsi emprisonnées se flétrissent, se rétractent, se désagrègent.

Celles qui sont situées en dehors s’hypertrophient et se multiplient.

En même temps elles adoptent une orientation qui rest bien évidente surtout qu’au niveau de la diaphyse: à la zone calcifiée fait suite la zone de cartilage sérié. La masse caleaire du point d’ossification est alors constituée, visible en jaune sur les coupes.

c) Stade de vascularisation.

A ce moment le périoste émet des bourgeons vasculaires qui envahissent le point calcifié, résorbant au passage les cellules cartilagineuses désagrégées. En même temps ils entraînent les éléments cellulaires de la couche ostéogène sous-périostale” et comblent, en remplissant les capsules éventrées, l'espace compris entre les vaisseaux et la paroi des cavités qui les contiennent : ce sont les cavités médullaires primitives.

d) Stade d'ossification.

Ces cavités médullaires primitives sont de forme irrégulière, séparées par des travées de substance fondamentale calcifiée : au centre de chacune d'elles un capillaire dilaté, entouré de cellules médullaires, se différenciant peu à peu en ostéoblastes.

Disons en passant que l’on est loin d'être d'accord sur l’origine de ces ostéoblastes :

Henricn MüzLer, RANVIER, GEGENBAUR, JuLIN et REeTTERER admettent qu’ils ont pour ancêtres les cellules cartilagineuses transformées (métaplasie). Lovew, STIÉDA et Rogix admettent que les ostéoblastes sont

des cellules conjonctives qui sont apportées avec les vaisseaux : l'os résulte d’une néoplasie, il se substitue au cartilage mais n’en dérive pas. Enfin certains histologistes admettent que certaines cellules cartilagineuses se détruisent, mais que d’autres se transforment en ostéoblastes.

Quoiqu'il en soit, les ostéoblastes se déposent régulièrement contre la paroi de la cavité médullaire primitive, élaborant sur leur pourtour de la substance osseuse fondamentale qui va bientôt les englober.

Chaque ostéoblaste est devenu une cellule osseuse, et toute la rangée constitue une lamelle.

Telle est la théorie classique et généralement admise.

L’os épiphysaire va s'étendre dans tous les sens, ct va atteindre la surface extérieure de la pièce squelettique et la partie voisine de l'os diaphysaire dont il est séparé par le cartilage conjugal.

L'épiphyse s'accroît par toute sa périphérie comme un os court, constitué par du tissu spongieux aréolaire uniforme.

Les recherches de FRANCERIES lui permettent d’'affirmer, dans son étude du développement et de l’état final de l’épiphyse, que cette dernière se développe comme un os court, mais avec plusieurs points de préossification et une limitante proximale du côté diaphysaire.

Et le cartilage diarthrodial possède le même rôle dans l’ossification de l’épiphyse et des os courts, en fournissant au noyau osseux central tout ce dont il a besoin pour se développer.

Les restrictions précédentes étant faites, l’épiphyse peut donc être considérée comme un os court.

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