NOTION DE PRÉDOMINANCE ÉLECTRIQUE
Nous avons donné à la notion de prédominance électrique son acception la plus étendue. Non seulement nous avons, considéré comme témoignant d’une prédominance droite ou gauche les tracés dont l’aspect se rapprochait de celui du lévogramme ou du dextrogramme expérimentaux, avec une grande amplitude de la déflexion principale, maïs encore, d’une façon plus générale, tous les tracés dans lesquels se voyait l’opposition des ondes principales R ou $S, en DI et en D3, alors même que leur amplitude était normale ou réduite. Nous nous en tenons à la seule notion de «prédominance électrique » qui ne préjuge en rien de l’état anatomique ou du degré d’hypertrophie des ventricules. Il résulte en effet des recherches cliniques ou expérimentales et des discussions qui ont présidé à l’établissement de cette notion, que de multiples facteurs pathologiques et physiologiques peuvent intervenir (1) et que l'accord n’est pas fait sur la valeur sémiologique à lui attribuer dans la majorité des cas.
Dans ces conditions la prédominance électrique, lorsqu’elle se marque indépendamment de toute autre altération du complexe ventriculaire, sera considérée, dans notré étude statistique, non comme une anomalie véritable, mais simplement comme un caractère graphique accessoire (2).
(1) Se reporter aux travaux d’'Einthoven, Lewis, Hering, Vaquez et Bordet, Bridgman, Wilson et Herrmann, Cohn, Meek et Wilson, etc.
(2) D’après les recherches statistiques de Meyer (1926) la seule prédominance électrique n’est d’aucun intérêt pour le pronostic des cardiopathies. Nos re-
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29 MODIFICATIONS DANS LA DURÉE DE L'ESPACE QT 1INDÉ- PENDANTES DES ALTÉRATIONS DE QRS ET DE T.
Des recherches auxquelles nous nous sommes livré, il résulte que ces variations de l’espace QT, - QRS et T restant normaux — sont principalement sous la dépendance de la fréquence du pouls. C’est ainsi que chez 47 sujets dont les complexes ventriculaires montraient un allongement de 040 au minimum, le pouls était généralement ralenti; en moyenne il battait à 63; par contre, 8 sujets chez lesquels l’espace QT était diminué, mesurant 0”28 au maximum, avaient un pouls accéléré battant en moyenne à 124. Ajoutons que dans ces deux groupes de faits, aucun autre symptôme, clinique ou électrocardiographique, ne présentait de relations évidentes avec ces modifications, lesquelles ne nous ont paru avoir aucune signifi cation pronostique précise.
Certains auteurs ont eu plus spécialement en vue les modifications de la durée de l’espace ST, en l’absence d’anomalies de l’onde T; c’est ainsi que Meakins, en 1919, étudiant 26 observations de cardiaques chez lesquels l’e.tc. g. montrait uniquement un allongement de l’espace ST au delà de 0728, ne peut arriver à préciser la valeur sémiologique ni la signification de’ cette anomalie, le pouls était habituellement lent, mais la longueur de l’espace considéré n’était pas constamment en proportion du ralentissement. Buchanan a également étudié la durée de l’espace ST sur 1028 tracés, il conclut que les variations en sont banales, indépendantes des lésions anatomiques, et qu’elles sont surtout en relation avec la fréquence du pouls.
II résulte des considérations précédentes, concernant la notion de prédominance électrique d’une part et les anomalies dans la durée de l’espace QT ou ST d’autre part, que ces modifications, lorsqu'elles se montrent en l’absence de toute autre altération du complexe ventriculaire, doivent être exclues du cadre des anomalies proprement dites, ou significatives, à l'étude desquelles nous nous consacrerons plus spécialement.
cherches personnelles confirment pleinement cette opinion : la mortalité pour nos cas à complexes ventriculaires normaux est sensiblement la même pour les prédominances, droite, gauche, ou pour l’absence de prédominance.
B. — EVOLUTION : DES ANOMALIE SDUNCOMPEENE VENTRICULAIRE