‹ Les Anomalies Du Complexe Ventriculaire ÉlectriqueChapitre 25 sur 89 · ANOMALIES PERMANENTES, ANOMALIES TRANSITOIRES, FORMES ÉVOLUTIVES · texte numérisé non relu

ANOMALIES PERMANENTES, ANOMALIES TRANSITOIRES, FORMES ÉVOLUTIVES

Les différentes anomalies e.c. graphiques que nous avons brièvement décrites ne constituent pas des altérations absolument immuables, modifiant à jamais et selon un aspect toujours : identique les tracés recueillis chez un même sujet. Elles présentent parfois au contraire un caractère épisodique ou évolutif, elles peuvent régresser, ou plus souvent s’accentuer et se compliquer. IL convient donc de faire d’emblée une distinetion entre celles qui offrent un caractère durable et celles qui sont transitoires. Les premières sont les plus nombreuses et dans la majorité des cas — pour autant qu’on les puisse suivre e. c. graphiquement pendant une période assez prolongée — il sera possible de fixer pour chaque sujet un type moyen des tracés, comprenant une ou plusieurs de ces anomalies relativement stables et tenaces dans leurs caractéristiques générales, sinon dans leur degré, et sur lesquelles viennent parfois se greffer dans le cours de l’évolution d’autres anomalies, capitales ou contingentes et souvent d’ailleurs, transitoires ou terminales (1).

La valeur des altérations transitoires paraît en principe devoir être moins nette.

En réalité, une exception doit être faite comme nous le verrons plus loin, en faveur de certaines atypies d’allure paroxystique, lesquelles, dans la règle, évoluent parallèlement à des troubles cliniques évidents — accidents évolutifs au cours des cardiopathies chroniques ou maladie aiguë à détermination cardiaque — et dont la signification semble actuellement mieux précisée ; telles sont, par exemple, la tachycardie ventriculaire, Panarchie ventriculaire, la déformation en dôme de l’onde T, l’onde coronarienne de Pardee, ete. Par contre on sera beaucoup

(1) Nous n’envisagerons pas ici l’état agonique : la mort du cœur, où, en dehors de toute cardiopathie antéricure, se montrent parfois des altérations terminales du complexe ventriculaire.

plus réservé sur l’interprétation ct l'identification des anomalies transitoires qui surviennent en dehors de ces circonstances , il faut en effet avoir présent à l’esprit que certaines influences d'ordres divers (1), physique, nerveux, toxique, et surtout médicamenteux, peuvent intervenir pour modifier de façon temporaire la forme des tracés, soit en créant de toutes pièces des anomalies du complexe ventriculaire, soit en remaniant des ‘altérations pré-existantes. Encore qu’il ne soit pas certain que ces Influences pour ainsi dire extrinsèques et accidentelles ne contribuent pas à objectiver passagèrement des troubles plus ou moins latents (2), il n’en demeure pas moins que, jusqu’à plus ample informé, il sera prudent de ne tenir compte dans l'interprétation des tracés recueillis en pratique courante, que des anomalies qui s’extériorisent spontanément, et notamment en Pabsence d’une influence médicamenteuse.

Nous aurons donc à envisager successivement deux groupes de faits. Dans le premier nous étudierons et nous confronterons les cas dans lesquels le complexe ventriculaire reste normal en permanence, et ceux où se voient de façon durable une ou plusieurs anomalies significatives. Le second concernera l’étude des altérations qui peuvent apparaître à titre d’accidents évolutifs, soit sur des tracés jusqu'alors normaux, soit sur des tracés présentant antérieurement des anomalies.

(1) L'étude de ces diverses influences trouvera sa place quand nous aborderons la physiopathologie de l’e.c. g. ventriculaire. re

(2) Comme nous le verrons plus loin, ce fait est patent, pour les Lachvcardies ventriculaires et plus encore pour l’anarchie ventriculaire.

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