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II. — INSUFFISANCE CARDIAQUE PEU ACCENTUÉE

199 cas.

Caractères généraux des tracés :

1° Prédominance électrique :

24 fois prédominance droite 0 105 fois prédominance gauche 52,7 9%:

70 fois absence de prédominance — 35,1 ©.

2° Troubles habituels du rythme :

66 fois fibrillation auriculaire.

Qt

fois flutter et fibrillation, successivement. fois dissociation auriculo-ventriculaire.

FE

3° Anomalies du complexe ventriculaire dans 135 cas —67,8 %,. a) Altérations isolées de T : 59 cas.

Pere iret DS; D? et.D3:57 D1,; Det D3.:19.

b) Altérations isolées de Q RS : 18 cas ; dont 10 fois bas voltage. c) Altérations combinées de Q RS et de T : 58 cas; type «bloc présumé d’une branche » : 8.

type «bloc présumé des arborisations » : 9, type intermédiaire : 5, type non défini : 36.

d) Accidents évolutifs dans 3 cas:

tachycardie ventriculaire : 2, anarchie ventriculaire : 1.

Syphilis certaine dans 57 cas —28,6 9; : dont 47 avec troubles du complexe ventriculaire — 82,4 %.

Pronostic :

101 malades ont été suivis

63 avec complexes atypiques.

38 avec complexes normaux.

1° Des 63 malades avec complexes atypiques, 34 sont morts du

fait de leur cardiopathie, soit 53,9 %,, dans un délai moyen de 20 se-

maines.

29 Des 38 malades avec complexes normaux, 2 sont morts du fait

de leur cardiopathie, soit 5,2 %, dans un délai moyen de 30 semaines.

Il est intéressant de souligner une fois de plus, à la lueur des . faits précédemment exposés, que l’insuffisance cardiaque même lorsqu'elle atteint la période asystolique, ne comporte pas obligatoirement, au nombre de ses manifestations, des altérations du profil e. c. graphique des ventricules. Néanmoins, cette éventualité est très fréquente puisqu'elle se retrouve don 67,8% des cas d'insuffisance peu accentuée et dans 70 % des cas d’asystolie franche (1). Il faut cependant remarquer que ces (1) MM. Laubrv, Walser et Deglaude trouvent des anomalies du complexe

ventriculaire dans 95 % des cas d’insuffisance cardiaque cliniquement certaine et dans 50 % environ des cas d'insuffisance cardiaque cliniquement douteuse.

chiffres ne sont pas très notablement différents de ceux que nous avons trouvés pour la plupart des variétés de cardiopathies, lesquelles ne s’accompagnaient que dans la moitié à peine des cas, de symptômes de défaillance cardiaque proprement dite. Aussi bien, dans la majorité des observations: les courbes anormales avaient été constatées antérieurement à l'apparition du fléchissement ventriculaire, et ne se trouvaient généralement ni modifiées, ni remaniées lorsque celui-ei venait à s’objectiver cliniquement. Une exception doit être faite cependant en faveur des accidents évolutifs, des types « tachycardie ventriculaire », et « anarchie ventriculaire », lesquels appartiennent presque toujours à la phase asystolique terminale des cardiopathies. D’un autre côté, si l’on considère d’une part le faible écart entre les chiffres qui représentent le pourcentage des anomalies du complexe, — que l’insuffisanece rardiaque soit légère ou accentuée —, et d’autre part, la répartition quasi analogue dans ces deux ordres de faits des trobbles e. ce. graphiques durables, on est amené à conclure que ceux-ci sont moins sous la dépendance du degré plus ou moins marqué de l'insuffisance elle-même, — mesurée par son retentissement circulatoire —, qu’en corrélation avec la variété de cardiopathie envisagée et plus encore avec les altérations lésionnelles ou fonctionnelles qu’elle comporte dans l'intimité du musele cardiaque. Ainsi s'explique, que les cardiopathies valvulaires, d’origine rhumatismale par exemple, même lorsqu’elles abouüssent à l’asystolie la plus manifeste, ne s’accompagnent que rarement de modifications du groupe ventriculaire de le. c.g. (1). Ainsi s'explique, de plus, la valeur pronostique qui s'attache à la constatation des anomalies du complexe ventriculaire, lesquelles semblent donc posséder, par surcroît, une signification diagnostique importante.

La prédominance électrique du type ventriculaire gauche se rencontre plus souvent dans l'insuffisance gauche, mais comme 1l est tout à fait exceptionnel de constater un changement de prédominance correspondant au passage d’une insuffisance ventriculaire gauche vers l'insuffisance totale du cœur, on ne saurait tirer de cette notion une indication diagnostique

(1) Sans doute le mécanisme plupio-pathologique de la défaillance cardiaque cl de la mort est-il alors très différent.

véritablement utile. Cependant, en règle générale, la prédominance électrique est de même côté que l'insuffisance, qu’il s’agisse d’une insuffisance ventriculaire droite ou d’une insuffisance ventriculaire gauche (1).

30 En conformité avec ce que nous avons noté précédemment pour chaque variété de cardiopathie, en particulier, il s'avère là encore, que dans les observations où la syphilis avait été mise en évidence avec certitude, les profils ventriculaires étaient généralement atypiques.

49 En ce qui concerne le pronostic, il apparaît nettement que les anomalies du complexe ventriculaire constituent un indice de gravité, puisque pour les cas d’insuffisance ‘du type asystolique et d’insuffisance peu accentuée, la mortalité était respectivement de 87,2 % et de 53,9% dans un délai moyen correspondant de 29 et de 20 semaines lorsque les tracés étaient modifiés dans le sens qui nous occupe, alors qu’elle n’était que de 54,5 % et de 5,2 % dans les délais moyens de 40 et de 30 semaines lorsque l’examen des tracés recueillis ne révélait aucune anomalie significative.

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