ANOMALIES DU COURT SUPINATEUR
Le court supinateur est séparé du muscle précédent par les deux radiaux externes; profondément situé sur les côtés postérieur, externe et antérieur de l'articulation radio-humérale, il s'enroule autour du radius à la manière d'un demi-cylindre creux. Ses insertions postérieures se font, en allant de bas en haut: 1° sur cette facette rugueuse que l'on remarque sur le cubitus, au-dessous de la cavité sigmoïde; %° sur le quart supérieur du bord externe du cubitus ; 3° sur le ligament annulaire de l'articulation radio-cubitale supérieure ; 4° sur le ligament latéral externe de l'articulation du coude. Les faisceaux charnus ne remontent généralement pas chez l'homme jusqu'à l'épicondyle. En avant, le muscle court supinateur vient se fixer sur la face antérieure et externe du radius, depuis la tubérosité bicipitale jusqu'aux attaches du rond pronateur.
Ce muscle est assez constant dans sa morphologie générale comme dans ses insertions, et l'étude de ses anomalies ne présente qu'un faible intérêt,
§ L — Duplicité du muscle 5 accessoire du court supinateur. — Le court supinateur se trouve traversé d'avant en arrière par la branche profonde ou musculaire du radial, allant à la rencontre des muscles de la région antibrachiale postérieure. Il se passe ici ce que nous avons déjà remarqué pour
le coraco-brachial perforé par le nerf musculo-culané : le nerf radial divise quelquefois le court supinateur en deux portions distinctes : « Les deux couches qui le composent, dit Theile, sont parfois assez développées pour le faire paraître réellement double. »
Un deuxièroe mode de duplicité, bien plus intéressant, est constitué par l'apparition d'un faisceau surnuméraire parti de l'épicondyle. Cette disposition, signalée déjà par Sandifort à la fin du siècle dernier, a été retrouvée depuis par plusieurs anatomistes, notamment par Halbertsma et par moi-même (une fois seulement). Ce faisceau peut parfaitement être désigné sous le nom de faisceau accessoire du court supinateur. Il faut le distinguer, je crois, d'un autre faisceau surnuméraire que Halbertsma a désigné sous le même nom et qui se détachait du bord externe du brachial antérieur. Ce dernier faisceau, comme je l'ai déjà fait remarquer plus haut, doit être considéré comme une dépendance du court fléchisseur de l'avant-bras, qui s'insère à la fois, dans certaines espèces, sur le cubitus et sur le radius.
C'est vraisemblablement au groupe des faisceaux accessoires tels que je viens de les décrire, qu'il faut rattacher : 1° les faisceaux observés par Dursy qui se rendaient, l'un au tendon du biceps, l'autre sur la bourse bicipitale ; 2° le faisceau rencontré par Fleischmann qui se fixait à la tubérosité bicipitale ; 3° le faisceau décrit par Clason qui rejoignait le rond pronateur. Je n'ai pu lire malheureusement la description originale de ces dernières anomalies, et je dois garder à leur égard une extrême réserve. J'en dirai tout autant du petit faisceau additionnel qui a été signalé, en 1872, par Djurberg et que je ne connais qu'incomplètement, par la trop courte analyse du « Jahresbericht » d'Hoffmann et Schwalbe.
Anatomie comparée. — L'insertion épicondylienne du court supinateur, si rare et si faible chez l'homme, devient constante dans un grand nombre de Vertébrés. Elle est signalée par Alix chez le Troglodytes Aubryi, où le court supinateur envoie «quelques fibres à la tubérosité bicipitale et, au-dessus d'elle,
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au col même du radius » . J'ai vu moi-même, chez le Troglodytes niger, un fort faisceau descendre de Tépicondyle sur le radius.
Il est même des espèces où le muscle court supinateur, abandonnant entièrement le cubitus, se détache exclusivement de l'épicondyle ; tel est, parmi bien d'autres, le koala (Young), les Chéloniens et les Sauriens (Meckel). Ce dernier anatoraiste décrit au court supinateur du crocodile deux tètes distinctes, naissant assez loin l'une de l'autre.
§ II. — Variations dans l'étendue des insertions radiales.
— On assigne généralement (Gruveilhier, Sappey, Beaunis et Bouchard) au court supinateur comme ligne d'insertion radiale, chez l'homme, le tiers supérieur du radius; mais ce muscle peut descendre beaucoup plus bas. J'ai vu, pour ma part, les faisceaux inférieurs de ce muscle dépasser, chez un boschiman, la portion moyenne de l'os et se confondre, en arrière, avec le long abducteur du pouce.
Anatomie comparée. — Chez le Troglodytes niger et chez \orang, j'ai vu le court supinateur descendre plus bas que chez l'homme, et, à ce titre, mon boschiman présentait une véritable disposition simienne.
Au-dessous des Primates, le muscle court supinateur occupe la moitié supérieure du radius chez Vagouti, le hamster, la marmotte, le castor, le lapin; les deux tiers supérieurs de l'os chez le phoque, la loutre, Yichneumon, la marte, le hérisson (Meckel). Chez le fourmilier (Humphry), il descend jusqu'à l'extrémité inférieure du radius; il en est de même chez Yéchidné (Alix) ; dans le pangolin, il occupe également (Humphry) toute l'étendue du bord antérieur de cet os.
§ m. — Présence d'un os sésamoïde dans son tendon.
— Sur un sujet qu'il a disséqué en 1867, dans les salles de dissection du Collège des Chirurgiens de Dubhn, Macalister a rencontré, dans le tendon d'origine du court supinateur, un petit os sésamoïde au-dessous duquel se trouvait une bourse séreuse. Le savant anatoraiste de Dublin considère ce fait
comme une nouvelle preuve de l'homologie du court supinateur et du poplité, dont le tendon d'origine, inséré sur le condyle externe du fémur, renferme parfois un os sésamoïde.
Anatomie comparée. -— Le professeur Humphry a rencontré un os sésamoïde fort large dans le tendon d'origine du court supinateur du pangolin. R. Owen signale également, chez ce Mammifère, un sésamoïde développé sur le côté externe de la capsule qui unit le radius à l'humérus. Cet os sésamoïde du tendon épicondylien est encore signalé par Alix,' chez la roussette d'Edwards; par Maisonneuve, chez le Vespertilio murinus.
§ IV. — Faisceaux tenseurs du ligament annulaire. —
Cruveilhier, le premier, a signalé dans la première édition de son Anatomie descriptive, comme un « appendice » du court supinateur, une petite languette charnue qui recouvre la portion antérieure du ligament annulaire et qui peut être considérée comme un muscle tenseur de ce ligament. Gruber, qui l'a décrite avec plus de soin, en 1865, l'a rencontrée 15 fois sur 100 sujets (9 fois des deux côtés, 4 fois sur le côté droit, 2 fois sur le côté gauche). C'est le faisceau tenseur antérieur du ligament annulaire.
Nous trouvons en arrière un faisceau analogue, faisceau tenseur postérieur du ligament annulaire, inséré sur la partie postérieure de ce même ligament. Tantôt distinct du court supinateur (1 fois sur 4 sujets), tantôt intimement uni avec ce dernier muscle, il peut, comme le précédent, être symétrique ou n'exister que d'un seul côté. Gruber l'a rencontré 162 fois sur 2210 membres. Sa présence,' on le voit, constitue plutôt l'état normal que l'anomalie.
Bibliographie :
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Fleischmann, cité par Macalister. Trans. of Roy. Irish Acad., 1871. Halbertsma. Nederlandsch Tijdschrift, vol. VI, p. 609.
MUSCLES RADIAUX EXTERNES.
DORSy. Henle u. Pfeufer's Zeitschrift, Reihe III, vol. XXXIII, p. 45. Cruveilhier. Anat. descript., 5* édit., t. I, p. 682. Gruber. Reichert u. Du Bois-Reymond's Arch., 1865, p. 381. Halbertsma. Vcrslagen enMeded. der Konikl. Akad. van Wetenscha,j)peih XIII Deel.
Macalister. Sesamoid bone in the tendon of the supinator brevis (Journ.
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Anat. and Physiol., November, 1869, p. 40). Testut. Contribution à l'anat. des races : dissection d'un boschiman (en
préparation).
YouNG. The Muscular Anatomy of the koala [Journ. of Anat. and Phys., Jan., 1882, p. 229).
Alix. Appareil locomoteur de la roussette d'Edwards (Soc. PhtlomatJi., 1867, p. 19).
Maisonneuve. Ôstéologîe et myologie du Vespertilio murinus, 1878, p. 251.
ARTICLE III
ANOMALIES DBS DEUX MUSCLES RADIAUX EXTERNES.
Je réunis ici, dans une même élude, le premier radial externe et le deuxième radial externe, liés l'un à l'autre par les rapports les plus intimes, fusionnés du reste, dans un grand nombre de Mammifères, en un corps musculaire unique (M. extenseur du métacarpe).
Chez l'homme, les deux extenseurs radiaux du métacarpe sont généralement distincts dans toute leur étendue. Us prennent naissance l'un et l'autre sur l'épicondyle, le premier remontant tin peu sur le bord externe de l'humérus, le second descendant jusqu'au ligament annulaire de l'articulation radiocubitale supérieure. Leur surface d'origine est assez bien limitée* on le voit, en haut par les insertions humérales du long supinateur, en bas par les insertions supérieures du court supinateur. Les radiaux externes se portent verticalement en bas en suivant le radius; vers la partie moyenne de cet os, quel-
quefois un peu plus haut , ils se jettent sur des tendons, lesquels viennent se fixer : 1° celui du premier radial, sur l'extrémité postérieure du deuxième métacarpien; 2° celui du deuxième radial, sur l'extrémité similaire du troisième métacarpien.
Les variations anatomiques des deux radiaux externes sont nombreuses ; mais comme pour les autres muscles, elles tendent vers des dispositions qui sont typiques dans des espèces inférieures. Elles se réduisent toutes, soit à une fusion plus ou moins complète des deux corps musculaires, soit à des insertions inférieures sur des métacarpiens autres que le deuxième et le troisième.
§ r. — Union complète ou incomplète des deux radiaux externes {M. radial intermédiaire de Wood). — Cette union peut se faire de deux façons : 1" par juxtaposition des deux corps musculaires et disparition de l'interstice cellulaire séparatif (union par fusion); par des faisceaux anastomotiques jetés entre l'un et l'autre des deux corps musculaires (union par anastomoses).
1° La fusion des deux corps charnus à leur origine épicondylienne est presque la règle ; cette fusion peut s'étendre plus bas à l'état anormal et occuper soit la moitié supérieure, soit la totalité des deux corps musculaires. Dans ce dernier cas, le radial externe unique se jette sur un tendon également unique; mais ce dernier se bifurque le plus souvent, à une distance plus ou moins considérable du métacarpe, et vient se fixer à la fois sur les deuxième et troisième métacarpiens.
2)" Les anastomoses allant de l'un à l'autre muscle sont très fréquentes. Wood les a rencontrées 4 fois sur 36 sujets. Ces faisceaux d'union peuvent se rendre soit du premier radial externe au second, soit vice-versâ du second au premier. Fort variables du reste dans leur volume, leur étendue, leur degré d'obliquité, ils peuvent présenter, dans leur constitution anàtomique, une triple modalité : a) charnus dans toute leur étendue, ils réunissent les deux corps musculaires; (5) charnus à leur origine, tendineux à leur extrémité inférieure, ils réu-
MUSCLES RADIAUX EXTERNES. ô^l
Dissent le corps musculaire de l'un des radiaux au tendon de l'autre; yj tendineux dans toute leur étendue, ils réunissent l'un à l'autre les deux tendons des radiaux externes. J'ai rencontré, pour ma part, toutes ces variétés dont on pourra lire des observations détaillées dans les ditTérenls mémoires de Wood. J'ai dû me borner ici à résumer le plus brièvement possible mes observations personnelles et celles des autres anatomistes.
3° Wood a désigné, sous le nom générique de radial mtermédiaire (Extensor carpi radialis intermedius), les divers faisceaux anastomotiques que je viens de décrire. J'accepte bien volontiers une pareille dénomination, qui indique très nettement et la nature et la situation du faisceau surnuméraire. Du reste, si le radial intermédiaire n'est le plus souvent qu'un simple faisceau anastomotique, il peut, dans certains cas, par suite d'une différenciation plus complète, posséder une individualité propre ; témoins quelques observations rencontrées par Macalister, par Wood, par moi-même, où le faisceau intermédiaire se détachait directement de Tépitrochlée entre les deux radiaux. D'autre part, le radial intermédiaire peut venir se fixer, par son tendon terminal, soit sur le deuxième métacarpien, soit sur le troisième. Il peut même se bifurquer et s'attacher aux deux. Le groupe des extenseurs radiaux envoie dans ce dernier cas, vers le métacarpe, quatre tendons distincts.
Dans un cas que j'ai observé en novembre 1881, le radial intermédiaire, affectant une disposition bicipitale, se détachait à la fois du premier radial et du second. Les deux faisceaux d'origine, également volumineux, se réunissaient bientôt pour constituer un corps charnu unique, lequel se fixait en bas, à l'aide d'un long tendon, sur l'extrémité postérieure du deuxième métacarpien. Sur le même sujet, le premier radial externe se bifurquait de nouveau et envoyait un tendon surnuméraire au troisième métacarpien. Encore un groupe extenseur radial fixé au métacarpe par quatre tendons. On trouvera de nouveaux faits de radial intermédiaire biceps, dans les notes d'Anatomie anormale publiées par Wood, par Cuinow, par Perrin.
52i2l LES ANOMALIES MUSCULAIRES CHEZ l'hOMME.
Analomie comparée. — Voici comment Meckel résume les dispositions variables du système extenseur radial du métacarpe dans la série des Mammifères : « Le muscle radial externe naît du bord antérieur et de l'épicondyle de l'humérus, descend le long du côté radial de l'avant-bras et s'insère, en arrière, à un os métacarpien du milieu. Il est simple ou se divise plus ou moins distinctement en deux. La bifurcation commence à son extrémité inférieure, principalement avec le tendon ; elle devient peu à peu tellement complète, qu'il y a deux muscles, dont l'antérieur et supérieur a reçu le nom de long radial externe ou long extenseur radial de la main; tandis que l'inférieur et postérieur est appelé court radial externe ou court extenseur radial de la main » . Nous trouvons, dans ces lignes, l'explication des différents degrés d'union que vient de nous montrer l'anatomie anormale, entre les deux radiaux externes de l'homme. Complètement distincts dans la plupart des cas, par suite d'une organisation supérieure, ils tendent parfois à se réunir et à se rapprocher ainsi des types des Mammifères inférieurs.
C'est ainsi que chez Vdi, le fourmilier, le tatou, l'extenseur radial du carpe, simple en haut, se bifurque en bas pour les deux premiers os du métacarpe. La division ne porte également que sur la portion inférieure, chez le coati, le blaireau, le raton, Vichneumon (Meckel). Chez VUrsus américanus, je n'ai trouvé qu'un seul corps musculaire qui se bifurquait en bas seulement, pour venir s'attacher, par deux tendons distincts, sur le 21'' et le 3® métacarpien. Chez V hyène, ainsi que chez Vours brun, Meckel signale un faisceau anastomotique entre les tendons des deux portions du muscle.
L'extenseur radial du carpe offre, chez la plupart des Ruminants, une analogie remarquable avec certaines dispositions anormales constatées chez l'homme. Il y est simple en haut; mais le corps musculaire « se divise, d'après Meckel, à la partie supérieure de l'os de l'avant-bras, en trois portions. La portion moyenne détache deux tendons ; les portions inférieure et postérieure en fournissent chacune un. Le tendon antérieur de la portion moyenne s'unit à celui de la portion antérieure : le ten-
MUSCLES RADIAUX EXTERNES. 5213
don postérieur de la même portion moyenne se confond avec celui de la portion postérieure ; ces tendons communs s'insèrent séparément à l'os antibrachial » .
Les deux radiaux externes de l'homme sont enfin soudés entièrement dans un grand nombre de Mammifères, notamment chez le koala (Young), chez \e cheval, le chameau, le cochon, etc.
§ II. — Insertion surnuméraire du premier radial sur le troisième métacarpien et insertion du deuxième sur le deuxième métacarpien. — Ce titre correspond à la plupart des anomalies dites par dédoublement du muscle. Le dédoublement peut porter soit sur le corps charnu, soit sur le tendon seulement, le corps charnu restant indivis. L'insertion du tendon surnuméraire se fait généralement sur le troisième métacarpien, quand il provient du premier radial externe, sur le "deuxième métacarpien quand il est fourni par le deuxième radial. Ces dispositions sont fréquentes et mentionnées, avec des variantes qu'il est facile de prévoir (quatre tendons par exemple), par tous les auteurs qui se sont occupés d'anatomie anormale.
Tous ces faits sont susceptibles d'une interprétation commune : ce sont de simples faisceaux anastomotiques jetés entre les deux radiaux externes, émanant de l'un à des hauteurs variables et ne rejoignant l'autre qu'au niveau de son insertion métacarpienne. Tout ce que j'ai dit, dans le paragraphe précédent, du radial intermédiaire de Wood leur est appliquable.
Une fois seulement j'ai vu un radial intermédiaire, détaché du premier radial externe, se fixer au deuxième métacarpien, tout comme le muscle qui l'avait fourni ; un fait analogue est rapporté par Macalister, sous le titre de double radial externe ; il s'agit toutefois ici du deuxième.
§ m. — Absence du deuxième radial externe. — Salzmann et après lui Macalister ont signalé l'absence du deuxième radial externe. Des faits de cette nature peuvent être considérés comme le résultat d'une fusion complète des deux extenseurs du métacarpe.
§ IV. — Insertion sur le quatrième métacarpien. — Les
extenseurs du carpe ne s'insèrent chez l'homme que sur le deuxième et le troisième métacarpien; le premier et le quatrième os du métacarpe ne possèdent pas d'extenseurs propres. Tl résulte cependant d'une observation d'Albinus que . le deuxième radial externe peut étendre ses insertions inférieures jusque sur le quatrième métacarpien.
Anatomie comparée. — De même, chez le Pteropws, le deuxième radial externe envoie une expansion sur le quatrième métacarpien. Le professeur Humphry, auquel j'emprunte ce fait, a rencontré une disposition analogue chez un chimpanzé.
§ V. — Insertion sur le premier métacarpien [M. radial accessoire de Wood). — Le groupe des extenseurs du métacarpe peut se compliquer encore d'un faisceau surnuméraire, qui vient se fixer sur la base du premier métacarpien. Ce faisceau, signalé depuis déjà longtemps par Fleischmann, a été particulièrement étudié par Wood sous le nom de muscle radial accessoire (extensor carpi radialis accessorius) . Le savant anatomiste anglais l'a rencontré 6 fois sur 175 sujets : 5 fois sur des hommes (3 fois des deux côtés, % fois sur le côté droit seulement) et une fois sur une femme (du côté gauche seulement).
Le faisceau radial accessoire ne se termine pas toujours exactement sur le premier métacarpien, mais il présente à ce sujet des variantes nombreuses dont les plus communes paraissent être les suivantes : a ) terminaison sur la partie externe du court abducteur du pouce, d'où l'apparence digastrique du muscle; (3) insertion simultanée sur l'abducteur et sur le premier métacarpien ; y) insertion sur le premier métacarpien et sur le premier espace interosseux ; §) avec une expansion pour le premier interosseux palmaire de Henle ; e) terminaison sur le court fléchisseur du pouce.
Anatomie comparée. — Wood a trouvé l'homologue de l'extenseur accessoire du métacarpe, chez V ornithorynque et chez ïéchidné. Chez le phoque, d'après Humphry, l'extenseur radial s'insère à la fois sur le 21® et sur le 1^' métacarpien. Sur la
MUSCLES RADIAUX EXTERNES. 525
planche 19 du grand Atlas de Cuvier et Laurillard, consacrée au Plioca vitulina, on rencontre un tendon émanant de l'extenseur radial unique et se portant sur le premier métacarpien, tout en envoyant une expansion à l'extenseur du pouce. Meckel fait insérer le groupe musculaire qui nous occupe : au l*^"", au 21®, et au 3*^ métacarpien, chez le tatou. Val, le fourmilier; aux trois premiers métacarpiens chez les Monotrèmes ; aux trois premiers métacarpiens également chez la chauve-souris. Maisonneuve a retrouvé l'insertion au métacarpien du pouce chez le Vesperlilio murinus. « Au sortir de la gouttière radiale, dit-il, il (le premier radial externe) se porte vers la base du deuxième doigt; mais au niveau du premier métacarpien, il passe sur un petit sésamoïde placé à sa base et envoie à ce métacarpien une mince expansion; enfin il se termine à la face externe de la base du deuxième métacarpien. »
§ VI. — Insertion sur la première phalang-e du pouce
(M. abducteur huméral du pouce). — Au mois de février 1883, j'ai rencontré le cas suivant : sur le côté droit d'un sujet adulte dont tous les muscles de la région externe de l'avant-bras étaient entièrement normaux, il se détachait de Tépicondyle, entre le long supinateur et le premier radial externe, un corps charnu surnuméraire de 46 millimètres de longueur. Il se jetait sur un tendon nacré et cylindrique, lequel longeait le côté externe du tendon du long supinateur et se terminait, au niveau du carpe, sur un nouveau muscle surnuméraire. Ce dernier faisceau charnu suivait exactement le côté externe du court abducteur du pouce et venait se fixer sur la base de la première phalange du pouce. Au tdStal, c'est un muscle digastrique se rendant de Tépicondyle à la première phalange du pouce. Je crois pouvoir lui donner le nom ^'abducteur huméral du -pouce, dénomination qui à la fois le rapproche et le différencie du court abducteur de l'éminence thénar. Meckel [Anal, descript., t. H, p. 169), Wood [Proc. of Roy. Soc. of London, t. XV, p, 236), et tout récemment Gruber [Areh. f. Anat. u. Phys., 1877, p. 388) ont signalé des faits analogues.
Signification anatomique. — L'abducteur huméral du pouce se rattache bien évidemment à l'anomalie décrite dans le paragraphe précédent. Avec Wood, je n'hésite pas à le considérer comme un extenseur radial accessoire, qui au lieu de se fixer au premier métacarpien (insertion classique), se serait continué (variété) avec le chef externe d'un court abducteur double.
§ VII. — Union plus ou moins intime avec le long supinateur. — Voyez ce dernier muscle, p. 514.
Albinus. Hist. musculorum, p. 446.
Fleischmann. Abhandl. der Phys. Med. Soc. in Erlangen, 1810, Bd I,
S. 28. Avec une gravure de Loschge, Tafel I, fig. 2. Heister. In Haller's Disput. Anat. Select., t. VI, p. 739. Bergmann, cité par Wood, in Proc. of Roy. Soc. of London, t. XVI, p. 507. Meckel. Muskellehre, S. 509, et Anat. descript., trad. Jourdan, t. II, p. 169- Henle. Muskellchre, zweite Auflsege, p. 216. Meckel. Anatomie comparée, t. VI, p. 308. Cuvier et Laurillard. Atlas de Myologie comparée, pl. 19. Salzmann. Dissert, de sist. plurium pedis Muscul. defecta, Strasburg,
Macalister. Transact. of Roy. Ir. Acad., 1871. Harrisson, cité par Macalister, in Mémoire précédent. Perrin. Médical Times and Gasette, 1872-1873. CuRNOW. Journ. of Anat. a. Phys., t. VII, p. 307.
Wood. Proced. of Roy. Soc. of London, t. XIV, p. 335, t. XV, p. 236 et
530, t. XVI, p. 504 et seq.
Bellamy. Proc. of Roy. Soc. of London, t. XV, p. 542. CALOHr. Memorie deW Inst. accad. di Bologna, série II, t. VII, p. 51. Gruber. Ueber d. Musc, radialis externus accessorius (Arch. f. Anat. und
Phys., 1877, p. 388).
S. Pozzi. Art. Radiaux externes, in Dictionnaire Encyclopédique, 3^ série,
t. II, p. 2. * Maisonneuve. Ostéoloyie et myologie du Vespertilio murinus, 1878, p. 248. HuMPHRY. On the Myology of Orycteropus, etc. (Journ. of Anat. and
Phijs., May, 1868, p. 306).
YouNG. The muscular Anatomy of the koala {Ibid., t. XVI, 1882, p. 217). HuMPHRY. The Myology of the limbs of Pteropus (Ibid., t. III, p. 308). Testut. Système locomoteur de nirsus americanus (en préparation). MiVART. Proc. zool. Society, June, 1867, p. 783).
MUSCLE ANCONÉ.