MUSCLE CUBITAL POSTÉRIEUR
inférieur, qui commence très haut dans l'intérieur du muscle, mais qui ne devient complèlement libre qu'à 21 ou 3 centimètres au-dessus du carpe, vient se fixer sur le côté interne de l'extrémité postérieure du 5*^ métacarpien.
Comme son homologue sur la face de flexion, le cubital postérieur présente une tixité remarquable. Je ne connais en effet, dans ses variations, que deux dispositions intéressantes : c'est une tendance au dédoublement et l'envoi d'un tendon surnuméraire sur le petit doigt.
§ I. — Dédoublement du muscle (cubital postérieur accessoire, court cubital postérieur) . — J'ai vu, dans un cas, le tendon du cubital postérieur fournir, sur son côlé externe, une expansion très résistante pour l'extrémité postérieure du 4° métacarpien. Macalister signale une expansion analogue qui venait se fixer sur le ligament annulaire postérieur du carpe, entre le tendon du cubital postérieur et celui de l'extenseur propre du petit doigt.
Dans un cas fort intéressant rapporté par Curnow, le cubital postérieur était double d'un bout à l'autre : les deux tendons inférieurs se fixaient, l'un et l'autre, au 5® métacarpien.
Tout récemment (1881), le professeur Gruber a décrit, sous le nom de 3Iusc. ulnaris externus brevis (court cubital postérieur), un petit muscle penniforme qu'il avait observé sur l'avant-bras droit, au-dessous du cubital postérieur. Il se détachait, en haut, de l'extrémité inférieure du cubitus, ainsi que du tissu conjonclif qui unit le cubital postérieur à l'extenseur propre de l'index; en bas, il se fixait par un tendon élargi en éventail sur l'extrémité postérieure du 5^ et du 4'' métacarpien. Le muscle cubito-métacarpien postérieur répond exactement, en arrière de l'avant-bras, à certains faisceaux cubito-carpiens antérieurs que nous avons déjà étudiés, sur la face de flexion, comme des faisceaux annexes du cubital antérieur ou fléchisseur cubital du carpe. (Voyez p. 504.)
Signification et Anatomie comparée. — Le cubital postérieur représente, au membre thoracique, le groupe des péroniers du
membre pelvien; sa tendance au dédoublement n'a rien que de très naturel, le groupe péronier se trouvant divisé, suivant les espèces, en deux, trois bu même quatre faisceaux distincts. Les membres thoraciques et les membres pelviens, primitivement identiques, ne s'individualisent qu'ultérieurement. Ils arrivent ainsi à être complètement distincts l'un de l'autre dans le plus grand nombre de leurs parties constituantes; mais l'anatomie anormale vient toujours rétablir, d'une façon plus ou moins nette, les homologies disparues.
Du reste, l'anatomie comparée nous présente, chez quelques espèces, un dédoublement normal du muscle qui nous occupe. C'est ainsi que chez VOrycleropus capensis, Humphry a vu le tendon du cubital postérieur se diviser en deux branches pour s'attacher au i'^ et au 5" métacarpien. Meckel signale un dédoublement analogue chez \ours blanc et chez le cheval; dans cette dernière espèce, le tendon terminal du muscle se divise en effet « en deux languettes, dont l'externe se porte au bord externe de la base de l'os pisiforme; la languette interne se rend d'abord à un os sésamoïde considérable, puis va du milieu du métacarpien au tendon du muscle qui correspond à l'extenseur du 5^ orteil. »
Chez Vunaii, le cubital postérieur fournit également deux tendons terminaux: l'un s'insère sur le côté cubital de la base du 4*^ métacarpien; l'autre, plus long, vient se fixer sur la face dorsale de l'extrémité postérieure de la première phalange du 3""* doigt. Chez Val, nous trouvons en réalité deux muscles distincts : le premier se détache de l'épicondyle pour se porter sur le métacarpien (portion antérieure); le second naît principalement sur le cubitus et vient se terminer sur le côté interne du 5* métacarpien. Nous avons deux muscles encore chez le fourmilier, partant l'un et l'autre de l'épicondyle : l'un aboutit au côté interne du 3*^ métacarpien; l'autre, qui prend en outre quelques insertions sur le cubitus, s'insère sur le 5" métacarpien rudimentaire, après avoir envoyé une petite expansion au 4^ (Humphry). Le pangolin nous offre une disposition plus importante encore, en ce sens que ses faisceaux constituants rappellent merveilleusement la disposition du groupe péronier