‹ Les anomalies musculaires chez l'hommeChapitre 111 sur 177 · ANOMA.LIES DES MUSCLES EXTENSEURS DU POUCE · texte numérisé non relu

ANOMA.LIES DES MUSCLES EXTENSEURS DU POUCE

Dans l'espèce humaine, l'extension du pouce est sous la dépendance de deux muscles distincts, se fixant : l'un sur la première phalange (court extenseur), l'autre sur la phalange onguéale (long extenseur). 1°Le court extenseur, situé directement en dedans du long abducteur, au bord interne duquel il est

accolé dans toute sa longueur, se détache en haut des deux os de l'avanl-bras, ainsi que du ligament interosseux ; son tendon inférieur s'engage dans la même gouttière que le long abducteur, glisse sur la face dorsale du premier métacarpien et vient se fixer sur l'extrémité supérieure de la première phalange du pouce. .2° Le long extenseur s'attache principalement, en haut, sur le cubitus et le hgamenlinterosseux; il passe sous le ligament annulaire, dans une gouttière oblique qui lui est propre, croise sur le carpe les tendons des muscles radiaux, en formant à ce niveau le rebord cubital de la tabatière anatomique, gagne ensuite le bord interne du premier métacarpien et, finalement, vient s'insérer sur l'extrémité supérieure de la première phalange du pouce.

Les anomalies de ces deux muscles, quoique très fréquentes, peuvent être ramenées à un tout petit nombre de groupes.

§ r. — Dédoublement du muscle j insertions surnuméraires

sur les os de la main. — Semblable en cela aux tendons phalangiens des autres extenseurs, les tendons terminaux des extenseurs du pouce peuvent se dédoubler. La division peut s'étendre jusqu'au corps musculaire lui-même, l'intéresser même dans toute son étendue, donnant ainsi naissance à des extenseurs accessoires. J'ai rencontré, tout dernièrement, un double extenseur de la première phalange, et il serait facile d'en retrouver quelques autres cas dans les auteurs qui se sont occupés d'anomalies musculaires.

Du reste, le tendon surnuméraire peut se fixer sur le même élément osseux que le tendon normal, ou bien se terminer sur un os voisin. C'est ainsi qu'on l'a vu s'arrêter au métacarpien, témoignant ainsi d'une certaine parenté avec l'extenseur du premier métacarpien ou long abducteur du pouce. On a signalé encore l'insertion surajoutée du long extenseur sur la première phalange et aussi l'insertion du court extenseur sur la phalange onguéale.

Dans un cas observé dans les salles de dissection de S* Bartholomew's Hospital, Bankart, Pye-Smith et Philips ont vu le

MUSCLES EXTENSEURS otl POUCE.

tendon du long extenseur du pouce envoyer une expansion à l'index. BischofF fait remarquer avec raison qu'une pareille disposition n'est pas rare chez les Singes.

§11. — Absence du court extenseur; sa fusion avec le long abducteur du pouce. — J'ai déjà signalé, dans un précédent article, la fusion possible du long abducteur du pouce et du court extenseur du pouce ; cette fusion peut exister à des degrés fort variables : tantôt les deux muscles seulement sont réunis en un seul corps fournissant en bas deux tendons, l'un pour le métacarpien, l'autre pour la première phalange; tantôt avec un muscle unique se trouve un tendon primitivement unique, se fixant au métacarpien et envoyant une expansion à la première phalange ; il est des cas enfin, où tous les éléments du court extenseur sont entièrement absorbés par le long abducteur du pouce : le court extenseur a disparu.

Anatomie comparée. — L'absorption par le long abducteur du pouce de l'extenseur de la première phalange est unfaitanatomique constant dans le plus grand nombre des Quadrumanes : pas de court extenseur en effet chez Vorang, le gibbon, le cynocéphale, le macaque, etc., etc. Le gorille serait le seul des Anthropoides, d'après Bischoff, qui posséderait un extenseur pour la première phalange ; encore le savant professeur de Munich considère-t-il l'existence de ce muscle, chez le gorille, comme une anomalie. Une pareille conclusion me paraît prématurée. L'extenseur de la première phalange existait seul, il est vrai, chez le gorille étudié par Macalister et chez celui qu'a disséqué Bischoff lui-même ; mais les sujets de Ghapman et de Duvernoy possédaient bien réellement un court extenseur; et, puisque Bischoff traite de « passablement désordonnée » la description que nous a laissée Duvernoy, je crois devoir la mettre intégralement sous les yeux du lecteur : «ce muscle (le court extenseur du pouce) est assez bien séparé, dans la partie charnue, du long abducteur, quoique son tendon soit réuni d'abord à celui-ci. Il va se fixer au côté radial de la première phalange du pouce. » Cette description ne peut laisser de doute que dans un esprit

prévenu. Du reste, si nous jetons les yeux sur la planche VII du mémoire de Duvernoy, soit sur la fig. A ou sur la fig. B, nous voyons le court extenseur du pouce (121 sur la fig. A, 3, 3' et 3" sur la fig. B) présenter une disposition absolument semblable à celle qui le caractérise chez l'homme : très nettement distinct en haut du long abducteur auquel il est accolé, très nettement inséré en bas sur l'extrémité métacarpienne de la première phalange du pouce.

§ III. — Renforcemeat du long extenseur par un faisceau surnuméraire de Textenseur commun. — J'ai déjà signalé cette disposition en étudiant les variations anatomiques de l'extenseur conmiun des doigts, (Voyez ce muscle, § II : Tendon surnuméraire pour le pouce, p. 534).

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