MUSCLE SOUS-CLAVIER
muscle sous-clavier s'insérer sur le ligament conoïde ou trapézoïde, sur l'apophyse coracoïde, sur l'acromion. Je n'ai jamais observé l'insertion acromiale ; par contre, j'ai rencontré maintes fois et avec des variantes nombreuses l'insertion, à l'apophyse coracoïde. Dans la plupart des cas, on voit se détacher, de l'aponévrose d'enveloppe du muscle sous-clavier, un ligament plus ou moins résistant, qui vient s'implanter d'autre part en un point quelconque du bord interne de l'apophyse coracoïde, formant ainsi le bord inféro-interne d'un petit triangle dont les deux autres côtés sont, en dehors^ l'apophyse coracoïde, en haut, le sous-clavier lui-même. J'ai vu, deux fois, le tendon coracoïdien naître, non plus de l'aponévrose sous-clavière, mais d'un faisceau charnu, constituant le bord antérieur du sous-clavier. Dans un autre cas, le muscle sous-clavier presque en entier s'attachait à l'apophyse coracoïde ; quelques fibres seulement, situées en arrière, se fixaient à la clavicule. Deux cas semblables ont été rapportés, l'un par Bôhmer, l'autre par Sandifort.
Kôlliker a signalé lui aussi, il y a deux ans, un cas d'anomalie du sous-clavier, dans lequel l'extrémité externe de ce muscle constituait une large lame musculaire, s'étendant du point d'insertion normal (face inférieure de la clavicule), à l'apophyse coracoïde, jusqu'à l'échancrure coracoïdienne.
Tout récemment (janvier 1881) M. Shepherd a vu également un faisceau musculaire, partant du premier cartilage costal, aboutir à l'apophyse coracoïde. Ce muscle est un vrai costo-coracoïdien ; c'est encore, si on le veut, un pectoralisminimus de Gruber, auquel on aurait enlevé ses faisceaux d'origine sternaux.
Nous avons suffisamment parlé, dans les deux paragraphes précédents, des insertions coracoïdiennes du système petit pectoral, il est inutile d'y revenir ici.
2i° Duplicité du muscle sous-clavier. — DeS CaS de double
sous-clavier sont signalés par Sœmmering, Haller, Rosenmûller, Wood; j'estime avec M. Macalister que cette anomalie provient le plus souvent de l'existence d'un muscle surnuméraire, surajouté au sous-clavier normal. Ce muscle est dans la plupart des
4G LES ANOMALIES MUSCULAIRES CHEZ l'hOMME.
cas situé en arrière du sous-clavier, s'étendant transversalement du bord supérieur du scapulum soit au premier cartilage costal (chondro-scapulaire) , soit au sternum (sterno-scapulaire) , ou même à la fois au sternum et au premier cartilage costal (sterno-chondro-scapulaire) . Nous retrouverons ce muscle dans l'article suivant, à pro[)os des muscles claviculaires surnuméraires.
3° Absence du muscle sous -clavier. — Celte absence a été
notée par Gruber [Virchow's Arch., vol. XI, p. 430). Kôlliker [loc. cit., n° 15) a trouvé le muscle sous-clavier du côlé gauche remplacé par un ligament. Dans un mémoire tout récent de Gruber publié dans les Archives de Virchow et analysé dans le Juhresbericlite de 1880, le savant anatomiste russe signale sépt cas dans lesquels il existait à sa place un muscle sterno-chondroscapiilaire. Ce dernier muscle n'élant pour ainsi dire qu'un sous-clavier qui au lieu de s'arrêter à la clavicule vient s'attacher au scapulum, je préfère interpréter lessept faits de Gruber d'une façon différente et, au lieu d'admettre une absence du sous-clavier, dire que dans ces cas le muscle sous-clavier, plus développé qu'à l'état normal, allait chercher sa surface d'insertion jusque sur l'omoplate.
4° Insertion à l'humérus. — M. Walsham a VU, à S'-Barlholomeivs Hospitnl, un muscle sous-clavier envoyer à l'humérus une expansion tendineuse. Il existait même une synoviale entre l'apophyse coracoïde et le tendon terminal du muscle. Chez les oiseaux, d'après Mivart, le muscle sous-clavier se détache du pectoral et son tendon, passant entre la clavicule, le coracoïde et le scapulum, vient s'attacher à l'humérus. Aussi Walsham n'hésile-t-il pas à voir, d ms le cas qu'il signale, une disposition anormale, reproduisant, plus ou moins complètement, le sous-clavier noi mal des oiseaux.
Bibliographie :
BÔHMER. Obsero. anat. rarior., Halse 1752.
Sandifort. Excrcitationes Acad., Lugd. Batav., 1783, p. 88.
RosENMULLER. Beitra'fjc fiir clic Z crglicdcrungskunst, t. I, cali. 3, tab. 2.