‹ Les anomalies musculaires chez l'hommeChapitre 157 sur 177 · SUJETS NÈGRES DISSEQUES PAR LES DIFFERENTS ÂNATOMISTES · texte numérisé non relu

SUJETS NÈGRES DISSEQUES PAR LES DIFFERENTS ÂNATOMISTES

Cuvier me paraît être le premier anatomiste qui ait disséqué avec soin, etau point de vue spécial qui nous occupe, le système musculaire du nègre. On trouvera, dans l'important Atlas de myologie comparée publié par lui et Laurillard en 1849, douze belles planches représentant les muscles d'un nègre originaire du Mozambique. En 1865, le professeur Wood publie, dans les Proc. of royal Society of London, la relation de quelques anomalies musculaires observées par lui sur un jeune nègre. Deux ans plus tard, Bankart, Pye-Smith et Philips, dans

leur mémoire plusieurs fois cité, mentionnent également un sujet nègre étudié par eux dans les salles de dissection de Guy's Hospital, et chez lequel ils ont rencontré quelques faisceaux surnuméraires, notamment un muscle présternal. La même année, le Journal d'Anatomie et de Physiologie anglais nous apporte l'important mémoire de Mûrie et Flower sur la dissection d'une femme boschimane. Hamy, en 1870, présente à la Société d'Anthropologie de Paris deux planches dessinées d'après nature et représentant les muscles de la face d'un négrillon., dont la provenance ethnique n'a malheureusement pas pu être déterminée avec exactitude : le savant anthropologiste du Muséum avait rencontré, chez ce sujet, un certain degré de fusion entre les différents muscles faciaux, disposition qui les ramenait à un degré d'infériorité notable, en les rapprochant des muscles similaires des Anthropoïdes.

Trois ans plus tard M. Chudzinski pubhe, dans la Revue d' Anthropologie de Broca, une série d'observations d'anomalies musculaires recueillies par lui sur deux sujets nègres, un nègre de la Guadeloupe et une négresse d'Angola. Le même journal nous fait connaître, en 1874 et en 1882, deux nouveaux mémoires du même auteur sur le même sujet : le premier est basé sur la dissection de trois nègres de Saint-Dominique et de la Trinité ; le second résume les observations faites sur seize sujets des races exotiques, dont douze nègres de provenances différentes, un noir de Pondichéry, un Annamite, un Indien du Pérou et un Arabe. Turner a disséqué, à Edimbourg, deux sujets nègres et inséré dans son journal (vol. XIII et XIV) deux notes relatives à ces dissections. Le Bulletin de la Société d'Anthropologie de Paris de 1881 renferme une note relative à la dissection d'un nègre étudié par Duchesne. Enfin, le professeur Giacomini vient de communiquer à l'Académie de Turin un important travail où se trouvent consignées les principales particularités que lui a offertes le sy.stème musculaire de neuf sujets nègres, dont trois Abyssiniens et six autres sujets, dont la nationalité n'est pas indiquée.

Ces différents mémoires renferment une série considérable de

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faits dont l'importance est fort variable et qui ont été déjà analysés, pour la plupart, en leur lieu et place, dans l'une des quatre parties de cet ouvrage. Il serait tout aussi fastidieux qu'inutile de les décrire en détail ou même de les mentionner de nouveau; je me contenterai de condenser, en quelques lignes, les conclusions qui me paraissent découler de leur étude. Mais, je dois auparavant résumer ici les résultats de mes propres dissections.

ARTICLE II

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J'ai eu l'occasion, depuis cinq ans, d'étudier le système musculaire de onze sujets nègres, dont six seulement d'une façon complète; ce sont les seuls dont je m'occuperai ici:

Obs. I : Le premier est un jeune Boschiman de douze à qua- 'torze ans dont l'étude m'a été confiée par MM. de Quatrefages et Hamy, en mai 1880. Ce sujet, apporté à Cuvier par M.Delalande, soigneusemenl enfermé dans un bocal d'alcool, était resté comme oublié pendant près de soixante ans, dans les laboratoires du Muséum.

Obs. II : Jeune négresse de quinze ans, originaire du Sénégal ; acquise tout enfant dans un village de l'intérieur, elle avait été transportée à Bordeaux pour y servir comme domestique. Une tuberculose l'avait conduite à l'hôpital Saint-André où elle avait succombé, après quelques mois de séjour.

Obs. ht : Nègre de l'île Bourbon, âgé de quarante-six ans, de haute taille et d'une vigueur peu ordinaire. Transporté à Bordeaux en 1875, il avait succombé, dans les derniers jours de décembre 1880, aux progrès d'une tuberculose pulmonaire.

Obs. IV : Jeune nègre de vingt-cinq ans, originaire de l'île de la Réunion, exerçant la profession de marin, mort également de tuberculose, au mois de février 1882.

Obs. V : Encore un marin de trente à trente-cinq ans, enlevé

par la tuberculose, en novembre 18821; il était né à Taïti, de parents nègres.

Obs. VI : Nègre de l'Amérique du Nord, né dans les environs de la Nouvelle-Orléans. Il était âgé de vingt ans ; il avait été amené à l'hôpital Saint-André, comme les précédents, par une tuberculose pulmonaire, et y avait succombé le 2l2S février 18821.

Adoptant la méthode topographique, je vais signaler par régions les principales anomalies musculaires qui m'ont été offertes par la dissection de ces divers sujets. Le numéro de l'observation placé en tête de chacune d'elles indiquera celui des six sujets auquel elle devra être rapportée :

§ I. — Muscles du tronc. — Je comprends sous ce titre les muscles du thorax, de X abdomen et du dos :

Grand pectoral. — Obs. I : Il se compose de deux portions parfaitement distinctes jusqu'à leur implantation sur le tendon huméral: une portion claviculaire et une portion sterno-costale. Celle dernière très développée s'entrecroise en partie, sur la ligne médiane, avec celle du côté opposé. On voit très nettement,surtout au niveau du tiers supérieur du sternum, des faisceaux charnus passer d'un côlé à l'autre; il n'existe entre les deux muscles aucun inlerslice, aucune trace par conséquent de la ligne blanche sternale. Au-dessous du grand pectoral existe une petite bande musculaire supplémentaire qui, se détachant de la 4® et de la 5*^ côte, se porte en dehors et ne se fusionne avec le grand pectoral qu'à 3 centimètres en dedans du tendon terminal.

Obs. II : Les deux grands pectoraux présentent également, sur la ligne médio-sternale, une fusion remarquable que j'ai déjà décrite en détail. (Voyez F'^ partie, chap. I. p. 10.) — Obs. m : Le grand pectoral se confond avec celui du côté opposé dans la moitié inférieure de sa portion sternale; la portion claviculaire de ce muscle est entièrement distincte de sa portion sterno-costale ainsi que du deltoïde. — Obs. IV : Le grand pectoral est réuni avec le deltoïde d'une façon à peu près complète ; la portion claviculaire est distincte de la portion sterno-

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costale. Cette dernière se fusionne dans sa moitié supérieure avec celle du côté opposé.

Obs. V : Même isolement de la portion claviculaire. — Obs. VI : Le grand pectoral se fusionne en partie sur la ligne médiane, avec son congénère du côté opposé.

Sur aucun de mes six sujets, je n'ai trouvé de faisceau abdominal distinct.

Petit pectoral. — Obs. V: Du côté droit, il s'étend à son origine de la côte à la 6*^; sa hauteur à ce niveau est de 16 centimètres ; son tendon d'insertion coracoïdien est plus fort que d'habitude et mesure 2 centimètres de largeur. — Obs. VI : Du côté gauche, il s'insère sur les 2% 3^, 4® et 5^ côtes; son bord supérieur n'est séparé de la clavicule que par un espace mesurant à peine 21 centimètres.

Sous-clavier. — Obs. I et IV : Ce muscle, tout en s'attachant en majeure partie à la face inférieure de la clavicule, envoie une forte expansion aponévrotique sur la clavicule.

Obs. VI: Plus développé que d'habitude, le sous-clavier s'insère en dehors (côté gauche) à l'apophyse coracoïde, suivant une ligne non interrompue qui s'étend du sommet à la base de cette apophyse.

Présternai. — Je ne l'ai rencontré que dans I'Obs. V, où il existait des deux côtés, mais beaucoup plus développé du côté gauche que du côté droit.

Dorso-épitrochiéen. — Ce faisceau Surnuméraire, qui est la reproduction manifeste d'une disposition simienne, ne m'a été offert que par le sujet de I'Obs. I, sous la forme d'une bandelette charnue qui, parlant du tendon du grand dorsal, venait se jeter sur la longue portion du triceps.

Trapèze. — Obs. I : Il est réduit à sa partie cervico-dorsale; les faisceaux occipitaux font complètement défaut. Comme conséquence d'une pareille disposition, l'étendue des insertions claviculaires ne mesure que 22 millimètres. — Obs. V : Le trapèze descend en bas jusqu'à la 12'' vertèbre dorsale. — Obs. IV : Plus réduit que sur le sujet précédent, il ne descend que jusqu'à la lO'' dorsale; en haut il se termine, à l'aide d'une languette

fort grêle, sur la protubérance occipitale externe; il ne prend aucune insertion sur la lignecourbe occipitale. — Obs. VI : Plus réduit encore, il ne descend que jusqu'à la S*" dorsale; en haut, ses faisceaux internes remontent bien jusqu'à la protubérance occipitale, mais la plus grande partie de ses faisceaux externes s'arrêtent sur le ligament cervical, à la hauteur de l'atlas et de l'axis.

Rhomboïde. — Obs. II : Il n'est constitué que par une seule portion; je n'ai rencontré aucune trace du petit rhomboïde. Sa hauteur, mesurée sur la colonne vertébrale, est égale à la distance qui sépare la G*' vertèbre cervicale de la 5*^ vertèbre dorsale. — Obs. VI : Sur ce sujet, il n'y a pas non plus de petit rhomboïde différencié ; mais cette formation musculaire y existe cependant entièrement fusionnée avec le grand rhomboïde. Le bord supérieur du muscle unique rencontre, en effet, la colonne vertébrale à la hauteur de l'espace qui sépare la 4® cervicale de la 5^.

Droit antérieur de l'abdon.en. — ObS. I : Il s'attache en haut

à la fois sur l'appendice xiphoïde, sur la 7*^, 6^ et 5^ côte. Il présente dans son trajet quatre intersections aponévrotiques, une au-dessous de l'ombilic et trois au-dessus : la première (la plus inférieure) est légèrement courbe, à concavité dirigée en haut; la seconde est légèrement oblique de bas en haut et de dehors en dedans; la troisième et la quatrième présentent une obliquité dirigée dans le même sens, mais plus accentuée. Ces quatre intersections aponévrotiques sont complètes, je veux dire qu'elles occupent à la fois toute l'épaisseur et toute la largeur du muscle. Elles sont espacées l'une de l'autre de la façon suivante : la première est située à 8 centimètres au-dessus de la symphise pubienne; il existe 3 centimètres entre la deuxième et la troisième, 3 centimètres et demi entre la troisième et la quatrième, 2 centimètres et demi enfin entre celte dernière et l'extrémité supérieure du muscle. — Obs. II : Il présente trois intersections aponévrotiques seulement : la première, en allant de bas en haut, affecte une direction transversale et se trouve placée à 15 centimètres au-dessus de la

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symphise pubienne; la deuxième, également transversale, est située à 211 centimètres au-dessus de cette même symphise; quant à la troisième, elle est fortement oblique en haut et en dedans et se trouve séparée du pubis par une étendue de 30 centimètres.

Obs. III : Remarquable par ses dimensions transversales, le grand droit présente quatre intersections aponévrotiques : la première au-dessous de l'ombilic, les trois autres au-dessus. — Obs. IV : Quatre intersections aponévrotiques également : la première, (en allant de bas en haut) est transversale, complète et se trouve située à 3 centimètres et demi au-dessous de l'ombilic; la deuxième et la troisième sont encore complètes et transversales et se trouvent placées, l'une à 3 centimètres et demi, l'autre à 7 centimètres au-dessus de l'ombilic; la quatrième, oblique en haut et en dedans, commence sur le bord externe et s'arrête avant d'atteindre le bord interne, dont elle est séparée par un espace de % centimètres; cette dernière intersection correspond à la 8® côte. — Obs. V : Le grand droit s'insère en bas par deux faisceaux distincts qui ne se fusionnent qu'au niveau de la première intersection aponévrotique ; ces intersections sont au nombre de trois seulement.

Obs. VI : Le muscle, très développé et remarquable par sa largeur, envoie en haut un fort faisceau à l'appendice xiphoïde. J'ai rencontré quatre intersections, une au-dessous de l'ombilic et trois au-dessus. Les deux intersections moyennes affectent une direction transversale ; les deux autres sont obliques^ la première en bas et en dedans, la quatrième en bas et en dehors. Elles sont situées: la première à 11 centimètres, la deuxième à 18 centimètres, la troisième à 23 centimètres, la quatrième à 29 centimètres au-dessus de la symphise pubienne. Ces diverses distances sont mesurées sur le bord interne ou ombilical du muscle grand droit.

Pyramidal de l'abdomen. — Absent dans leS Obs. I et II, il

est au contraire très développé et des deux côtés dans les Obs. III, IV, V et VI.

Droit latéral de l'abdomen. — Ce faisceau Surnuméraire ne

m'a été présenté que par le sujet de I'Obs. VI; il a déjà été décrit plus haut (Voyez F" partie, p. 170),

Petit psoas. — Absent sur les sujets des Obs. I, II, III et VI, il existe des deux côtés et à un degré de développement peu ordinaire sur les sujets des Obs. IV et V. Chez le premier, le corps charnu du muscle se détache de la l""® et de la %^ vertèbre lombaire; il mesure 11 centimètres de longueur. Son tendon inférieur s'insère sur l'éminence iliopectinée. Chez le sujet de I'Obs. V, il prend naissance en haut, à l'aide d'un tendon aplati, sur la face latérale des corps des 11*^ et ISl" vertèbres dorsales, ainsi que sur le fibrocartilage intermédiaire. Ce tendon d'origine mesure 2l centimètres et demi de largeur. Les fibres charnues qui lui font suite constituent un faisceau fusiforme, long de 16 centimètres; elles viennent se terminer sur la face profonde d'un tendon aplati, large de 1 centimètre à sa partie moyenne, lequel s'élargit en se rapprochant du bord antérieur de l'os coxal, et vient se fixer à l'éminence ilio-pectinée, ainsi que sur la ligne innominée dans une étendue de 5 centimètres.

Petit iliaque. — Il existe très développé dans les Obs. I et VI.

Triangulaire du sternum. — ObS. VI : Des deux CÔtés, ce mus-

cle, plus développé que d'habitude, envoie des faisceaux charnus sur la %\ la 3% la 4% la 5^ la 6« et la "i" côte. Ses fibres inférieures se confondent, sans ligne de démarcation aucune, avec les fibres les plus élevées du transverse de l'abdomen.

§ II. — Muscles du cou et de la nuque. *

sterno-ciéido-mastoïdien. — Obs. III : En dehors du chef claviculaire, j'ai rencontré les vestiges de deux faisceaux distincts qui devaient vraisemblablement se terminer sur l'occipital, représentant ainsi le cléido-Qccipital de Wood. — Obs. II : Le chef sternal et le chef claviculaire sont complètement fusionnés du côté gauche. Il existe, sur ce muscle, une intersection aponévrotique à direction transversale, située à % centimètres audessus de la fourchette sternale. — Obs. V : Le chef claviculaire est complètement distinct du chef sternal. Ce dernier se

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détache lui-même du sternum à l'aide de deux tendons distincts : l'un, plus antérieur, affecte une forme conique et prend naissance sur la face antérieure de la première pièce du sternum ; l'autre, placé sur un plan postérieur, est aplati et s'insère, audessus et en arrière du précédent, sur un point voisin de la fourchette.

Scaiène intermédiaire. — Il m'a été offert seulement par le sujet de I'Obs. I, et j'en ai donné la description plus haut. (Voy. p. 233.)

Digastrique. — Obs. IV : Du côté droit, le Ventre antérieur laisse échapper, le long de son bord interne, un faisceau surnuméraire (3"= ventre), long de % centimètres et demi, large de 1 centimètre et demi, lequel, obliquant en haut et en dedans, vient se terminer sur le raphé médian, en un point qui est un peu plus rapproché de l'os hyoïde que de la symphise mentonnière.

stylo-hyoïdien. — Obs. V : Le tendon inférieur de ce muscle n'est pas traversé par la portion moyenne du muscle digastrique.

Myio-hyoïdien. — Obs. T : Les deux muscles, complètement fusionnés sur la ligne médiane dans leur tiers postérieur, sont séparés en avant par une intersection fibreuse très marquée. — Obs. II : Le tiers postérieur des fibres de ce muscle se termine, comme d'ordinaire, sur l'os hyoïde; quant aux autres, convergeant vers la hgne médiane entre l'os hyoïde et les apophyses géni, elles se continuent directement avec leurs homologues du côté opposé^ sans prendre d'insertion sur un raphé dont il n'existe aucune trace.

Génio-iiyoïdien. — Obs. II : Les deux muscles sont entièrement confondus sur la ligne médiane.

Omo-iiyoïdien. — Obs. IV : Le tendon intermédiaire fait défaut sur le côté gauche. — Obs. VI : Du côté gauche, le muscle prend une insertion surnuméraire sur la base de l'apophyse coracoïde.

Sterno-cléido-liyoïdien et sterno-tliyroïdien. — Je n ai VU manquer sur aucun de mes sujets l'intersection fibreuse sus-sternale, bien qu'elle existât à des degrés divers de développement.

Angulaire de l'omoplate. — Obs. IV: Il présente lin développement remarquable; il se divise en haut en cinq faisceaux : les quatre premiers très volumineux pour l'atlas, l'axis, la 3" et la 4° cervicale; le cinquième, relativement grêle, pour la 5'' vertèbre de la même région. — Obs. V : Le muscle, sur ce sujet, est réduit à deux faisceaux seulement : le faisceau supérieur se rend à l'atlas, le faisceau inférieur se termine sur l'axis. — Obs. VI : Il ne présente également que deux faisceaux, parfaitement distincts l'un de l'autre : le faisceau inférieur s'insère, par un tendon aplati, à l'apophyse transverse de la 3'^ vertèbre cervicale: le faisceau supérieur s'insère à l'atlas; un espace de 3 centimètres sépare ces deux faisceaux.

Spiénius. — Obs. V : Sur le côté droit de ce sujet, la portion cervicale de ce muscle présentait un volume peu ordinaire et venait se terminer non seulement sur l'atlas et l'axis, mais encore sur les apophyses transverses des deux vertèbres suivantes.

Droits et obliques de la tète. — Ces muscles m'ont paru très développés chez tous mes sujets nègres. Dans I'Obs. IV notamment, il résulte de ce développement insolite des muscles profonds de la nuque que le triangle classique de cette région n'existait pas, comblé qu'il était par les muscles arrivant au contact les uns des autres et se superposant même sur certains points.

§ III. — Muscles du membre supérieur.

Grand-rond. — Obs. IV : Du côté gauche, il se coufond, avant d'atteindre l'humérus, avec le tendon du grand dorsal, dans une étendue de 6 centimètres. ' .

Coraco-brachiai. — Obs. I : Au-dessous du muscle normal, se trouve un petit faisceau surnuméraire (court coraco-brachiai), lequel croise perpendiculairement les fibres du muscle sousscapulaire, sur l'aponévrose duquel il se termine, à quelques millimètres au-dessus du tendon du grand dorsal.

Biceps brachial. — Obs. Vf : Du côlé gauche, le muscle possède, indépendamment de ses deux portions classiques, deux

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chefs surnuméraires qui en font un vrai muscle quadriceps : le premier de ces faisceaux se détache du trochin à l'aide d"ua tendon cylindrique très grêle; le second n'est autre que le chef humerai du biceps, se détachant comme d'habitude de la face interne de l'humérus, entre les insertions supérieures du brachial antérieur et les insertions inférieures du coraco-brachial.

Brachial intérieur. — ObS. IY : Il est constitué par deux

lames superposées, ne se réunissant qu'à 1 centimètre audessus de Tapophyse coronoïde. Elles sont à peu près d'égal volume et présentent, l'une et l'autre, les mêmes rapports que ie brachial antérieur des Traités classiques. Le faisceau profond déborde un peu en dehors le feuillet superficiel.

Petit palmaire. — Obs. TV : Xormal en haut, il se termine en bas. à la fois sur le ligament palmaire et sur les muscles de l'éminence thénar. — Obs. V : Le tendon inférieur se bifurque à 8 centimètres au-dessus du ligament annulaire antérieur du carpe une des branches de bifurcation se rend à l'aponévrose palmaire superficielle, sans s'arrêter sur le ligament annulaire; l'autre, placée un peu en arrière de la précédente, se fixe au bord supérieur du ligament annulaire antérieur du carpe.

Fléchisseurs des doigts. — Obs. II: A droite, le fléchisseur commun superficiel laisse échapper de sa face profonde un fort faisceau charnu qui vient se perdre dans le long fléchisseur propre du pouce. Ce dernier muscle, qui s'insère exclusivement en haut sur le radius, fournit au niveau du bord du carré pronateur un petit faisceau anaslomotique qui. se portant en bas et en dedans, vient se terminer sur le tendon que le fléchisseur commun profond envoie à l'index. — Obs. V : Le muscle long fléchisseur propre du pouce se jette, au tiers inférieur de l'avant-bras, sur deux tendons distincts, lesquels suivent un trajet identique et viennent se terminer, l'un et l'autre, sur la phalange onguéale du pouce.

Faisceaux lenseui^s de la gaine des fléchisseurs. — ObS. H : J ai

rencontré, sur l'avant-bras droit, un petit faisceau surnuméraire qui se détachait de la face antérieure du radius, croisait de haut en bas les faisceaux transversaux du carré pronateur

et venait se perdre sur la paroi antérieure de la gaine des fléchisseurs. J'ai observé un faisceau analogue sur le sujet de I'Obs. V.

Carré pronateur. — Obs. I : Il présente à gauche un faisceau surnuméraire cubito-carpien. Il s'insère en haut sur le cubitus, immédiatement au-dessous des fibres les plus inférieures du carré pronateur, et se termine sur la face palmaire du scaphoïde. — Obs. IV : Il est constitué par deux lames superposées, affectant l'une et l'autre une forme quadrilatère. — Obs. VI : Le muscle, du côté droit, présente sur sa face antérieure une bandelette aponévrotique, dont les faisceaux nacrés croisent presque à angle droit les faisceaux constitutifs du muscle, et que j'ai considérée comme un reliquat fibreux du muscle surnuméraire radio-carpien .

Extenseur commun des doigts. — ObS. II : Il ne fournit à

droite que trois tendons pour l'index, le médius et l'annulaire. Il n'existe aucun tendon pour le pet doigt. Cette absence est apparemment suppléée par une bifurcation du tendon de l'extenseur propre du petit doigt. Cette bifurcation se produit à la hauteur du carpe; les deux tendons qui en résultent cheminent isolément jusqu'au niveau de l'articulation métacarpophalangienne, où ils se fusionnent de nouveau en un tendon unique.

Extenseur propre du médius. — Obs. V : Ce faisceau Surnuméraire, placé dans la couche profonde de la région postérieure, en dedans de l'extenseur propre de l'index, prend naissance sur le tiers inférieur de la face postérieure du cubitus et se jette, après un trajet de 6 centimètres, sur un tendon fort grêle lequel se dirige vers le troisième métacarpien; là, il se divise en deux tendons secondaires qui, continuant le trajet du muscle lui-même, viennent se perdre sur la face postérieure de l'articulation métacarpo-phalangienne du 3^ doigt.

Long abducteur du pouce. — ObS. II : Il est double deS deux

côtés : l'un d'eux s'insère, comme d'habitude, sur l'extrémité postérieure du premier luétacarpien ; l'autre sur le trapèze. Ces deuxrausc es sont confondus, du côté droit, à leur origine anti-

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brachiale; à gauche, ils sont complètement distincts dans foute leur étendue. — Obs. VI: La masse commune des muscles profonds de la région postérieure de Tavant-bras se divise, du côté droit, en deux corps charnus dont l'un est externe, l'autre interne : le corps charnu interne se jette sur un tendon aplati qui vient s'insérer sur la deuxième phalange du pouce; c'est le long extenseur du pouce. Le corps charnu externe se divise lui-même, à 4 centimètres et demi au-dessous de son origine, en deux muscles distincts et d'égal volume. Ces deux muscles se jettent chacun sur un tendon aplali; ces deux tendons viennent à leur tour se fixer, à côté l'uu de l'autre, sur la face postérieure de l'extrémité supérieure du premier métacarpien (double long abducteur du pouce). Enfin, du tendon du long abducteur interne part un tendon très grêle, qui va se porter à l'extrémité postérieure de la première phalange du pouce et remplace ainsi le court extenseur absent.

§ IV. — Muscles du membre inférieur.

Grand fessier. — Obs. III : J'ai rencontré des deux côtés un faisceau surnuméraire, longeant le bord inférieur du grand fessier, dont il était séparé par un interstice cellulo-graisseux très apparent avant toute dissection. Ce faisceau, qui est bien assurément le vestige du muscle caudo-fémoral de quelques mammifères (voyez p. 595), prenait naissance sur le coccyx et venait se terminer en dehors, en partie sur la ligne rugueuse qui s'étend du grand trochanter à la ligne âpre, en partie sur l'aponévrose fémorale. — Obs. V : Faisceau analogue, mais du côté gauche seulement.

Carré crural. — Obs. III : Ce muscle, normal à gauche, se trouve constitué, du côté droit, par deux faisceaux distincts et à trajet parallèle, l'un supérieur et l'autre inférieur, ce dernier un peu plus volumineux que le précédent.

Biceps crural. — Obs. I : Du côté gauche, ce muscle se trouve renforcé par un faisceau détaché du coccyx.

Jambier antérieur. — Obs. I : Son tendon inférieur très volumineux, se bifurque à 7 centimètres au-dessus du bord interne

du pied. L'une des branches de bifurcation vient se fixer au premier cunéiforme, l'autre à l'extrémité postérieure du premier métatarsien. — Obs. V : Même bifurcation sur le tendon du côté droit; elle s'étend en hauteur jusqu'à 106 millimètres du bord interne du pied; elle se termine à 2l centimètres audessous du corps charnu.

Long péronier latéral. — Obs. I : J'ai rencontré un gros noyau cartilagineux dans l'épaisseur de son tendon, au niveau du point où ce dernier va s'engager dans la gouttière calcanéenne. Ce tendon s'attache comme d'ordinaire au premier métatarsien, après avoir envoyé au cinquième une forte expansion.

Court péronier latéral. — Le prolongement phalangien de son tendon, absent dans les Obs. I, II, III et IV, existe au contraire dans les Obs. V et VI. Dans I'Obs. III, le tendon inférieur de ce muscle se divise, dès son origine, en deux portions parfaitement distinctes : de ces deux tendons terminaux, le postérieur affecte la forme d'un petit cordon cylindrique; l'antérieur, membraniforme, se creuse en gouttière de façon à engaiiier le précédent. L'un et l'autre se terminent sur l'extrémité postérieure du cinquième méta tarsien.

Péronier antérieur. — Obs. V : Il fait complètement défaut des deux côtés.

Pédieux. — Obs. I : Du côté gauche, le faisceau musculaire envoyé par ce muscle au gros orteil est complètement distinct des autres faisceaux. — Obs. VI : Le muscle possède cinq tendons : le tendon surajouté est situé entre le premier et le troisième et se termine sur l'aponévrose du premier espace interosseux. En outre, le corps charnu destiné au gros orteil présente cette particularité intéressante qu'il est traversé (du côté droit seulement) par le nerf tibial antérieur.

Court fléchisseur plantaire et accessoire. — ObS. I : Ce dernier

muscle est double ou plutôt constitué par deux faisceaux dilTérents : un faisceau externe, qui prend naissance sur la face inférieure du calcanéum, et un faisceau interne, qui se détache

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