‹ Les anomalies musculaires chez l'hommeChapitre 159 sur 177 · LES ANOMALIES MUSCULAIRES CHEZ LES NÈGRES ET CHEZ LES BLANCS · texte numérisé non relu

LES ANOMALIES MUSCULAIRES CHEZ LES NÈGRES ET CHEZ LES BLANCS

Les quelques dissections de nègres aujourd'hui connues de Cuvier, Wood, Turner, Chudzinski, Giacomini, les nôtres, établissent d'une façon incontestable que les anomalies musculaires, que nous rencontrons journellement chez les sujets blancs de nos amphithéâtres, se reproduisent également chez les sujets de races colorées. Mais, sur un pareil terrain, l'esprit des anthropologisles ne pouvait que difficilement s'arrêter à une conclusion si générale; et l'on comprendra l'impatience, toute naturelle du reste, qui les a portés à se poser les deux questions suivantes :

1° Existe-t-il dans la constitution anatomique du nègre quelque dsposition spéciale de son système musculaire n'existant pas chez le blanc et acquérant en conséquence la valeur absolue d'un caractère ethnique?

2° Les anomalies musculaires, qui ne sont que des retours à une organisation antérieure, sont-elles plus fréquentes dans les races nègres que dans nos races européennes?

Ces deux questions ont une importance qui n'échappera à personne : à la première je réponds hardiment par la négative ; non, nous ne connaissons (pour le moment du moins, car des

recherches ultérieures peuvent, modifier nos conclusions), nous ne connaissons, dis-je, aucune disposition anatomique caractérisant le système musculaire du nègre. Tous les muscles surnuméraires, toutes les variations morphologiques des muscles existant normalement chez l'homme, qui ont été signalées chez les sujets appartenant aux races exotiques, ont été rencontrées avec les mêmes caractères chez les sujets européens. Les preuves de ce que j'avance se trouvent dans les pages qui précèdent, je ne saurais insister sans tomber dans des redites inutiles.

Il est cependant un fait que je dois relever, parce qu'il émane d'un anatomiste très compétent dans le sujet spécial qui nous occupe et qui, contraire aux résultats de nos propres dissections, pourrait induire en erreur quiconque essaierait de le généraliser. Dans son dernier mémoire de 18821, M. Chudzinski écrit ces lignes : « Le fait à noter le plus important est l'absence complète du petit psoas dans les races noires; ce muscle manque chez tous les nègres que nous avons disséqués » , et plus loin : « Parmi les muscles qui manquent toujours chez nos sujets, nous nommerons le petit psoas -iliaque; ce muscle manque aussi quelquefois chez le blanc » . Entre une pareille assertion et cette autre qui consisterait à dire que l'absence du petit psoas est une disposition caractéristique des races nègres, il n'y a qu'un pas. Mais quelque faible que soit la distance, M. Chudzinski a été assez prudent pour en tenir compte; il sait mieux que personne qu'en pareille matière il faut se défier des conclusions prématurées, basées sur des observations numériquement insuffisantes. Dans le domaine des sciences naturelles, il est si fréquent de voir une affirmation de la veille renversée par les recherches du lendemain !

Et de fait, le muscle petit psoas se reproduit chez le nègre comme chez le blanc : Flower et Mûrie l'ont rencontré sur le côté droit de leur Boschimane; je l'ai rencontré moi-même, comme on l'a vu plus haut, à un degré de développement peu ordinaire, sur deux sujets nègres originaires, le premier de l'île de la Réunion, le second de Taïti.

En totalisant les différents résultats obtenus par Flower et

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