ANOMALIES DU MUSCLE GRAND PSOAS
Le muscle grand psoas s'étend obliquement en bas, en avant et en» dehors, de la colonne lombaire au petit trochanter. Il s'insère en haut, sur les corps de la'ISl'^ vertèbre dorsale et des quatre premières lombaires, sur les disques intervertébraux qui les unissent et à la base des apophyses transverses correspondantes; en bas, le grand psoas reçoit sur son bord externe la plus grande partie des fibres du muscle iliaque et vient s'attacher ^
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par un fort tendon, non pas sur le sommet, mais sur la face postérieure du petit Irochanter.
§ I. — Variations de volume et d'étendue du muscle. —
Le muscle grand psoas peut présenter, dans son volume et dans l élendue de ses insertions, quelques variations peu importantes et qu'il est inutile de décrire en détail. Elles se réduisent toutes à quelques faisceaux en plus ou en moins pour les éléments osseux (corps ou apophyses transverses) de la colonne dorso-lombaire.
Dans deux cas que j'ai observés en 1881 , le volume du psoas iliaque était si considérable au niveau du bord antérieur de l'os coxal et dans le triangle de Scarpa, que ce muscle venait faire une forte saillie entre l'artère et la veine fémorale généralement accolées, séparées dans ce cas par un espace de plus de
I centimètre.
Analomie comparée. — Le volume du psoas ne varie pas moins dans toute la série des mammifères : il s'élève, chez les Solipèdes, jusqu'aux deux dernières vertèbres dorsales et aux dernières côtes ; chez le Troglodytes Aubryi, Gratiolet et Alix l'ont vu atteindre également l'avant-dernière vertèbre dorsale.
II commence au contraire à la 21* vertèbre lombaire chez le coaïta, et il est tellement réduit chez le phoque commun qu'il s'y est dérobé au scalpel, pourtant bien exercé, de Duvernoy.
§ IL — Grand psoas distinct du muscle iliaque. — Des
cas de celte nature sont mentionnés par Horner, par I>ieutaud et par Macalister. Ils sont fort rares; les deux muscles, iliaque et psoas, se réunissaient au niveau de leur insertion fémorale.
Anatomie comparée. — La fusion des deux muscles s'observe assez constamment chez les mammifères; chez quelques-uns d'entre eux cependant, le muscle ihaque est tellement réduit qu'il reste à peu près distinct du psoas jusqu'au niveau du trochanter. Meckel a observé une séparation complète chez la chauve-souris. « On trouve chez ces Chéiroptères, dit-il, un grand psoas qui prend naissance à toutes les vertèbres lombaires, et un iliaque extraordinairement développé. Ces
deux muscles s'insèrent au fétnur séparément l'un de l'autre ; l'iliaque se fixe plus bas que le grand psoas. » Nous verrons plus loin (voyez M. iliaque), comment MM. Maisonneuve et Sabatier ont interprété le système psoas-iliaque cbez les Chéiroptères.
§ m, — Division du muscle psoas en portions distinctes, psoas accessoire. — Les faisceaux charnus qui se détachent des apophyses transverses des deux premières vertèbres lombaires ou de la 3® et de la 4*^ peuvent rester distincts du corps charnu principal, dans une étendue plus ou moins grande. Dans un cas, rapporté par Meckel, ces faisceaux constituaient pour ainsi dire un deuxième psoas gagnant séparément le petit trochanter.
Tout dernièrement Reid et Taylor ont décrit, sous le nom de psoas accessoire, un faisceau musculaire situé en dehors du grand psoas, et séparé de ce dernier muscle par le nerf crural. Il prenait naissance, par son extrémité supérieure, sur la partie antérieure des apophyses transverses des 3® et i'' vertèbres lombaires, ainsi que sur le feuillet antérieur de l'aponévrose du transverse et venait se confondre avec l'iliaque, au-dessous de l'arcade fémorale.
Ce faisceau n'est qu'un mode d'union particulier entre deux muscles qui sont constamment fusionnés à leur insertion trochantérienne.
A l'état normal, quelques rameaux du plexus lombaire s'ouvrent un passage dans l'épaisseur du muscle psoas; ces branches nerveuses séparent nécessairement des faisceaux charnus qui, sans leur présence, resteraient contigus. Cette séparation est généralement très limitée; mais on conçoit qu'elle puisse s'étendre au-dessus et au-dessous du nerf, et qu'elle fractionne ainsi le muscle perforé en portions distinctes ; certains faisceaux isolés, que l'on a décrits sous le nom de muscles accessoires du psoas, ne reconnaissent pas assurément d'autre origine, et l'on peut considérer ces anomalies comme l'exagération d'un état normal.