MUSCLE SURNUMÉRAIRE PETIT PSOAS
§ I. — Le petit psoas chez riiomme et chez les animaux.
— Perrin, sur 112 sujets qu'il a examinés, de 1868 à 1872, n'a
trouvé le petit psoas que 32 fois. Theile ne l'a rencontré qu'une seule fois sur 210 cadavres; sur 32 sujets que j'ai examinés moi-même à cet égard, j'ai vu le pelit psoas faire défaut sur 26. De pareils chiffres sont significatifs : ils nous autorisent à considérer l'absence du pelit psoas comme l'état normal chez l'homme, et à rayer désormais son nom de nos descriptions classiques. Son apparition, non son absence, constitue l'anomalie et nous le décrirons ici, comme un muscle surnuméraire, au même titre que X omo-lransversaire ^ Voccipitoscapuîaire, le dorso-épitrochléen, Y épitrochléo-anconeus, etc.
Ce muscle se détache généralement du corps de la dernière dorsale, du corps de la première lombaire et du disque intervertébral qui sépare ces deux vertèbres. Les faisceaux charnus qui le constituent descendent sur la face antéro-interne du psoas, sous la forme d'un ruban mince et aplati qui dégénère, à la partie moyenne de la région lombaire, souvent plus haut, en un simple tendon aponévrotique ; ce tendon continuant la direction du corps charnu, s'élargit au fur et à mesure qu'il descend et vient se fixer sur l'éminenceilio-pectinée, ainsi que sur le fascia iliaca, avec lequel il contracte des connexions intimes.
Ayiatomie comparée. — Le muscle petit psoas n'est que le représentant atrophié, chez l'homme, d'un muscle qui est constant et beaucoup plus développé chez la plupart des mammifères où il fléchit fortement soit le bassin sur la colonne vertébrale, soit la colonne vertébrale sur le bassin. Chez les Solipèdes, il s'insère sur toutes les vertèbres lombaires et sur les trois dernières dorsales; chez le chien, il est relalivement plus volumineux que le grand psoas; il en est de même chez le cochon; mais c'est surtout chez les animaux sauteurs que le muscle petit psoas prend des proportions remarquables : il est très long et très fort chez le lièvre et chez Vécureuil; chez V ornithorynque, il remonte jusqu'aux cinq dernières dorsales, et constitue, d'après Meckel, le plus grand des muscles de cet animal. Chez le kanguroo, il se détache de la dernière côte et de toutes les vertèbres lombaires, la dernière exceptée; il est pour le moins dix fois plus volumineux que le grand psoas.