ANOMALIES DES INTERCOSTAUX INTERNES
Les intercostaux internes s'étalent, en dedans des précédents, de la lèvre interne du bord inférieur de la côte qui est au-dessus à la lèvre interne du bord supérieur de la côte qui est au-dessous. Leurs faisceaux charnus^ dirigés en sens inverse, de haut en bas et d'avant en arrière, commencent à l'extrémité antérieure des cartilages et s'arrêtent en arrière, à l'angle des côtes. Débordés en arrière par les intercostaux internes, ils les débordent en avant, au moins dans les premiers espaces. Ces muscles présentent les variations suivantes :
§ I. — Extension jusqu'à la colonne vertébrale. — Cette disposition a été observée de préférence dans le 1" espace, le 21* et le S*'. Meckel décrit cette disposition comme normale, chez V hyène. Elle se rencontre dans bien d'autres mammifères; je l'ai observée moi-même chez le chien boule-dogue : dans cette espèce, tout au moins, les faisceaux les plus reculés des
19i LES ANOMALIES MUSCULAIRES CHEZ l'hOMME.
intercostaux internes s'arrêtent dans leurs insertions supérieures à 2 ou 3 millimètres seulement de la colonne vertébrale ; mais, comme ils sont obliques en bas et en dedans, ils se rapprochent en descendant de celte colonne vertébrale, de manière à s'attacher en bas, sur la partie la plus interne de la côte qui est au-dessous. Il n'existe à ce niveau, entre la colonne vertébrale et le bord postérieur du muscle, qu'un tout petit espace triangulaire nécessité par le passage de vaisseaux intercostaux, marchant à la rencontre de l'aorte et de la veine cave.
§ II. — Variations de nombre. — Le 10° et le 11" muscle intercostal interne sont généralement fort minces; dans certains cas, il est besoin d'une dissection minutieuse pour en constater la présence. On les a vus faire défaut.
§ III. — Union avec le petit oblique. — C'est encore dans les derniers espaces intercostaux qu'on rencontre ces faisceaux d'union passant directement d'un muscle à l'autre; disposition bien naturelle et à laquelle nous refusons le nom d'anomalie, les muscles intercostaux internes étant la continuation théorique du muscle petit oblique ou oblique interne : supprimons idéalement les côtes, et l'ensemble des intercostaux n'étant plus coupés transversalement, comme ils le sont chez l'homme et chez les mammifères, forment, avec le petit oblique, une vaste lame musculaire nulle part interrompue.
§ IV. — Union avec les sous-costaux. — Une pareille disposition est assez fréquente chez l'homme et chez les animaux, pour que quelques anatomistes aient cru devoir faire des muscles sous-costaux des dépendances des intercostaux internes. En fait, on rencontre assez souvent, surtout dans les derniers espaces intercostaux, au niveau de l'angle des côtes, des faisceaux du muscle intercostal interne, empiétant pour leurs insertions sur la face interne de la côte voisine, et la recouvrant dans une telle étendue, qu'on éprouve une certaine peine pour savoir si l'on a sous les yeux un simple prolongement de
l'intercoslal interne, ou un faisceau musculaire véritablement distinct de l'intercostal.
§ V. — Séparation de la portion interosseuse et de la portion cartiiag-ineuse. — Schœmaker a signalé cette séparation entre les muscles intercostaux internes et leur portion cartilagineuse. Celte disposition, qui se rencontre le plus fréquemment au niveau des 3^, 4% 5® et 6® espaces intercostaux, est fort rare; elle a été mentionnée de nouveau en 1871, par Macalisler, J'ai rencontré moi-même sur trois sujets ces interstices séparatifs, la première fois, dans le 3'' espace intercostal, les autres fois dans le 4^. Quoique peu étendus, ils n'en divisaient pas moins le muscle intercostal interne en deux portions, une portion interosseuse située en arrière (M. intercostal), et une portion intercartilagineuse située en avant (M. interchondral) .
Meckel décrit une disposition analogue pour l'intercostal externe des oiseaux : « Ces muscles, dit-il, se partagent très généralement en une moitié antérieure et une postérieure : la dernière s'étend de l'extrémité postérieure de la côte jusqu'auprès de l'appendice costal; la première naît de cet appendice et s'étend jusqu'à l'extrémité antérieure de la côte. »
§ VI. — Plan surnuméraire en dedans de l'intercostal interne. — Meissner et, après lui Macalister, ont constaté un plan surnuméraire de fd)res musculaires doublant l'intercostal interne et se séparant nettement des faisceaux de ce dernier par leur direction qui se rapprochait beaucoup plus de la verticale.
Evidemment il s'agit, dans ce cas, d'une formation musculaire dépendant des muscles sous-costaux.
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