‹ Les anomalies musculaires chez l'hommeChapitre 44 sur 177 · VARIATIONS ANATOMIQUES DES MUSCLES SOUS-COSTAUX · texte numérisé non relu

VARIATIONS ANATOMIQUES DES MUSCLES SOUS-COSTAUX

Les muscles sous-costaux [dejpressores costarum proprii de Douglas, intracostales de Yerheyen, infracostales de Meckel, subcostales de Winslow, serratus internus de Kelch, transversus thoracis posterior de Henle) sont de petites languettes musculaires, rubanées et fort minces, situées entre la plèvre pariétale et l'extrémité postérieure des intercostaux internes. Verheyen semble les avoir décrits pour la première fois en 1805 : Douglas qui leur consacre un article dans sa Mijographia comparata, publiée en 1807, en attribue la découverte à Cowper.

Ces petits muscles naissent sur la face interne d'une côte, et, se portant en bas, en suivant une direction à peu près verticale, ils viennent se fixer à la face interne, non de la côte sousjacenle, mais de celle qui vient immédiatement après. On voit cependant quelques-uns de ces muscles s'arrêter à la côte sousjacente, ou franchir deux côtes et s'attacher sur la troisième.

Théoriquement et sur un sujet qui présenterait les souscostaux à l'état de développement parfait, nous devons admettre 10 muscles sous-costaux : le premier s'étendant de la l""** côte à

la 3-, le dernier de la 10^ côte à la Mais une pareille disposition doit être excessivement rare : « Je les ai trouvés des deux côtés du corps, dit Theile, offrant cette régularité, sauf toutefois que le supérieur venant de la côte manquait; au reste celui-là est si rare qu'il serait peut-être plus exact de ne compter que 9 muscles. » Sur certains sujets, les sous-costaux, au lieu d'être distincts, semblent se continuer par leur extrémité et constituer de la sorte de longues bandes musculaires, s'étendant de la 3*^ ou 4*^ côte à la 12*^. Macdl^ster signale des faits de ce genre, et dans un cas publié par Petsche, ce ruban charnu, résultant de la fusion des languettes sous-costales, s'étendait jusqu'à la colonne vertébrale.

Ce sont là, je le répète, des exceptions : le plus souvent les sous-costaux supérieurs font défaut, et leur série se trouve réduite à quelques faisceaux couchés sur les côtes inférieures; ces faisceaux eux-mêmes varient beaucoup dans leur dimension; généralement très minces, on les voit se réduire considérablement sur certains sujets, et ne pas dépasser un demi-centimètre de largeur. Contrairement à l'assertion de Theile, qui déclare que les trois sous-costaux inférieurs ne paraissent jamais faire défaut, j'ai constaté, chez un adulte qui a servi pour mon cours de 1879, tant à droite qu'à gauche, l'absence de toute la série.

De telles variations, portant toujours sur la disparition d'un plus ou moins grand nombre de faisceaux et pouvant aboutir à l'absence totale du système, dénote, pour les sous-costaux de l'homme, une disposition imparfaite, frappée d'atrophie^ tendant à disparaître graduellement. Aussi n'est-ce pas chez l'homme, mais dans quelques espèces inférieures présentant ces muscles à l'état de développement parfait, qu'il faudrait étudier le système des sous-costaux et rechercher la signification anatomique de ces faisceaux musculaires. Ces petits muscles paraissent avoir échappé malheureusement à l'attention des zootomistes. Meckel, qui s'étend si complaisamment sur certains muscles et sur leurs variations morphologiques dans la série des mammifères, ne mentionne même pas les sous-costaux. Cuvier, dans

MUSCLES SOUS-COSTÂUX. 199

ses leçons d'anatomie comparée, les laisse également clans l'oubli, et dans la liste des muscles qui sont dessinés dans son grand Allas de myologie comparée, je vçis bien figurer les intercostaux internes et externes (inlercostiens) , les releveurs des côtes (tramverso-costiens) , les dentelés postérieurs (dorsocostiens et lombo-costiens), le triangulaire du sternum [sternocostien); des sous-costaux, il n'en est nullement question.

La plupart des anatomistes considèrent les muscles sous-costaux comme une dépendance des muscles intercostaux internes; cela est vrai sans doute, si l'on prend pour des souscostaux ces faisceaux musculaires des intercostaux internes qui, dépassant les limites habituelles de leurs insertions, tapissent toute la face interne de la côte voisine, mais n'en sont pas moins des intercostaux internes. Mais je crois devoir repousser une pareille assimilation pour les vrais sous-costaux, pour ces bandelettes musculaires, relativement volumineuses, qui sont jréellement situées sur un plan antérieur aux intercostaux nternes, qui diffèrent souvent de ces derniers par la direction contraire de leurs fibres, qui, comme dans le cas de Theile, sont débordés par eux au niveau de leur bord postérieur, et que l'on isole du reste, par une dissection généralement facile, du plan musculaire sous-jacent.

, Les sous-costaux, dans leur ensemble, doivent être considérés comme un système distinct, plus profondément situé, par rapport au tégument externe, que les groupes des intercostaux et des surcostaux, système évidemment réduit chez l'homme au niveau du thorax, mais se reconstituant à l'abdomen, au-dessous du petit oblique, pour constituer le muscle transverse (Henle) et le carré des lombes (Theile). Strauss-Durckeim, dont on ne saurait contester l'autorité en pareille matière, professe la même opinion. « Quoique ces petits muscles, dit-il, ne se rencontrent que rarement, ils paraissent cependant appartenir à une série normale dans le type, vu qu'on les trouve chez certains autres vertébrés, tels que les serpents, où ils couvrent régulièrement toute la cavité du thorax. »

« Leur constance et leur développement plus considérable

chez le chien indiqueraient, d'après Béraud, qu'ils agissent dans la production de l'aboiement » (cité par Ledouble, art. Sous- Coslaux du Dict. encycL, p. 711). Confiant dans ce texte, j'ai autopsié un nombre assez considérable de chiens, pour étudier chez eux un système qui devait être plus développé que chez l'homme; j'ai été cruellement désappointé en ne rencontrant, sur mes sujets, aucune trace de sous-costaux.

ARTICLE V

Page 1