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VARIATIONS AN ATOMIQUES DU MUSCLE PEAUCIER DU COU

§ I. — Anatomie humaine et comparée. — Situé dans la région anléro-latérale du cou, au-dessous de la \>ean et audessus du sterno-cléido-mastoïdien, le muscle peaucier s'étend de la partie supérieure du thorax au bord inférieur du maxillaire. Il se détache, en bas, de la face profonde de la peau qui recouvre les régions sous-claviculaire et sus-acromiale ; en haut, il prend quelques points d'attache sur la portion osseuse du maxillaire et se continue, par le plus grand nombre de ses faisceaux, avec ceux des muscles de la face qui ont pour fonction d'abaisser la lèvre inférieure; il n'est même pas rare de rencontrer un faisceau du muscle peaucier qui se porte isolément sur la commissure des lèvres.

Comme nous l'avons déjà fait remarquer, à propos du muscle peaucier de la nuque, le peaucier n'est, chez l'homme, qu'une reproduction bien faible du pannicule charnu de quelques mammifères, vaste lame musculaire entourant comme d'un manteau la nuque, la plus grande partie du cou et presque tout le tronc. C'est que chez ces animaux le pannicule charnu a un rôle important à remplir, en rapport avec les mouvements du tégument externe, tandis que chez l'homme il constitue un organe à peu près inutile : sans action sur la peau du thorax et du cou qui n'a nullement besoin d'être mobilisée, sans action aussi sur le maxillaire inférieur qui possède ses abaisseurs directs, ce muscle aurait sans doute disparu d'une façon complète du système musculaire de l'homme, si par quelques-uns de ses faisceaux, il ne présentait des connexions intimes avec les téguments de la lèvre inférieure et ne possédait ainsi quelque influence sur le jeu de la physionomie. La galvanisation de ce muscle; comme le rappelle fort justement Cruveilhier, démontre que le peaucier agit fortement sur la lèvre inférieure et est un des muscles qui concourent le plus « à l'expression des passions

tristes, de la colère, de l'effroi, de la terreur, de la souffrance ».

Voici ce qu'écrit, à propos du muscle peaucier, l'un des partisans les plus convaincus des théories évolulionnistes, le professeur Hœckel : «Nous avons encore sous la peau, en diverses régions, des muscles cutanés qui nous sont inutiles; ce sont les restes d'une couche de muscles cutanés, puissamment développés, que possédaient nos ancêtres mammifères inférieurs. Ce panniculm carnosus avait pour fonction de contracter, de rider la peau, comme le font encore aujourd'hui les chevaux quand ils veulent chasser les mouches. Nous possédons un reste de ce muscle apte encore à fonctionner : c'est le muscle frontal, qui nous permet de rider notre front et de relever nos paupières; mais il est un autre vestige considérable encore de ce même muscle, que nous ne pouvons plus contracter volontairement, c'est le muscle cutané du cou (platysma myoïdes). »

Le muscle peaucier du cou n'est donc, chez l'homme, qu'un organe en voie d'atrophie et de disparition graduelle, tout comme le pyramidal de l'abdomen qui est un muscle des Marsupiaux, le petit psoas qui est un muscle des animaux sauteurs et quelques autres encore. Si ces muscles inutiles ou à peu près inutiles existent encore chez l'homme, ce n'est que pour rappeler qu'ils font partie intégrante du plan général d'organisation des Vertébrés, et qu'on les trouvera dans quelques autres espèces inférieures avec une fonction plus importante et partant un développement plus complet.

Ces dernières considérations nous expliquent déjà le plus grand nombre des anomalies du muscle peaucier, tout ce groupe des variations du muscle portant sur son volume, son étendue et le nombre de ses faisceaux constitutifs. Nous pouvons entrevoir d'ores et déjà que le peaucier du cou présentera des faisceaux surnuméraires et dépassera ainsi les limites de la description classique; qu'il pourra au contraire perdre quelquesuns de ses faisceaux et subir des atténuations graduelles, pouvant aboutir à une disparition complète.

§ II. — Variations anatomiques portant sur l'étendue et le nombre des faisceaux. — a) Le peaucier du cou est constitué parfois par une lame musculaire rouge et épaisse, rappelant de tous points les muscles profonds. Macalister l'a vu, dans un cas où il était très volumineux, prendre des insertions à la fois sur la clavicule et sur le maxillaire.

Le plus souvent ce muscle est très mince et présente des faisceaux d'une couleur très pâle; fréquemment ces faisceaux sont séparés par des interstices plus ou moins larges, et le peaucier, n'affectant plus la forme d'une nappe continue, semble constitué par une série de faisceaux distincts.

/3J — On a vu le muscle peaucier descendre sur le thorax jusqu'à la hauteur de la 4" côte (Sœmmering) et dépasser, tant en avant qu'en arrière, ses limites ordinaires. Mais il n'est pas rare de le voir également rester en deçà des limites que lui assigne la description classique et se réduire considérablement.

Enfin le muscle peaucier peut faire complètement défaut, soit d'un côté seulement, soit des deux côtés à la fois.

7) — Wood a rencontré un faisceau partant de l'aponévrose sus-sternale à la hauteur de la 3® côte; ces insertions sur le sternum ne sont pas très rares. Il n'en est pas de même des insertions claviculaires, que l'on ne rencontre que sur bien peu de sujets. Dans un cas, rapporté par Macalister, un faisceau sternal arrondi, uni à divers faisceaux aponévrotiques sus-acromiaux et à un large faisceau parti directement de la clavicule, constituait le peaucier du cou.

â) — On a vu le peaucier du cou : 1° s'unir avec le grand zygomatique (Macalister), le petit zygomatique, l'orbiculaire des paupières, l'auriculaire antérieur (Henle), l'occipital transverse [transversus nuchœ de Schultze) ; 2!° se terminer, par quelques-uns de ses faisceaux, sur le cartilage thyroïde, sur l'arcade zygomatique (Turner), sur la conque de l'oreille (Fallope), sur le lobule et la partie la plus inférieure de la conque (Albinus, Barkow), sur l'apophyse mastoïde, sur l'occipital (Zagorski).

e) — Les deux peauciers s'entre-croisent le plus souvent sur

la ligne médiane, à partir du premier ou du deuxième centimètre au-dessus delà symphise mentonnière. Cet entre-croisement peut faire défaut, comme aussi il peut commencer beaucoup plus bas; même dans la région sous-hyoïdienne, on peut voir les muscles peauciers envoyer vers la ligne médiane des faisceaux plus ou moins considérables, pour s'y entre-croiser avec des faisceaux analogues venus du côté opposé. Macalister parle de l'union des deux peauciers sur la ligne médiane; je ne sais au juste ce qu'il faut entendre par ce mot « union » employé par l'anatomiste anglais : mais je présume qu'il s'agit de faisceaux d'entre-croisement, analogues à ceux que je viens de signaler.

§ III. — Muscles peauciers constitués par deux couclies. —

On ne décrit généralement au muscle peaucier que des faisceaux verticaux ou légèrement obliques qui s'élèvent parallèlement du thorax vers la face. Dans deux observations récentes, M. Froriep [Arch. f. Anat. undPhys., 1877) a vu ces faisceaux, que j'appellerai classiques, croisés par des faisceaux plus superficiels qui, prenant naissance sur les régions parotidienne et mastoïdienne, ainsi que sur la face externe du sterno-cléidomastoïdien, convergeaient vers la symphise du menton et le bord inférieur du maxillaire. Il existait en réalité, dans ces deux cas, deux couches musculaires, distinctes à la fois l'une de l'autre, et par leur situation, et par leur direction: la couche profonde (couche normale) était constituée par des faisceaux verticaux; la couche superficielle (couche surnuméraire) ne comprenait que des faisceaux à direction transversale.

Avant Froriep, Henle (Muskellehre) avait signalé ces faisceaux transversaux et Wood avait décrit, dans les Proceedings de 1867, un muscle qui prenait naissance sur l'apophyse mastoïde et sur l'aponévrose parotidienne, se portait transversalement en avant et en bas, en croisant superficiellement le peaucier et finalement se fusionnait sur la ligne médiane, au-dessous du maxillaire, avec un muscle analogue du côté opposé.

Analomie comparée. — Déjà, à l'état normal, cette couche

transversale du muscle peaucier a son représentant dans le petit muscle décrit en 1739 par Santorini et connu sous le nom de Risorius; notre anomalie perd ainsi de sa valeur, ne cons^tituant pas un muscle nouveau, mais bien l'exagération d'un muscle existant normalement.

Au reste, l'anatomie comparée confirme entièrement une pareille interprétation : Froriep, qui a recherché avec beaucoup de soin ces homologies chez le chat et chez le chien, décrit ainsi le peaucier dans ces deux espèces: «Le chien qX le chat possèdent au cou un muscle peaucier à deux couches: la couche profonde longitudinale (Musc, siibcutaneus colli internus de Gurtl) prend naissance dans la région de la nuque et de l'épaule; se dirigeant en haut et en avant, elle passe au-dessous de l'oreille et, arrivée à la commissure buccale, elle se perd à la fois dans la lèvre supérieure et dans la lèvre inférieure : sur elle repose la couche transversale ou circulaire (Mme. subcuianeus colli externus de Gurtl); plus faible que le précédent, ce muscle transversal naît de la peau qui avoisine le ligament cervical; il se porte de là obliquement en avant et en dedans, superficiellement aux faisceaux de la couche longitudinale et se termine, en partie dans la peau du côté correspondant, en partie dans la peau du côté opposé. »

Certains auteurs estiment que le muscle transverse du menton pourrait bien n'être qu'une dépendance de cette couche transversale du muscle peaucier. Cette interprétation me paraît inadmissible, le muscle transverse différant de cette couche par sa situation profonde. Dans un cas que j'ai observé tout dernièrement et où ce muscle surnuméraire atteignait des proportions insolites, il était directement appliqué sur le maxillaire, s'insérait manifestement sur le bord inférieur de cet os et se trouvait recouvert en partie par les faisceaux internes du muscle peaucier, avec lequel il ne présentait que des rapports de contiguïté. Je crois donc devoir séparer entièrement le transverse du menton, non seulement de la couche superficielle du peaucier, mais encore de sa couche profonde, et le considérer, avec Weber, comme un muscle absolument distinct.

§ IV. — Continuation des faisceaux internes du peaucier avec le muscle tiûang^ulaire du menton du côté opposé. — On connaît les rapports de continuité qui existent entre le muscle peaucier et le muscle carré des lèvres du même côté. Froriep le premier a noté, dans son mémoire précité, deux cas dans lesquels le peaucier, après avoir franchi la ligne médiane, se continuait avec le muscle triangulaire du côté opposé. C'est là une disposition vraiment anormale chez l'homme; car l'entrecroisement des muscles peauciers n'est pas un fait constant, et alors même que l'entre-croisement existe, on voit généralement les faisceaux entre-croisés s'insérer sur la ligne oblique externe du maxillaire, juste au-dessous des insertions du triangulaire.

Anatomie comparée. — Mais c'est aussi une disposition constante chez quelques espèces animales, notamment chez les Cynocéphales et les Cercopithèques. Sur un cynocéphale que Froriep a disséqué, à ce point de vue spécial, le muscle peaucier descendait sur le thorax jusqu'au niveau de la 5*^ côte et se croisait avec son homologue du côté opposé, dans les trois quarts supérieurs de la région cervicale. Au niveau de cet entre-croisement le muscle du côté droit était le plus superficiel des deux; les faisceaux de ce muscle qui franchissaient ainsi la ligne médiane se terminaient dans les muscles du menton du côté opposé; le muscle gauche à son four envoyait au côté droit de la face des faisceaux musculaires qui se fusionnaient avec les muscles mentonniers de ce côté.

Quant au cercopithèque qui a été également étudié par Froriep et que j'ai disséqué moi-même en 1880 et en 1881, il possède un peaucier qui a beaucoup d'analogie avec celui du cynocéphale. L'entre-croisement des faisceaux internes commence presque toujours au niveau du cartilage thyroïde et les faisceaux entre-croisés se continuent sans interruption aucune avec les muscles de la joue et de la commissure buccale du côté opposé.

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ARTICLE II

ANOMALIES DU MUSCLE STERNO-CLEIDO-MASTOIDIEN.

Situé sur les parties antéro-latérales du cou, au-dessous du peaucier, dans un dédoublement de l'aponévrose cervicale superficielle, le muscle sterno-cléido-mastoïdien s'étend obliquement de la région sterno-claviculaire à l'apophyse mastoïde et à l'occipital. Il présente à son origine thoracique deux portions presque toujours nettement distinctes: la portion interne (chef sternal) se détache de la face antérieure du manubrium à l'aide d'un tendon conoïde qui ne tarde pas à disparaître au milieu des faisceaux charnus; la portion externe (chef claviculaire) s'insère sur le quart interne de la clavicule par de petites lames tendineuses, généralement fort courtes; « à ces languettes tendineuses succèdent les fibres musculaires qui les entourent, en remplissant leurs intervalles. Le faisceau qu'elles constituent

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se porte presque verticalement en haut. Séparé à son point de départ du faisceau sternal par un espace angulaire, il le rencontre bientôt et s'engage alors obliquement sous sa face interne de manière à en être presque entièrement recouvert. Le sterno-cléido-mastoïdien constitué par ces deux faisceaux accolés, puis confondus au niveau de son tiers supérieur, se dirige en haut, en arrière et en dehors vers l'apophyse niastoïde du temporal et la ligne courbe supérieure de l'occipital. Il se fixe à la première par un tendon aplati qui recouvre son bord antérieur et la moitié supérieure de sa face externe; et aux deux tiers externes de la seconde par une mince aponévrose longue de 15 à 20 millimètres. » (Sappey.)

Celte disposition que nous sommes habitués à considérer comme normale, est sujette à des variations nombreuses : nous les étudierons sous les six chefs suivants :

§ I. — Isolement complet des deux portions constitutives du muscle. — La fusion des faisceaux claviculaires et des faisceaux slernaux se fait à des hauteurs très variables. Tantôt elle devient complète à la partie moyenne du cou, tantôt on peut isoler la portion sternale jusqu'à 2 ou 3 centimètres de l'apophyse mastoïde; dans bien des cas enfin, les deux portions ne sont unies que par une lame cellulo-graisseuse qui permet de les séparer, par une dissection facile, dans toute leur étendue. On trouve généralement le nerf spinal entre ces deux portions.

J'ai observé sur bien des sujets cette dernière disposition; au reste elle doit se rencontrer très fréquemment puisque Albinus l'a considérée comme normale; plus récemment Theile, adoptant les idées d'Albinus, a décrit sous le nom d'abaisseurs de la tête (nutatores capitis), deux muscles distincts : un sterno-mastoïdien et un cléido-mastoïdien. Des recherches toutes récentes ont conduit M. Farabeuf aux mêmes conclusions.

•Anatomie comparée. — Cette indépendance du cléido-mastoïdien et du sterno-mastoïdien constitue la règle chez la plupart des mammifères. Meckel l'a notée chez les Ruminants, les Solipèdes

et le plus grand nombre des Carnassiers; chez Y ornithorynque, Vaï, le castor, la marmotte^ Vécureuil, etc.

Dans son mémoire sur YHylobates leuciscus, le professeur BiscliofT signale également cet isolement des deux muscles chez trois des singes anthropoïdes, le gibbon, le chimpanzé et Vorang ; chez le quatrième, le gorille, cette division n'existerait pas. Cette dernière assertion, relative au gorille et émise d'après Duvernoy, n'était pas exacte, et dans un nouveau mémoire qu'il a consacré, en 1880, à l'anatomie du gorille, Bischoff fait remarquer que, contrairement à l'opinion de Duvernoy, le muscle sterno-cléido-masloïdien, dans cette espèce, est «séparé dans toute sa longueur en une portion sternale et une portion claviculaire. »

Graliolet et Alix ont trouvé ces deux portions complètement indépendantes chez le Troglodytes Aubryi : « Le ciéido-mastoïdien, disent-ils, s'applique à la face profonde du sterno-mastoïdien; mais an aucun point il ne se confond avec lui; il ne lui adhère pas. »

§ II. — Fusionnement complet des deux portions constitutives du muscle. — J'ai vu, cinq fois en deux ans, le cléidomastoïdien et le sterno-mastoïdien se fusionner si intimement qu'il n'existait qu'un seul muscle s'insérant à la fois, et sans interruption aucune, sur le sternum, les ligaments sterno-claviculaires et la clavicule ; j'ai constamment observé cette disposition sur des sujets fortement musclés; dans un cas, le muscle occupait la moitié interne de la clavicule et le triangle sus-claviculaire se trouvait ainsi fort réduit.

Mac Whinnie et Macalister ont rapporté des faits de ce genre; mes propres recherches ne me permettent pas d'accepter l'opinion de ce dernier anatomiste, qui considère cette anomalie comme rare.

Anatomie comparée. — Cette union des deux faisceaux d'origine du muscle sterno-cléido-masloïdien s'observe, normalement, chez la taupe, d'après Meckel : « Le sterno-mastoïdien et le cléido-mastoïdien de la taupe, dit-il, n'offriraient rien de

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particulier d'après Cuvier; cette proposition n'est pas exacte, car, 1° la taupe est de tous les animaux que je connais celui qui a le sterno-mastoïdien le plus fort et le plus large, et 2° les deux muscles sont entièrement confondus puisque la clavicule ne fournit qu'une petite bandelette qui, après s'être détachée de son extrémité antérieure, s'unit aussitôt au sterno-mastoïdien qui est incomparablement plus développé. »

§ in. — Variations des insertions sternales. — a) Il n'est pas rare de voir les deux tendons sternaux se juxtaposer ou même s'entre-croiser sur la ligne médiane. On voit les deux muscles sterno-masloïdiens s'entre-croiser dès la partie moyenne du cou chez la loutre (Cuvier et Laurillard).

(3) — J'ai vu, chez une négresse, ces mômes tendons s'arrêter sur le bord supérieur du sternum et ne prendre aucune insertion sur la face antérieure de cet os; une pareille disposition s'observe chez la plupart des mammifères qui ont les pectoraux très développés et chez lesquels les faisceaux antérieurs de ces muscles recouvrent en totalité la face antérieure de la poignée du sternum.

y) — Le tendon de la portion sternale, après s'être fixé à l'os, envoie sur la face antérieure du thorax un faisceau surnuméraire qui vient, suivant les cas, s'insérer soit sur les cartilages costaux, soit sur l'aponévrose du grand oblique. (Voy. partie, chap. 111, Muscle surnuméraire présternal.)

— M. Ch. Richet a présenté à la Société anatomique, en 1873, un muscle sterno-cléido-mastoïdien dont la portion sternale était constituée par deux corps charnus, ayant chacun une insertion distincte sur le sternum; du reste la portion claviculaire était normale et ne présentait d'autre particularité que d'être complètement distincte des portions sternales.

Theile, Macalister et Wood avaient déjà signalé des faits de cette nature ; j'ai rencontré moi-même deux fois cette double insertion du sterno-mastoïdien sur le sternum ; dans les deux cas le tendon externe était très grêle.

Cette disposition se rencontre norïnalement chez quelques

espèces animales : chez VUrsus americams, j'ai vu le sternomasloïdien constitué par deux corps charnus distincts dans la plus grande partie de leur étendue. Meckel signale encore une double insertion sternale chez le dauphin, Vhyène, le blaireau, Vichnemon.

e) — Macalister a vu, mais une fois seulement, le chef sternal faire défaut.

§ IV. — Variations des insertions claviculaires [Muscle cléido-occipital de Wood). — Ces insertions peuvent s'étendre plus ou moins loin de l'extrémité interne de la clavicule ; les languettes tendineuses d'origine peuvent varier en longueur de quelques milhmètres à 3 centimètres; dans un cas, j'ai vu le cléido-mastoïdien prendre insertion sur la clavicule au moyen d'un tendon large, quadrilatère, qui mesurait % cent. 1/2 de largeur sur 3 centimètres de hauteur.

Mais la disposition anormale la plus importante est la présence d'un muscle surnuméraire plus ou moins distinct du cléido-mastoïdien qui, partant de la clavicule, vient se tixer à la ligne courbe de l'occipital, en arrière de ce dernier. Wood a donné à ce faisceau, en raison de ses points d'attache, le nom de muscle cléido-occipital ; nous lui conserverons cette dénomination, qui a tout au moins l'avantage de préciser nettement son origine et sa terminaison -

ix) — Historique. — Signalé par Sœmmering et par Kelch, il a été décrit par Meckel à la fois chez l'homme et chez les animaux. Theile le mentionne de nouveau dans son traité de myologie; Mac Whinnie, Hallet, Wagner, Gruber, en rapportent de nombreux exemples; Flower et Mûrie le rencontrent en 1867 et le décrivent en 1869, chez une femme boschiraane; enfin Wood, réunissant aux observations antérieures ses propres recherches, écrit sur ce muscle et sur ses homologies dans la série animale, un intéressant article qu'on pourra lire dans les Transactions de 1869. Depuis le travail de Wood, de nouveaux cas de cléido-occipital ont été signalés par plusieurs anatomistes, notamment par Messenger Bradley en 1872, par

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John Curnow en 1874, par Bardeleben en 1880, par Walsham en 1881 .

(S) — Description du muscle cléido-occipital. — Le muSclc cléido-

occipital se présente généralement sous la forme d'un ruban musculaire situé en arrière du sterno-cléido-mastoïdien, dont il est séparé le plus souvent par un interstice cellulaire, mais avec lequel il peut aussi se confondre dans une certaine étendue. Il se détache de la face supérieure ou du bord postérieur de la clavicule et vient se fixer, par son autre extrémité, sur la ligne occipitale supérieure entre le sterno-cléido-mastoïdien et le trapèze; il n'est pas rare de le voir se confondre à ce niveau avec ce dernier muscle.

Sa largeur est fort variable : je l'ai vu le plus souvent osciller entre 8 et 15 millimètres; mais elle peut n'avoir que 4 millimètres, comme aussi elle peut dépasser % centimètres. J'ai vu dans un cas, le muscle cléido-occipital occuper presque toute l'étendue du triangle sus-claviculaire.

Quant à sa constitution, le muscle cléido-occipital est généralement charnu dans toute son étendue, ses insertions occipitales et claviculaires se faisant le plus souvent à l'aide de fibres tendineuses excessivement courtes. Dans un cas cependant où ce muscle était fort réduit comme volume, je l'ai vu s'implanter sur la clavicule par l'intermédiaire d'un tendon cylindrique qui mesurait 38 millimètres de longueur.

J'ai vu, dans un autre cas, le cléido-occipital naître de l'extrémité interne de la clavicule et se porter en haut et en dehors sous la forme d'un mince filament qui croisait superficiellement le cléido-mastoïdien et venait finalement s'attacher à l'occipital, en arrière du sterno-occipital. M. Chudzinski a observé un fait analogue sur un nègre. M. Walsham a rencontré l'année dernière, dans les salles de dissection de S^-Bartholomew s hospital, un cléido-occipital qui se détachait du crâne comme à l'ordinaire et se divisait, à deux pouces au-dessous, en deux portions distinctes : la portion antérieure s'insérait à la partie moyenne de la clavicule, à un pouce en arrière du cléido-mastoïdien ; la portion postérieure croisait verticalement le triangle sus-clavi-

culaire, rejoignait la clavicule au niveau du bord antérieur du trapèze et s'y fixait.

y) — Fréquence du cléido-occipital. — Sur 102i Sujets (68 hoiU-

mes et 3i femmes) qu'il a examinés à cet égard, Wood a observé 37 fois ce muscle : 217 fois sur l'homme et 10 fois sur la femme. L'anomalie a été trouvée des deux côtés 34 fois ; 3 fois seulement elle était unilatérale et, dans deux de ces derniers cas, le muscle cléido-occipital absent d'un côté, y était remplacé par un cléido-transversaire (Levator claviculœ). De son côté, le professeur Gruber a observé 2 fois sur 40 sujets le cléido-occipital complètement distinct du sterno-cléido-mastoïdien et, avec une séparation moins complète, 1 fois sur 3 sujets; d'autre part, il a vu 7 fois sur 70 sujets ce même muscle présenter avec le trapèze des connexions plus ou moins étendues.

Ces deux statistiques, on le voit, sont assez concordantes et assignent au faisceau cléido-occipital une proportion de 33 pour 100.

d) — Anatomie comparée. — Le professeur Wood a parfaitement élabli, dans l'article que j'ai signalé plus haut, les homologies du cléido-occipital dans la série des mammifères. Les zootomisles, qu'une pareille question pourrait intéresser, trouveront énoncées dans cet article les variations diverses que subit ce musle dans un grand nombre d'espèces De cette longue excursion sur le terrain de l'anatomie comparée, je ne veux ici retenir qu'un fait : c'est que, chez les animaux sans clavicule, le cléido-occipital se réunit aux faisceaux antérieurs du deltoïde pour constituer un long muscle qui s'étend sans interruption de l'apohyse "mastoïde et de l'occipital à l'humérus et que l'on désigne sous les noms de céphalo-huméral, masloïdo-huméral.

Cette formation musculaire s'éloigne un peu de la disposition typique que présente son homologue chez l'homme; mais les deux formations se rapprochent et même s'idenlilient chez les quadrumanes : c'est ainsi que chez le chimpanzé et Vorang il occupe la même situation que chez l'homme, séparé, comme chez ce dernier, du muscle sterno-cléido-mastoïdien par un interstice cellulaire. Wood l'a observé encore, mais séparé

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seulement par un interslice fort mince chez le Macacus radiatus. En parcourant les planches de Cuvier et Laurillard, nous voyons ■que chez le callitriche (Simia sabœa) le cléido-occipital, entièrement semblable à quelques-uns de ceux que j'ai observés chez l'homme, affecte la forme d'un ruban charnu, large et mince, de la même largeur que le cléido-mastoïdien en dehors duquel il est situé et vient s'attacher à la ligne occipitale, immédiatement en arrière du sterno-occipital (pl. XX). On observe chez Vouislili (Simia jacchusjj une bande analogue (pl. LXVl).

§ V. — Muscle sterno-cléido-mastoïdien double. — Dans les deux paragraphes précédents, nous avons vu le sternum donner naissance à deux muscles distincts et deux muscles également distincts partir de la clavicule. Réunissons sur un même sujet ces deux anomalies et nous aurons, par ce seul fait, un sterno-cléido-mastoïdien à quatre chefs ou mieux un double sterno-cléido-mastoïdien. Ces quatre chefs affectent, dans la plupart des cas, la disposition suivante : le chef sternal interne et le chef claviculaire interne constituent le muscle sterno-cléido-mastoïdien des descriptions classiques; le chef sternal externe, se portant en haut et en dehors, croise la face antérieure du cléido-mastoïdien et se réunit, à la partie moyenne du cou, au chef claviculaire externe qui n'est autre qu'un cléido-ocçipital. Ces deux derniers chefs constituent, en avant et en dehors du sterno-cléido-mastoïdieg, classique, un deuxième sterno-cléido-mastoïdien reproduisant assez bien la disposition du premier.

Des faits de cette nature doivent être fort rares; j'en ai trouvé des cas mentionnés par Hallet, par Wood, par Curnow, et par Kôlliker. J'ai observé moi-même, en novembre 1881, un sterno-cléido-mastoïdien ayant quatre faisceaux d'origine sur le thorax, mais présentant, avec les faits précédents, une variante qui ne permet pas de lui accorder la même interprétation ; en effet, il n'existait sur mon sujet qu'un seul chef sternal; il se dirigeait vers la tête et était renforcé, à 5 centimètres au-dessus de la fourchette, par un faisceau charnu

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un peu moins volumineux qui se détachait de l'extrémité interne de la clavicule. En arrière de ces deux faisceaux, et complètement isolables dans toute leur étendue, se trouvaient un muscle cléido-mastoïdien et un muscle cléido-occipital. Celle disposition singulière a été dessinée et figurera dans mon atlas.

Anatomie comparée. — La duplicité du muscle sterno-cléidomastoïdien observée anormalement chez l'homme, rappelle assez bien des dispositions analogues, normales chez Vhyène, la genelte, le putois, le coati, la marmotte. Chez le maki vari, disséqué et figuré par Cuvier (pl. LXVIII), il existe deux corps charnus naissant à côté l'un de l'autre sur le sternum, et deux corps charnus naissant également à côté l'un de l'autre sur la clavicule. Ces quatre faisceaux d'origine se réunissent deux à deux dans un ordre absolument identique à celui que j'ai signalé chez l'homme et forment ainsi en réalité deux muscles slerno-cléido-mastoïdiens. L'homologie entre la disposition anormale de l'homme et la disposition ordinaire chez le maki ne saurait être plus frappante.

§ VI. — Iiiserlion à Taiigle du maxillaire. — Cette insertion est constituée par un faisceau qui se détache du bord interne du sterno-mastoïdien pour venir s'attacher à l'angle du maxillaire ; elle a été observée par Brugnone, Theile, Macalisler. Meckel {Manuel d' Anatomie, 1825, p. 136) déclare que cette anomalie est loi^ d'être rare.

Anatomie comparée. — Une disposition analogue nous est offerte par le cheval on le sterno-mastoïdien de l'homme et des autres mammifères s'arrête tout entier « à la portion refoulée du bord postérieur du maxillaire » et s'y attache (Muscle sternomaxillaire des hippotomistes) ,

§ VII. — Autres faisceaux aberrants du sterno-eléidomastoïdien. — Macalisler signale, entre autre faisceaux aberrants du sterno-cléido-masloïdien : 1° un faisceau s'attachant au-devant de l'apophyse masloïde; 21° un faisceau s'insérant sur le pavillon; 3" un faisceau se portant sur le ligament stylo-

MUSCLE STERNO-CLÉIDO-MASTOIDIEN. %%\

maxillaire. Ce dernier faisceau n'est vraisemblablement qu'une variante du faisceau sterno-maxillaire que nous venons d'étudier dans le paragraphe précédent.

M. Chudzinski a rencontré, chez un nègre, un tout petit muscle mastoïdo-parotidien mesurant à peine 2 millimètres de largeur. 11 naissait en haut sur le bord antérieur de l'apophyse mastoïde par un tendon distinct de celui du sterno-cléidomastoïdien; puis il se portait vers l'angle du maxillaire. Avant de l'atteindre, les fibres charnues étaient remplacées par un mince tendon dont les fibres nacrées se disposaient en éventail et se perdaient dans la cloison aponévrotique inférieure de la loge parotidienne. Ce petit muscle n'est-il qu'un faisceau avorté du sterno-masloïdien ou bien faut-il le considérer comme un faisceau anormal du peaucier du cou? Nous savons que Zagorski a vu les fibres externes du peaucier se porter jusque sur l'apophyse mastoïde. Il me paraît difficile, avec les seuls éléments que nous fournit la description de M. Chudzinski, de résoudre la question dans un sens ou dans l'autre.

§ VIII. — Union du sterno-cléido-mastoïdien avec quelques muscles voisins. — Macalister a signalé l'union de quelques faisceaux du sterno-cléido-mastoïdien avec l'omo-hyoïdien et le sterno-hyoïdien. Il n'est pas rare d'observer encore une union plus ou moins étendue du sterno-cléido-mastoïdien avec le trapèze. Nous avons déjà décrit cette dernière anomalie à propos du muscle trapèze; nous ne' saurions y revenir ici sans tomber dans des redites. (Voy. chap. I, art. II, p. 93.)

§ IX. — Intersections aponévrotiques sur le trajet du muscle sterno-cléido-mastoïdien. — Ces intersections siègent généralement dans le voisinage de l'insertion inférieure; elles peuvent être complètes, c'est-à-dire occuper toute l'épaisseur du muscle, ou n'intéresser qu'un certain nombre de faisceaux. J'en ai observé un cas très net sur un nègre : Le chef sternal du muscle présentait des deux côlés, et à 3 centimètres au-dessus de la fourchette sternale, une intersection très

22l2i LES ANOMALIES MUSCULAIRES CHEZ l'hûMME.

marquée, se portant transversalement d'un bord à l'autre du muscle et en occupant presque toute l'épaisseur; elle se trouvait cependant interrompue en arrière par des faisceaux charnus qui se portaient directement, sans être coupés par elle, du sternum à l'apophyse mastoïde. Le même sujet présentait des intersections analogues sur les sterno-hyoïdiens et les sterno-thyroïdiens.

Les intersections aponévroliques observées sur le sternocléido-mastoïdien et les muscles sous-hyoïdiens ne sauraient avoir une autre signification que les intersections du grand droit de l'abdomen; elles représentent les coupures transversales du corps humain, et doivent être considérées, à ce titre, comme des vestiges des côtes cervicales.

On a rencontré, mais dans des cas fort rares, la présence d'un os sésamoïde dans l'épaisseur du tendon d'origine du sterno-mastoïdien. Otto regarde comme tels les os que Breschet a décrits sous le nom d'ossa suprasternalia s. epislernalia, qu'on rencontre quelquefois en nombre double, au-dessus de l'échancrure claviculaire de la partie supérieure du sternum, et qui, suivant ce dernier, seraient des rudiments antérieurs des côtes pour la 7^ vertèbre cervicale.

§ X. — Constitution théorique du sterno-cléido-mastoïdien basée sur ses variations anormales chez rhomme et sur sa disposition normale chez quelques mammifères. — Nous avons déjà vu Albinus et îheile dédoubler le muscle sternocléido-mastoïdien et décrire séparément un muscle sternomastoïdien et un muscle cléido-masloïdien. Cette manière de voir est entièrement conforme aux faits d'observation : elle a été adoptée par un grand nombre d'anatomistes et aussi par quelques chirurgiens, qui tirent d'une pareille disposition, des conséquences importantes au point de vue de la ténotomie dans les cas de contracture persistante du groupe sternocléido-mastoïdien.

Mais celte subdivision du muscle en deux faisceaux distincts est encore incomplète; nous devons la poursuivre plus loin et admettre

MUSCLE STERNO-CLÉIDO-MÂSTOIDIEN. ^23

dans la,, constitution de ce groupe complexe sterno-cléido-mastoïdien quatre éléments ou si l'on veut quatre portions :

1° Une portion slerno-masloïdienne naissant du raanubrium et se portant en haut et en dehors pour s'attacher à la face externe de l'apophyse mastoïde et à la partie de l'os temporal qui continue cette apophyse;

2° Une portion sterno-occipitaîe généralement très faible, s'insérant sur le sternum en dehors de la précédente, croisant superficiellement la 3^ portion et venant aboutir à la ligne occipitale supérieure;

3'^ Une portion déido-mastoïdienne partant du quart interne de la clavicule et gagnant le bord antérieur de l'apophyse mastoïde, en passant au-dessous de la première portion qu'elle croise en X ;

4° Une portion cléido-occipitale se détachant de la clavicule, soit en avant, soit en dehors de la précédente et venant se terminer à la ligne occipitale.

Telle est la description qu'a donnée M. Kraûse [Jahresb. f. An. u. PInjs., 1876) du sterno-cléido-mastoïdien. Nous l'adoptons pleinement, la croyant suffisamment justifiée, et par l'anatomie humaine et par l'analoraie comparée. L'élude des mammifères nous montre en effet ces quatre faisceaux à l'état d'isolement complet, et si ces mêmes faisceaux se soudent plus ou moins chez l'homme et masquent chez lui la disposition réelle du muscle, ils n'en existent pas moins dans le plus grand nombre des cas; du reste on les voit parfois reprendre leur forme simple et gagner respectivement leur surface d'insertion, en restant, les uns par rapport aux autres, dans un état d'isolement complet; témoin les faits cités plus haut de Wood, de Haller, de Curnow, de Kôlliker.

Au total, le muscle slerno-déido-masloïdien devrait changer de nom et s'appeler désormais le muscle sterno-déido-mastoïdoocdpital, dénomination qu'on trouvera assurément un peu barbare, mais à laquelle on pourra substituer, suivant la proposition de Kraûse, le nom, à la fois plus significatif et plus simple, de muscle quadrijumeau de la tête.

Bibliographie : ^

Meckel. De Duplicitaie monstrosâ, p, 40, et Manuel d'Anatomie, 1825

p. 135 de la trad. Jourdan.

Sœmmering. De Corp. hum. fabricâ, p. 112. Kelch. Path. anat., p. 31.

Brugnone, cité par Meckel in Man. d'Anat. Hallet. Edimb. Med. and suvg. Journal, 1846, p. 6. Theile. Myologie, p. 162.

Otto. De rarioribus quibusdanx sceleti humani cum animalium scelett

analogiis, Breslau, 1830, p. 20.

Wagner. Heusinger's Zeit^chr., Bd III, p. 337. Gruber. Vier Abkandlungen, S. 16, 17, 18. CuviER et LA.URILLARD. Atlas d'Anat. comparée, pl. 20, 66, 68. Chauveau et Arloing. Anaiomie comparée, p. 210. Flower et Mûrie. Journ. of Anat. and Phys., 1867, p. 197. KôLLiKER et Flesch. Varietœten Beobachtungen, etc., Vurzburg, 1879. Chudzinski. Rev. d'Anthrop., t. III, p. 406. Farabeuf. Progrès médical, 9 avril 1881.

WooD. Proc. ofRoy. Soc. ofLondon, i866, t. XV,p. 230et 519, et 1867, t. XVI. WooD. Transact. of Roy. Soc. of London, 1869. Bardeleben. Jahresbericht f. Anat, u. Phys., 1877.

— Jenaische Zeitschrift, 1881, p. 403. Ch. RiCHET. Soc. anat., 1873, p. 137.

"W. Krause. Die Musc, sterno-cleido-mastoïdeus, Med. Centr., 1876, n° 25. Gratiolet et Aux. Rech. sur l'anat. du Troglodytes Aubryi, 1866. BiscHOFF. Beitrœge sur anat. des Hylobates leuciscus, Munchen, 1870.

— Beitrœge sur anat. des Gorilla, Milnchen, 1880. CuRNOW. Notes on some muscular irregularities {Journ. a f Anat. a. Phys., 1874, p. 376).

Bradley. Notes of myological pecularities {Journ. of Anat. a. Phys,, 1872, p. 420).

Knott. Muscular anomalies {Journ. of Anat, a. Phys., t. XV, p. 140). Walsham. Anatomical variations {S'-Bartholomeu}'s Hospital Reports, 1881, vol. XVII, p. 64).

ARTICLE III

MUSCLES CLÉIDO-ATLOIDIEN ET OLÉlDO-AXOIDIEN {Cleido-atlanticus et cleido-epistrophicus de Gruber).

J'ai longuement décrit à l'article cléido-omo-transversaire [V^ partie, chap. II, art. 21), ces faisceaux surnuméraires qui, partant de la clavicule, en dehors du cléido-mastoïdien, venaient s'attacher, d'autre part, sur les apophyses transverses des

MUSCLES CLÉIDO-ATLOIDIEN ET CLÉIDO-AXOIDIEN. 2i2o

premières vertèbres cervicales, le plus souvent sur celles de l'atlas (M. cléido-alloïdien) et de l'axis (M. cléido-axoïdien) . En étudiant d'une façon plus précise cette insertion supérieure, qui se fait tantôt sur les tubercules antérieurs, tantôt sur les tubercules postérieurs de ces apophyses, j'ai été amené à admettre, parmi ces faisceaux cléido-trachéliens deux groupes distincts : des M. cléido-lrachéliens antérieurs et des M. cléidotrachéliens postérieurs. Discutant enfin les homologies de ces muscle?, j'ai établi que, contrairement à l'opinion de Gruber, les uns et les autres n'étaient nullement des muscles particuliers à l'homme, mais avaient leurs représentants dans la série des mammifères.

Si je reviens actuellement sur cette question, à propos du cléido-mastoïdien, c'est pour signaler, d'après un fait de Gruber, la possibilité pour la portion claviculaire de ce dernier muscle de s'attacher à l'apophyse transverse de l'axis [JahresbUcher de Gruber, t. XVII). Dans ce cas, observé en 1855, le groupe sterno-cléido-mastoïdien était constitué, comme à l'état normal, par deux portions distinctes : la portion sternale ne présentait aucune particularité; la portion claviculaire, conforme aux descriptions classiques par son insertion inférieure, son trajet et ses rapports, ne s'élevait pas jusqu'à l'apophyse raastoïde, mais s'arrêtait à l'apophyse transverse de l'axis.

A propos de cette observation, qui est peut-être unique dans la science, Gruber rappelle les dissections de R. Owen qui a vu, chez un orang-outang, la portion claviculaire du sternocléido-mastoïdien s'insérer à l'apophyse Iransverse de l'axis. Nous ne sommes malheureusement pas certains que R. Owen n'ait pas pris pour la portion claviculaire du sterno-cléido-mastoïdien, le cléido-trachélien qui est placé en arrière et que j'ai décrit chez le chimpanzé. Tout ce qu'on peut dire, c'est que l'insertion à l'axis de la portion claviculaire du sterno-cléidomastoïdien n'est pas la règle chez Vorang; ce muscle, d'après Cuvier, Duvernoy, Bischoiï, posséderait dans cette espèce, comme chez l'homme, un sterno-mastoïdien et un cléidomastoïdien.

Quoi qu'il en soit, l'insertion axoïdienne signalée dans l'observation de Gruber n'a rien que de Irès naturel : le cléidomastoïdien, par son attache à l'apophyse mastoïde (apophyse transverse de la 2'' vertèbre crânienne), est un muscle cléidotransversaire, et en s'arrêtant à une ou deux vertèbres audessous, il ne modifie que sa longueur, il ne change nullement sa nature.

Gruber. Musc, cleido-epistrophicus Ici Existons des Musc, cleido-mastoïdeus dcr Aor/n. (Arch. f. Anat. u. Phys., Reiclicrt u. du Bois- Reymond, 1876, p. 739).

Gruber. Vorkommcn des Musc, cleido-mastoïdeus als Musc, cleido-epistrophicus {Ibid., p. 759).

Gruber. Ein Musc, cleido-atlanticus {Ibid., p. 760).

ARTICLE IV

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